« Oceans Day at COP21 » : mobiliser le soutien du public et faire avancer l’agenda de l’océan et du climat

Un jour seulement après le Forum Océan et Climat (3 décembre 2015), les espaces Générations Climat ont accueilli le 4 décembre 2015 le « Oceans Day at COP21 », une nouvelle expression de la société civile pour l’intégration de l’océan dans le futur régime climatique. Cet événement d’une journée a été organisé par la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO, le Global Ocean Forum et la Plateforme Océan et Climat.

Le « Oceans Day at COP21 » s’est appuyé sur les recommandations et les solutions proposées lors du Forum Océan et Climat, de précédentes journées « océan » de la CCNUCC (par exemple à Rio+20), ainsi que des résultats de la Journée mondiale de l’océan organisée par la COI et la Plateforme Océan et Climat le 8 juin 2015 au Siège de l’UNESCO.

Afin de faire avancer l’agenda de l’océan et du climat de la CCNUCC et au-delà, l’événement a encouragé une prise de conscience politique globale à travers l’engagement de personnalités de haut niveau afin d’attirer l’attention sur la nécessité d’un accord ambitieux à la COP21. Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO ; Vladimir Ryabinin, Secrétaire exécutif de la COI ; Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie ; S.A.S. le Prince Albert II de Monaco ; Tommy E. Remengesau, Jr., Président de la République des Palaos ; et Manuel Pulgar-Vidal, ministre de l’Environnement du Pérou, étaient présents aux côtés de nombreux autres ministres, ambassadeurs, et membres et chefs d’instituts de recherche et d’organisations internationales.

Suite au débat qui a eu lieu lors du Forum Océan et Climat avec la communauté scientifique et la société civile, le « Oceans Day at COP21 » a souligné les principales questions liées à l’océan et au climat d’un point de vue politique, en mettant l’accent sur les populations et les écosystèmes les plus vulnérables, et a proposé des mesures à prendre au sein et en dehors du cadre de la CCNUCC.

« Grâce à ses divers systèmes d’observation, la COI fait autorité au sein des Nations Unies. Mais nous devons aller plus loin et atténuer l’acidification de l’océan, aborder les services écosystémiques, et mettre en place des aires marines protégées. Avoir de bonnes connaissances scientifiques est nécessaire, mais il faut les traduire par des actions concrètes pour pouvoir léguer un monde meilleur à la nouvelle génération, » a dit Vladimir Ryabinin, qui a donné l’exemple des Modalités d’action accélérées des PEID (Orientations de Samoa, ou « S.A.M.O.A. Pathway »), qui reconnaît la nécessité de soutenir et d’investir dans le développement durable des PEID. Il a également affirmé le soutien de la Commission à l’élaboration d’un Rapport spécial sur l’océan par le GIEC, initialement proposé par Monaco.

S.A.S. le Prince Albert II de Monaco a ajouté : « L’océan est au cœur de notre civilisation : 40% de la population mondiale habite à moins de 60km du littoral, et ce chiffre risque d’augmenter en raison du tourisme et des migrations. » Parallèlement, « les écosystèmes sont en danger dans de nombreuses régions, où certaines espèces sont malheureusement en train de disparaître. Nous avons besoin d’aires marines protégées pour permettre de développer un modèle respectueux des mers et des populations. L’océan peut également jouer un rôle majeur dans la transition énergétique, qui se trouve être la seule perspective durable. » Prônant de nouvelles stratégies, il a appelé à renforcer l’accent mis sur l’océan dans les négociations climatiques.

Le Président des Palaos, Tommy E. Remengesau, Jr., a quant à lui annoncé que son pays avait « récemment mis en place un sanctuaire marin national » dont une zone de non-pêche de 500 000 km2, et qu’il « prévoit de réduire les émissions de moitié d’ici 2025. » Les Palaos est également le premier pays du Pacifique à ratifier le pacte mondial contre la pêche illicite.

Manuel Pulgar-Vidal a noté que « lorsque l’on parle de changement climatique, deux éléments clés et objectifs sont à prendre en compte : décarboniser nos écosystèmes grâce à des stratégies d’atténuation, et construire des écosystèmes résilients. » Il a terminé son intervention en déclarant que « l’océan est bleu, la couleur de la paix et de l’espoir. Continuons à surfer sur cette magnifique vague. »

Le dernier panel de la journée, dont Irina Bokova était la co-présidente, était dédié à la proposition d’un programme sur cinq ans en soutien aux politiques.

« La COP21 représente un moment historique parce que nous nous trouvons à la croisée des chemins. L’avenir de l’océan n’est pas une question technique mais une question de valeur, » a-t-elle déclaré, mettant également l’accent sur le travail de la COI dans le domaine de la recherche océanographique et qualifiant le changement climatique et le sort de l’océan de « question unique ».

Les leaders ont montré la voie à suivre en matière de défis et de solutions avec un plan stratégique articulé autour de nombreuses priorités telles que l’atténuation, l’adaptation, le financement, le renforcement des capacités, la sensibilisation du public, et la science et l’observation océaniques.

A la fin de l’événement, Romain Troublé et Catherine Chabaud, représentants de la Plateforme Océan et Climat, avec Vladimir Ryabinin, ont présenté à Irina Bokova les 25 000 signatures récoltées depuis le lancement de l’Appel de l’océan pour le climat en juin dernier à l’occasion de la Journée mondiale de l’océan.

Pour un résumé de l'ensemble des interventions de la journée, cliquez ici (en anglais).