L’UNESCO met en place la plateforme « PERSIST » pour la conservation des documents numériques

La Conférence internationale de l’UNESCO « Mémoire du monde à l'ère du numérique : numérisation et conservation » qui s’est tenue en 2012 avait pour objet la difficulté de conserver à long terme des documents numériques. Parmi les recommandations de la Déclaration UNESCO/UBC Vancouver, figure la nécessité d’élaborer un plan d’action contenant des solutions et des politiques permettant d’assurer l’accès et la conservation à long terme. Il est difficile de conserver longtemps l’information numérique. Les supports tels que les disquettes ou les CD-Rom ont une faible durée de vie, et même si l’on parvient à conserver les bits et les octets, on risque de ne pas pouvoir traiter les anciennes données avec le matériel informatique et les logiciels actuels.

Les centres d’archives, les musées et les bibliothèques ont parfaitement conscience de ces problèmes mais ne peuvent pas trouver de solutions eux-mêmes. Les centres de conservation du patrimoine estiment que les problématiques de la conservation à long terme ne sont pas suffisamment prises en compte par l’industrie, notamment lors de la mise au point de nouveaux produits qu’on leur demandera ensuite de conserver. Les centres de conservation du patrimoine sont généralement sollicités lorsque les documents électroniques arrivent en fin de vie. Ils se retrouvent alors face à de vastes collections de matériels disparates pour lesquelles l’industrie ne peut plus rien faire.

En décembre 2013, une conférence internationale regroupant les industries des TIC, les gouvernements et les centres de conservation du patrimoine s’est tenue à La Haye afin de mettre en place un plan d’action pour le numérique et une coalition internationale dans le domaine de la conservation des documents numériques. Cette conférence a été organisée par l’UNESCO grâce au financement du Ministère de l’Education, de la Culture et de la Science des Pays-Bas.

Cette conférence, qui a réuni les différents acteurs du domaine, a montré l’insuffisance de leur connaissance mutuelle et la nécessité de mettre en place une plateforme de discussion entre l’industrie du numérique et les centres de conservation du patrimoine.

Il est évident que le rôle des gouvernements à l’échelle nationale, régionale (Union européenne) et internationale (Nations Unies) est primordial. Un accès durable aux archives des gouvernements est également indispensable pour assurer le développement, la démocratie et l’Etat de droit à travers le monde. Par ailleurs, les gouvernements ont la capacité d’encourager le développement car, en plus de définir les règles des entreprises et les lois d’archivage, ils sont d’importants acheteurs de produits des TIC.

Les représentants de l’industrie des TIC (Microsoft et la Chambre internationale de commerce) ont expliqué le fonctionnement des entreprises et discuté de façon ouverte et réaliste des façons de mettre en commun les préoccupations des centres de conservation du patrimoine avec celles de l’industrie. Tout le monde a donc parlé de « business model ».

Dans les années à venir, l’UNESCO a prévu de collaborer avec le Conseil international des archives (ICA), la Fédération internationale des associations de bibliothécaires et des bibliothèques (IFLA), la Ligue des bibliothèques européennes de recherche (LIBER) mais également avec d’autres partenaires afin d’approfondir les discussions qui ont été entamées à La Haye. Une plateforme de discussion est donc prévue, sous le nom de « UNESCO-PERSIST » (Platform to Enhance the Sustainability of the Information Society Transglobally) afin de traiter les questions urgentes concernant la sélection, la responsabilité et la division des tâches à l’échelle internationale.

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