Message des Dirigeants de l’UNESCO, de l’OIT, de l’UNICEF, du PNUD, et de l’Internationale de l'éducation à l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, le 5 octobre 2015

Un personnel enseignant fort pour des sociétés durables

Chaque année, à l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, nous célébrons les éducateurs et le rôle essentiel qu’ils jouent pour offrir aux enfants, où qu’ils soient, une éducation de qualité. Aujourd’hui, alors que la communauté mondiale se réunit autour des nouveaux objectifs de développement durable pour 2030, le rôle des enseignants n’a jamais été plus important.

Le nouvel objectif mondial de l’éducation, l’ODD 4, qui est au centre du programme pour l’éducation en 2030, invite à « veiller à ce que tous puissent suivre une éducation de qualité dans des conditions d’équité et [à] promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie ». Atteindre cet objectif est essentiel pour atteindre l’ensemble de nos objectifs de développement mondial – car les sociétés vigoureuses reposent sur des citoyens éduqués et une main-d’œuvre formée. Mais nous ne pourrons mener à bien ce programme que si nous investissons dans le recrutement, l'accompagnement et l’autonomisation des enseignants.

Il est de plus en plus reconnu que la qualité des enseignants est le facteur le plus important dans l’apprentissage des enfants – et, en conséquence, dans l’amélioration des niveaux d’instruction et de l’aptitude des jeunes à participer à la société et aux économies du savoir d’aujourd’hui, et dans l’augmentation de la productivité et de la prospérité. Dans les communautés pauvres et les pays affectés par des conflits en particulier, la qualité de l’enseignement peut littéralement changer la vie des enfants, en les aidant à surmonter d’énormes difficultés et en les préparant à une vie meilleure et à un avenir moins sombre.

Mais aujourd’hui, partout dans le monde, bien trop d’enseignants ne sont pas considérés à leur juste valeur et sont privés de leur autonomie. La pénurie d’enseignants de qualité est de plus en plus marquée, la répartition des enseignants formés est inégale et les normes nationales relatives à la profession d’enseignant sont inadaptées ou inexistantes – autant de facteurs essentiels contribuant à de vastes inégalités en termes d’accès et d’apprentissage. Les régions et les écoles les plus pauvres et les plus petites classes – celles où les besoins sont les plus grands – sont souvent les plus touchées. Cette pénurie est d’autant plus préoccupante que toutes les études tendent à montrer que permettre aux enfants de bénéficier d’un enseignement de qualité dès leur plus jeune âge est essentiel à leur développement.

L’Institut de statistique de l'UNESCO estime que pour parvenir à l’enseignement primaire universel d’ici 2020, les pays devront recruter 10,9 millions d’enseignants du primaire au total.

Si rien n’est fait, une crise mondiale de l’éducation se profilera. Lors du Forum mondial sur l'éducation 2015 à Incheon (Corée du Sud), conscients de l’imminence de la crise, les dirigeants se sont engagés à faire « en sorte que les enseignants et les éducateurs aient les moyens d’agir, soient recrutés de manière adéquate, jouissent d’une formation et de qualifications professionnelles satisfaisantes, et soient motivés et soutenus au sein de systèmes gérés de manière efficace et efficiente, et dotés de ressources suffisantes ». Le Sommet « L’éducation au service du développement », organisé à Oslo (Norvège) en 2015, a également souligné qu’il était impératif de répondre à la pénurie d’enseignants qualifiés et d’investir dans la formation des enseignants.

À présent, en s’engageant à mettre en œuvre le programme pour l’éducation en 2030, les États membres de l’ONU sont convenus d’accroître substantiellement, notamment au moyen de la coopération internationale en faveur de la formation des enseignants, le nombre d’enseignants qualifiés des pays en développement, notamment les pays les moins avancés et les petits États insulaires en développement.

Cette étape importante franchie, nous nous devons aujourd’hui de tenir ces engagements. Pour atteindre le nouvel objectif relatif à l’éducation et toutes ses cibles d’ici 2030, nous devons accentuer nos efforts afin que chaque école, chaque communauté et chaque enfant profite d’enseignants motivés et soutenus, dotés des qualifications requises et équitablement déployés.

Les gouvernements devraient redoubler d’efforts pour engager un dialogue avec les enseignants et leurs organisations et concevoir des mesures et des stratégies concrètes afin d’offrir des incitations appropriées, notamment une rémunération compétitive et des perspectives de carrière claires, aux enseignants qui acceptent d’enseigner dans des écoles situées dans des milieux difficiles et afin de faire en sorte qu’ils ne quittent pas la profession.

Il conviendrait d’autonomiser les enseignants en leur offrant des conditions de travail décentes et un environnement de travail sûr, sain et doté de moyens importants, et en leur accordant de la confiance, ainsi qu’une autonomie professionnelle et une liberté d’enseignement.

La Recommandation OIT-UNESCO concernant la condition du personnel enseignant (1966), la Recommandation de l’UNESCO concernant la condition du personnel enseignant de l'enseignement supérieur (1997) et les Directives de l’OIT sur la promotion du travail décent pour le personnel de l’éducation de la petite enfance (2014) constituent des normes et références internationales essentielles pour la profession d’enseignant.

À l’occasion de la première Journée mondiale des enseignants du nouvel agenda pour l’éducation en vue du développement mondial, nous lançons un appel à la communauté internationale afin qu’elle valorise, appuie et autonomise les enseignants du monde. Car ce sont eux qui éduqueront une nouvelle génération d’enfants qui, à leur tour, feront progresser l’ensemble de nos objectifs pour bâtir un monde meilleur pour tous.

 

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