Mali : forces de sécurité et journalistes célèbrent la journée mondiale de la liberté de la presse par un débat rappé à l'école de police à Bamako

29 Mai 2017

Le Mali à l'instar de la communauté internationale a célébré le 3 mai 2017, la journée mondiale de la liberté de la presse. L'UNESCO en partenariat avec le ministère de la sécurité et de la protection civile, la cellule de communication de la Direction Générale de la Police Nationale (CCPN) et la Web TV Kunafoni.com a organisé à l’école de police, un débat entre les membres des forces de sécurité et les journalistes sur « le rôle des forces de sécurité dans la consolidation de la liberté d’expression et la sécurité des journalistes ».

Proclamée en 1993 par l’Assemblée générale des Nations Unies, en réponse à l’appel de journalistes africains qui, en 1991, ont proclamé la Déclaration de Windhoek sur le pluralisme et l’indépendance des médias, la Journée mondiale de la liberté de la presse est l’occasion de célébrer les principes fondamentaux de la liberté de la presse, d’évaluer la liberté de la presse à travers le monde, de défendre l’indépendance des médias et de rendre hommage aux journalistes qui ont perdu leur vie dans l’exercice de leur profession. Le thème retenu pour l’édition 2017 est : « Des esprits critiques pour une période critique ».

La cérémonie était présidée par M. Moussa Boubacar Mariko, Chef de Cabinet du directeur général de la police nationale, représentant le Ministre de la Sécurité et de la Protection civile. Il avait à ses côtés M. Herve Huot-Marchand, représentant de l'UNESCO au Mali, M. Guillaume Ngefa, représentant du Haut-Commissariat des droits de l'Homme au Mali, M. John Veneau, représentant du directeur de EUCAP Sahel-Mali, M. Mamy Sylla, Directeur de l'école de police, Mme Sasha Rubel Diamanka, Conseillère en communication et Information du Bureau régional de l'UNESCO pour le Sahel, Mme Togola Hawa Semega, directrice générale de Kunafoni.com, M. Bomboté Diomansi, éminent journaliste, ainsi qu’une pléiade de journalistes et élèves policiers.

Dans son mot de bienvenue, Mme Semega a rappelé que cette initiative est née de la volonté de collaboration entre les deux corps de métiers à l’issue d’une série d’ateliers organisés par l’UNESCO sur le renforcement de capacité des pédagogues des forces de sécurité sur la liberté de la presse et la sécurité des journalistes.

Monsieur Veneau a pour sa part, a plaidé pour une collaboration fraternelle entre forces de sécurité et hommes de médias qui, selon lui, sont interdépendants. Il importe, à son avis, que les cours de déontologie dispensés au niveau des écoles de formation s’étendent dans les régions, et prennent en compte le respect des droits des citoyens, la conduite et le maintien d’une bonne opération de sécurité, a-t-il précisé. Il a enfin réitéré l’accompagnement de son institution à l’UNESCO.

Monsieur Ngefa, prenant la parole a réaffirmé l’engagement du Haut-Commissariat aux droits de l’homme à la sensibilisation et la promotion du droit à l’information, la liberté d’opinion et d’expression, ainsi que la répression de tout acte de violence visant à compromettre des droits et libertés fondamentaux. « Un journalisme de qualité permet aux citoyens de prendre des décisions éclairées, quant au développement de la société. Il contribue également à dénoncer les injustices, la corruption et les abus de pouvoir ». C’est pour cette raison qu’il est absolument essentiel de le protéger.

Monsieur Huot-Marchand a, pour sa part, rappelé que 102 journalistes l’ont payé de leur vie en 2016. « Cette situation est inacceptable et affaiblit nos sociétés dans leur ensemble. C’est la raison pour laquelle l’UNESCO est, avec ses partenaires, le fer de lance du Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité à travers le globe. La période critique que nous traversons exige des esprits critiques. J’appelle aujourd’hui chacun d’entre vous à aiguiser vos esprits pour défendre les libertés indispensables à la paix et à la justice », tel est le message de l’UNESCO en cette Journée mondiale de la liberté de la presse 2017.

Monsieur Mariko s’est dit conscient de la fonction sociale du journaliste. « C’est pourquoi, le gouvernement, à travers le ministère de la sécurité et de la protection civile, entend faciliter davantage l’exercice du travail des hommes de médias », a-t-il indiqué. Avant d’ajouter que les journalistes pourront toujours compter sur les forces de l’ordre dans l’accomplissement de leur mission de collecte de l’information. Il a enfin réitéré toute sa reconnaissance au travail abattu par l’UNESCO et ses partenaires dans la formation des forces de sécurité sur la liberté de la presse et la sécurité des journalistes.

Une causerie-débat entre les membres des forces de sécurité et les journalistes sur « le rôle des forces de sécurité dans la consolidation de la liberté d’expression et la sécurité des journalistes » a été organisée pour la circonstance.

Ce débat a permis à la population de comprendre le rôle clés des forces de sécurité sur la question de la liberté d’expression et de la sécurité des hommes et femmes de médias, mais aussi de renforcer le lien de partenariat et de collaboration entre les deux corps de métier.

Il faut rappeler que chaque année la Journée mondiale de la liberté de la presse permet de célébrer les principes fondamentaux de la liberté de la presse, d’évaluer la liberté de la presse à travers le monde, de défendre l’indépendance des médias et de rendre hommage aux journalistes qui ont perdu leur vie dans l’exercice de leur profession.

Pour voir la vidéo du débat rappé, cliquez ici : https://youtu.be/rU7UVIj2gEY