L’open data au service de l’environnement

06 Septembre 2017

L’ouverture des données (open data) a trouvé sa place dans notre société, en particulier dans le domaine de l’environnement. Synonyme de partage, de réutilisation et de transparence, l’open data s’impose de plus en plus. Mais reste à savoir comment traiter et rendre accessibles ces données, qui doivent être fiables et facilement réutilisables ? La revue Technique Sciences Méthodes (TSM) se penche sur ces questions dans son dernier numéro, dont nous reproduisons ici des extraits. Observant que, dans le domaine de l’environnement, les avancées viennent principalement du secteur de l’eau, TSM présente le Système de réseau d’information sur l’eau du Programme hydrologique international de l’UNESCO comme exemple d’initiative pionnière.

IHP-WINS : « Démocratiser l’accès aux données »

L’UNESCO soutient et encourage le libre accès à l’information scientifique afin de favoriser la circulation du savoir à l’échelle planétaire pour contribuer aux découvertes scientifiques, à l’innovation et au développement socio-économique. Son Système de réseau d’information sur l’eau (Water Information Network System : IHP-WINS), est une plateforme en ligne rassemblant des données en libre accès sur l’eau, lancée en janvier 2017. Outil mis à la libre disposition des États membres, de la communauté scientifique, des décideurs politiques et du grand public, IHP-WINS se veut être un véritable appui au partage des connaissances et à la prise de décisions. Monsieur Filali Meknassi du Programme hydrologique international (UNESCO-PHI) souligne que l’objectif est de démocratiser l’accès aux données et d’accroitre la diffusion des savoirs locaux et régionaux dans le domaine de l’eau.

Trois piliers pour le partage des connaissances

IHP-WINS offre tout d’abord un espace de partage de données open access géoréférencées sur les ressources en eau aux échelles globales, régionales, nationales et locales. Grâce à l’utilisation d’un Système d’information géographique (SIG), l’information est visualisée sous forme de couches superposables, permettant aux utilisateurs de créer des cartes sur mesure. Le SIG facilite aussi le suivi et la mise à jour des informations au fur et à mesure des évolutions et des modifications des connaissances.

La plateforme dispose également d’un espace de mémoire institutionnelle et de partage de savoir, à travers la mise à disposition de documents téléchargeables dans des formats variés (tels que rapports, vidéos, photographies, statistiques, webinaires).

Le savoir au service de la gestion de la ressource

Si la plateforme offre à ses utilisateurs l’accès libre à des données sur le cycle de l’eau dans son ensemble et à des échelles variées, la plateforme permet également à ses contributeurs de partager leurs propres données. Ainsi, à travers cette mise en commun des connaissances, IHP-WINS contribue au suivi de l’Objectif de développement durable (ODD) 6 relatif à l’eau et à l’assainissement en soutenant les États membres, les décideurs politiques et tout acteur impliqué dans la gouvernance et la gestion des ressources en eau.

Le cas des aquifères transfrontaliers d’Afrique

Aquifères transfrontaliers et exposition au stress hydrique (UNESCO-IHP & IGRAC 2015, F. GASSERT et al., 2014)IHP-WINS héberge, entre autres, des données sur les aquifères transfrontaliers, provenant de sources variées. En combinant ces différentes couches d’informations à l’aide de l’outil SIG disponible sur la plateforme, les cartes obtenues mettent en évidence, par exemple, le niveau de stress hydrique auquel sont exposées ces aquifères.

L’ouverture des données environnementales suscite l’intérêt pour une multitude d’acteurs et peut revêtir une multitude d’objectifs. Ces trois exemples de mise en place de l’open data en sont la preuve : l’ouverture des données, c’est informer les citoyens, sensibiliser les décideurs, concourir au développement du savoir et de la recherche scientifique, ou favoriser le développement économique. Ainsi, l’open data aujourd’hui est créateur de valeur et d’économie.

 

À l’heure actuelle, les collectivités les plus importantes par leur nombre d’habitants sont les plus avancées dans l’open data car elles possèdent les moyens financiers et humains nécessaires pour mener des politiques ambitieuses autour des usages du numérique et pour mettre en place des services structurés de gestion des données. D’après l’OpenDataFrance, cela se traduit par près de 50 portails open data et plus de 20 000 jeux de données. Finalement, le Délégué général d’OpenDataFrance conclut que dans beaucoup de cas, l’ouverture des données publiques vient conforter les orientations stratégiques déjà engagées sur le numérique, mais que du point de vue des collectivités les plus modestes, ce n’est toujours pas une priorité. C’est un sujet loin des préoccupations des décideurs locaux, pour qui les priorités sont avant tout perçues en termes d’aménagement des infrastructures de télécommunication. Ainsi, les finalités de l’ouverture des données et ses principes doivent faire l’objet d’une pédagogie et d’un accompagnement très soignés.

Muriel Auriol
TSM numéro 7/8 - 2017 - 112e année