L’UNESCO et le Pakistan lancent un Fonds Malala pour l’éducation des filles

Le Pakistan verse une première contribution de 10 millions de dollars

L’UNESCO et le Pakistan ont lancé aujourd’hui le Fonds Malala pour l’éducation des filles lors d’un événement de haut-niveau organisé dans le cadre des célébrations de la Journée des droits de l’homme. Au cours de cet événement, baptisé « Soutenons Malala-L’éducation des filles est un droit », le Président du Pakistan Asif Ali Zardari a annoncé que son pays effectuerait un premier versement de 10 millions de dollars.  

Ouverte  par la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, et le Président Asif Ali Zardari, cette rencontre était dédiée à Malala Yousafzai, la jeune écolière pakistanaise victime d’une tentative d’assassinat perpétré en octobre dernier par les Talibans pour avoir défendu le droit des filles à aller à l’école. Il s’agissait de donner un nouvel élan à l’objectif consistant à permettre l’accès de toutes les filles d’ici 2015.

Parmi les autres intervenants figurent notamment le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, la Directrice exécutive d’ONU Femmes, Michelle Bachelet ; l’Envoyé spécial des Nations Unies pour l’éducation mondiale, Gordon Brown ; l’ex-Présidente de la Finlande, Tarja Halonen. Ils ont adopté une Déclaration d’engagement pour le droit des filles à l’éducation promettant de « mettre un terme à toute forme de violence contre les filles et à éliminer les obstacles à leur scolarisation ».

« Nous promettons de défendre l’éducation des filles comme un droit humain fondamental et une condition préalable au développement durable et à une paix pérenne », ont encore déclaré les signataires qui se joignent à l’initiative mondiale du Secrétaire général de l’ONU pour l’éducation, « L’éducation avant tout », et en appellent aux gouvernements, aux organisations internationales, à la société civile, au secteur privé, aux leaders communautaires et religieux pour que l’éducation des filles devienne partout une priorité.

            « Trop de filles, dans trop de pays, sont pénalisées simplement parce que ce sont des filles. Elles sont contraintes de travailler, sont mariées de force et sont retirées de l’école. Aujourd’hui encore, 32 millions de filles ne sont pas scolarisées dans le primaire, et autant dans le secondaire », a rappelé la Directrice générale de l’UNESCO. « L’éducation des filles est un droit fondamental et c’est aussi un levier de développement qui profite à toute la société, les filles et les garçons, les hommes et les femmes ».

            « Deux forces s’opposent dans mon pays ; Malala représente les forces de la paix et nous luttons contre les forces obscurantistes, de haine et de violence […]   Nous avons besoin du soutien du monde entier pour aider toutes les Malala à aller à l’école », a déclaré le président du Pakistan.

            « Si nous ne devions retenir qu’une chose de l’histoire de Malala, ce serait que la prétendue relativité des Droits de l’homme est une fable et une supercherie. Devant son histoire, qui ne ressent pas colère et révolte ? Qui peut accepter qu’un enfant soit privé d’accès à l’école, simplement parce que c’est une fille ? Et que cette fille soit agressée pour avoir dénoncé cette terrible injustice ? », a pour sa part déclaré le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault. « Ce que le drame de Malala nous enseigne également, c’est que nous avons eu raison de faire de l’éducation des enfants, et en particulier des filles, un objectif prioritaire de l’aide au développement ».

« Nous sommes plus déterminés que jamais à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement d’ici 2015  afin que chaque fille et chaque garçon aille à l’école », a déclaré Gordon Brown.

Des messages vidéo du Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki moon, de la Secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, et de la Haute-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité ont également été diffusés.

Retransmission vidéo de l’événement