Lancement d’une initiative mondiale pour lutter contre les destructions et le trafic de biens culturels par les terroristes et le crime organisé

Une nouvelle initiative internationale destinée à renforcer la protection du patrimoine culturel pris pour cible par les terroristes et les trafiquants de biens culturels a été lancée au Nations Unies par la Jordanie et l’Italie avec le soutien de l’UNESCO, d’INTERPOL et de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

L’initiative « Protéger le patrimoine culturel – Un impératif pour l’humanité » a été lancée le 27 septembre par les ministres des Affaires étrangères d’Italie et de Jordanie, en présence des responsables de l’UNESCO, d’INTERPOL et de l’ONUDC ainsi que des ministres d’un certain nombre d’Etats membres des Nations Unies en marge de la 70e session de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Cette initiative vise avant tout à effectuer un suivi des résolutions et décisions adoptées par le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale des Nations Unies ainsi que des autres organismes internationaux.

Au cours de la dernière décennie, le monde a assisté à une recrudescence des attaques terroristes et à la destruction du patrimoine culturel des pays touchés par les conflits armés ainsi qu’au pillage organisé et au trafic illicite des biens culturels à une échelle inédite.

Les groupes terroristes en ont fait une stratégie de guerre afin d’intimider les populations et les gouvernements. Ces actes visent aussi à générer des revenus qui profitent aux groupes terroristes au Moyen-Orient et au-delà et sont ensuite utilisés pour financer leurs recrutements et leurs activités opérationnelles.

Ce partenariat ouvert s’inscrit dans un contexte marqué par une réaction internationale de plus en plus forte pour contrer cette menace. Le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale des Nations Unies ont pris des mesures pour condamner et déplorer la destruction des biens culturels.

« Le patrimoine culturel témoigne de l’histoire humaine, de la civilisation, de la coexistence de nombreux peuples et de leurs styles de vie. Protéger  ce patrimoine est une responsabilité partagée qui incombe à la communauté internationale, dans l’intérêt des générations à venir », a déclaré Paolo Gentiloni, ministre italien des Affaires étrangères et de la coopération internationale.

« Le patrimoine religieux et culturel du Moyen-Orient, berceau de plusieurs civilisations et religions appartient à l’humanité tout entière », a déclaré pour sa part Nasser Judeh, vice Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de Jordanie, qui a appelé les participants de haut-rang à « le protéger et le préserver car il s’agit d’une responsabilité collective de la communauté internationale ».

Tout en appelant de ses vœux un engagement politique accru, Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, a souligné que « la culture est en première ligne du conflit -nous devons la placer au cœur des efforts de paix ».

Yury Fedotov, Directeur exécutif de l’ONUDC, a mis l’accent sur la nécessité de  fédérer les efforts en matière de lutte contre le trafic illicite et de destruction des biens culturels définis comme des « crimes qui touchent au cœur même de notre civilisation et de notre patrimoine ».

Mireille Ballestrazzi, Présidente d’INTERPOL, la plus grande organisation de police au monde, a quant à elle souligné la nécessité de « combiner nos efforts et nos ressources pour contrer ce phénomène criminel et protéger le patrimoine culturel du monde pour les générations à venir ».

Cette initiative est un projet ouvert à tous les Etats membres, aux organisations internationales et aux partenaires souhaitant apporter leur concours pour protéger le patrimoine culturel des destructions et du trafic illicite.

Elle vise à renforcer la Coalition mondiale pour la protection du patrimoine lancée au cours du Comité du patrimoine mondial qui s’est tenu à Bonn (Allemagne) du 28 juin au 8 juillet. Il est possible de prendre part à la campagne sur les réseaux sociaux #Unite4Heritage.