Langue maternelle: Un levier privilégié pour la cohésion sociale au Mali

presidium_jilm.jpg

© UNESCO/Clarisse Njikam
03 Mars 2016

Bamako 23 février 2016 : le Mali à l’instar de la communauté internationale a célébré le 21 février, la Journée internationale de la langue maternelle. Une série d’activités a été organisée par le Ministère de l’Education Nationale, donc une conférence débat, le 23 février 2016 au siège de l’Association Malienne de Langue (AMALAN). 

La cérémonie était présidée par M. Kénékouo dit Barthélemy Togo, Ministre de l’Education Nationale, en présence de M. Eloundou Lazare, Représentant de l’UNESCO au Mali, Mme Coulibaly Mariam Kone, Directrice Générale de l’AMALAN, Dr Dampha Lang Fafa, Secrétaire Exécutif par intérim de l’Académie Africaine des Langues (ACALAN), des anciens ministres et acteurs œuvrant pour la promotion des langues nationales.

 

Dans son allocution, Lazare Eloundou a rappelé le thème de cette édition, avant de reprendre les propos Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, qui met l’accent sur l’important rôle des langues maternelles dans le développement d’une éducation de qualité et de la diversité linguistique en vue de la réalisation du nouveau Programme de développement durable à l’horizon 2030. « Les langues sont de puissants instruments pour la persévération et le développement du patrimoine matériel et immatériel. Ainsi tout ce qui contribue à promouvoir la diffusion des langues maternelles sert à encourager la diversité linguistique et l’éducation multilingue » a-t-il affirmé. Il a ensuite salué le choix du thème national : « Rôle des langues maternelles dans le renforcement de la paix et de la réconciliation ». 

« Je voudrais vous féliciter pour la pertinence du choix de ce thème, parce que, les langues maternelles sont incontournables pour la cohésion, et le vivre ensemble », a-t-il ajouté. Il a enfin remercié le gouvernement du Mali pour les efforts inlassables dans le domaine de la promotion des langues nationales, mais aussi dans la lutte contre l’analphabétisme.

Kénékouo dit Barthélemy Togo DIRA pour sa part, que le choix des deux thèmes trouve sa pertinence au regard de la situation sécuritaire que connait le pays. « En effet, après la signature à Bamako le 15 mai et 20 juin 2015 de l’accord d’Alger, mon Département, à travers l’Académie Malienne des Langues, a procédé à la traduction dans nos langues nationales des documents relatifs à cet accord. Cet exercice qui constitue un acte citoyen, permettra à la majorité de la population malienne de comprendre et de s’approprier le contenu de l’Accord » a-t-il rappelé.

 

Il a ensuite expliqué que pour panser les plaies provoquées par la crise institutionnelle et sécuritaire qui a fortement ébranlé l’unité et la cohésion sociale, il s’avère important, à travers un dialogue inclusif, de se parler, de communiquer, pour permettre la réconciliation des cœurs et des esprits. « Dans ce processus, nos langues maternelles qui sont celles parlées par les communautés à la base, constituent des outils incontournables car en partageant les langues d’un même terroir, on partage du coup les mêmes cultures. Ce multilinguisme convivial, qui constitue pour nous une richesse culturelle et un facteur d’unité nationale, a été et demeure encore une tradition vivace dont notre pays est fier » a-t-il poursuivi.

Au cours de la journée, plusieurs sujets se rapportant à l’articulation des langues nationales et au multilinguisme dans le système éducatif en Afrique ont été débattus par d’imminents experts.

 

Instituée par la conférence générale de l’UNESCO en 1999, la Journée internationale de la langue maternelle est un espace d’interrogation et d’interpellation sur l’usage et la valorisation de la langue maternelle. L’objectif est de permettre aux langues maternelles de contribuer vigoureusement à la lutte contre l’analphabétisme et l’illettrisme qui sapent tous les efforts de développement. La journée entend aussi mobiliser et sensibiliser le maximum de citoyens aux avantages de la promotion et de la valorisation des langues maternelles. La célébration a été instituée au Mali en 2007.