Michaëlle Jean plaide à l’UNESCO pour un multilatéralisme renforcé

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© UNESCO/Cyril Bailleul

« L’UNESCO et la Francophonie, c’est d’abord le partage de principes et de valeurs au service de l’idéal démocratique de dignité, d’égalité et de respect de la personne humaine », a souligné la Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), Michaëlle Jean, lors de son intervention le 20 avril, devant le Conseil exécutif de l’UNESCO. En visite officielle à l’UNESCO, Michaëlle Jean s’exprimait à l’occasion du 70e anniversaire de l’Organisation.

Evoquant la « solidarité intellectuelle » et « l’esprit de mutuelle assistance » qui ont présidé à la création de l’UNESCO, Michaëlle Jean a rappelé les liens anciens qui l’unissent à l’Organisation et évoqué son rôle en tant qu’Envoyée spéciale de l’UNESCO pour Haïti (2010-2014), alors que le pays venait de subir un tremblement de terre dévastateur. « C’est véritablement de l’intérieur que j’ai pu mesurer la capacité de l’UNESCO à rassembler et coordonner les efforts aux côtés de l’Etat haïtien et de la société civile », a-t-elle rappelé.

De son côté, la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a évoqué les liens forts qui unissent l’UNESCO et la Francophonie et rendu hommage à l’action de Michaëlle Jean. « En ces temps troublés où nous devons faire face à la violence, à l’intolérance, à la régression des valeurs universelles et aux fractures sociales, nous avons besoin d’une voix forte », a souligné la Directrice générale, ajoutant que Michaëlle Jean était sans conteste « l’une des voix les plus claires et les plus fortes qu’on puisse entendre ».

La Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie a par ailleurs plaidé en faveur d’un multilatéralisme renforcé dans un contexte où les Etats ne sont plus en mesure de faire face, seuls, à des défis désormais planétaires : « Et ce n’est qu’au sein des organisations internationales que peut s’incarner ce multilatéralisme, qu’il soit à dimension universelle, à dimension régionale, ou à dimension linguistique ou culturelle, comme l’illustre la Francophonie ».

Elle a également rappelé les efforts de l’UNESCO et de l’OIF pour défendre une conception exigeante de la science, promouvoir l’éducation pour tous –notamment des filles–, et préserver la diversité culturelle. A cet égard, elle a exprimé son indignation face aux attaques délibérées visant le patrimoine mondial et au saccage de biens culturels séculaires.

« Nous ne sommes pas en présence d’un choc ou d’une guerre des civilisations, mais d’un combat entre deux projets de société à l’échelle du monde : l’un fondé sur la destruction, la régression, l’obscurantisme, la haine ; l’autre sur la construction, le progrès, l’esprit des Lumières, de toutes nos lumières, l’esprit de fraternité », a déclaré Michaëlle Jean.

« Ce projet, a-t-elle poursuivi, est partagé par des milliards d’individus dans le monde, quelle que soit leur culture, leur religion, la civilisation qui les a nourris […]. C’est ce projet que nous devons […] faire prospérer jour après jour, pour que se réalise enfin, ce rêve d’un monde plus juste, plus libre, plus prospère, plus pacifique, qui a inspiré, il y a quelques décennies, les fondateurs de l’UNESCO et de la Francophonie ».