L’enseignement du journalisme est plus important que jamais dans le contexte actuel

L’enseignement du journalisme est soumis à de profonds changements. En effet, il s’agit d’un secteur en pleine mutation en raison des innovations technologiques et de l’incertitude économique qui touche le monde entier. Face à l’usage généralisé et parfois exagéré des médias sociaux, les formateurs en journalisme doivent réaffirmer les fondamentaux du journalisme comme la protection des sources d’information, le maintien de la qualité des informations diffusées et une plus grande rigueur des programmes de formation au journalisme.

Cette demande a été formulée par Getachew Engida, Directeur général adjoint de l’UNESCO, lorsqu’il a accueilli des formateurs au journalisme français et européens, des professionnels et des étudiants à la 5e édition de la conférence nationale des métiers du journalisme (CNMJ), qui a commencé aujourd’hui au siège de l’UNESCO à Paris.

Il a expliqué aux 233 participants que pour l’UNESCO, les écoles de journalisme avaient une grande responsabilité dans un monde où la liberté d’expression et la sécurité des journalistes sont constamment menacés. À ce propos, la formation au journalisme est un sujet de débat essentiel lors des réunions mondiales préparant l’agenda pour le développement post-2015, dans lequel la liberté d’expression est perçue comme un prérequis pour l’innovation journalistique.

Getachew Engida a ajouté que « C’est dans cet esprit que l’année passée, l’UNESCO a lancé 10 nouveaux modules de spécialisation au journalisme dans les Programmes modèles d’enseignement du journalisme : Recueil de nouveaux manuels »

Il a rappelé aux participants que l’Initiative mondiale pour l’excellence de l’enseignement du journalisme lancée par l’UNESCO pouvait leur servir de référence pour collaborer avec l’Organisation des Nations Unies pour atteindre les objectifs de l’initiative : une excellence mondiale partagée en matière de pratique, d’enseignement et de recherche du journalisme.

M. Engida a également informé l’assemblée que l’UNESCO venait de publier un rapport sur les tendances mondiales en matière de liberté d’expression et de développement des médias. Il a ensuite ajouté que l’Organisation travaillait actuellement sur une étude complète des questions liées à Internet, dont les résultats seraient diffusés au mois de mars. Il a invité les participants à la conférence à contribuer aux débats suscités par les résultats de ces tendances mondiales et de cette étude sur Internet.

Cette conférence a fait intervenir d’autres acteurs médiatiques : Fleur Pellerin (Ministre française de la culture et de la communication), Jean-Marie Charon (président de la CNMJ), Pascal Guénée (Institut pratique du journalisme de Paris-Dauphine), Christina Agren (SVT, télévision suédoise), Marco Garcia Rey (Université de Madrid) et Susan Fearn (BBC Academy).

La CNMJ est un espace de dialogue ouvert et de débat pour les formateurs au journalisme et les professionnels. Mise en place en 2010, elle accueille les représentants de 14 écoles de journalisme françaises reconnues ainsi que des formateurs, des associations professionnelles, des autorités publiques, des chercheurs et d’autres parties prenantes qualifiées.

Cette 5e édition de la conférence est unique car elle permet une plus grande inclusion des formateurs au journalisme européens et aux professionnels. Elle s’illustre donc comme un événement paneuropéen.