Mettre à profit le talent scientifique des femmes pour changer le monde

Exploiter le talent des femmes dans le domaine des sciences permet d’ouvrir les portes de l’innovation et d’écrire le nouveau chapitre de la révolution scientifique dont nous avons besoin pour favoriser le développement durable, a déclaré la Directrice générale dans un discours prononcé devant d’éminentes femmes scientifiques et responsables réunies à l’occasion d’un forum international de deux jours qui a débuté à Kuala Lumpur, en Malaisie, le 25 mai 2015.

Ce forum était organisé par le Centre international pour la coopération Sud-Sud dans le domaine des sciences, de la technologie et de l'innovation (ISTIC), placé sous l’égide de l’UNESCO.

Il réunissait des femmes professeurs, spécialistes des politiques, ou bien encore directrices d’instituts publics et privés de toutes les régions du monde afin de mettre au point des stratégies visant à combler l’écart qui existe encore concernant la participation des femmes aux sciences, à la technologie et à l’ingénierie à des postes de direction, tant au niveau des pouvoirs publics que dans les entreprises.

« Le monde a aujourd’hui besoin d’une science plus présente et de meilleure qualité. Pour y parvenir, la science a besoin du talent des femmes et des filles. Les obstacles à la science, à la technologie, à l’ingénierie et aux mathématiques se rencontrent dès le plus jeune âge, lorsque l’accès à l’éducation est insuffisant. Dès leur scolarisation, les jeunes filles sont confrontées à d’importantes discriminations fondées sur le genre qui les découragent d’aller vers la science », a déclaré la Directrice générale, soulignant que la proportion de filles qui embrassent une carrière professionnelle scientifique est encore plus faible, y compris dans les pays développés.

La Directrice générale a insisté sur la nécessité, pour lever ces obstacles, de nouer de nouveaux partenariats en faveur de l’innovation, d’une coopération Sud-Sud renforcée, ainsi que de mentors et modèles afin de promouvoir le développement de carrière.

« Il est essentiel de promouvoir les femmes et de tenir un nouveau discours sur les femmes dans la science afin d’accroître la confiance de celles qui veulent devenir des scientifiques. »

« La sous-représentation des femmes dans les domaines de la science, de la technologie et de l’innovation est un défi universel, car elle représente un échec moral et une perte économique », a déclaré le professeur Asma Ismail, Directrice générale de l’enseignement supérieur au Ministère malaisien de l’éducation.

Elle a appelé à investir considérablement dans la formation, à nommer davantage de femmes enseignantes scientifiques et à promouvoir des mentors et des modèles qui soient des sources d’inspiration pour surmonter la discrimination. Elle a souligné que le projet de réforme de l’éducation en Malaisie comportait notamment des mesures pour encourager les femmes à entreprendre une carrière dans le domaine des sciences et à y rester. Le pays compte d’ailleurs déjà un nombre élevé d’étudiantes inscrites dans des filières scientifiques.

Le Président de l’ISTIC, M. Lee Yee Cheong, a émis le souhait d’institutionnaliser ce forum en l’organisant tous les deux ans, ce dont la Directrice générale s’est réjouie.

« Il est grand temps que chaque pays s’efforce de combler son déficit en capital humain qualifié à tous les niveaux », a-t-il dit, affirmant que parvenir à un équilibre entre les sexes dans les domaines des sciences, de la technologie et de l’innovation permettrait de vaincre la pauvreté, la faim et les catastrophes causées par le changement climatique.