Patrimoine mondial du Mali: l’UNESCO renforce la bonne gestion et la conservation des quatre sites du patrimoine mondial

15 Septembre 2017

Bamako, 14 septembre 2017 - Dans le cadre de la mise en œuvre de la deuxième phase du programme de réhabilitation du patrimoine culturel et de sauvegarde des manuscrits anciens du Mali, le Bureau de l’UNESCO à Bamako en partenariat avec le Ministère de la Culture et avec  l’appui de l’Union Européenne et de la MINUSMA, a organisé le 14 septembre 2017, dans la salle de réunion du Ministère de la Culture, la cérémonie de lancement des travaux d’élaboration des nouveaux plans de gestion et de conservation des quatre sites du Mali inscrits sur la Liste du patrimoine mondial. L’occasion a été mise à profit pour organiser un point de presse, ainsi qu’un comité de suivi.

La cérémonie était présidée par M. Andogoly Guindo, Secrétaire Général du Ministère de la Culture, en présence de M. Hervé Huot-Marchand, Représentant de l’UNESCO au Mali, M. Fidèle Guirou, Coordinateur du programme de réhabilitation du patrimoine culturel et de sauvegarde des manuscrits anciens du Mali, M. Luca Ferroni, représentant l’Ambassadeur de l’Union Européenne au Mali, Madame Favreau Ornelle, de l’Ambassade de France, M. Mohamed Ahamnich, de l’Ambassade du Maroc, M. Lassana Cissé, Expert du patrimoine, chargé pour l’UNESCO des études des plans de gestion et de conservation des quatre sites du Mali inscrits sur la Liste du patrimoine mondial. On notait également la présence des partenaires techniques, des acteurs culturels, des représentants des jeunes et un parterre de journalistes.

M. Guindo dans son allocution a rappelé que cette rencontre est une aubaine pour les acteurs de la culture, du fait des remarquables résultats obtenus à la fois sur le terrain et sur la justice. « En effet, après la reconstruction totale et complète des biens détruits au Nord du Mali, nous avons apprécié en plus de ces reconstructions, la détermination de la Cour Pénale Internationale de faire du cas de destruction des biens culturels du Mali un exemple palpable et concret dans la condamnation des auteurs de ces crimes contre l’humanité » a-t-il déclaré. Il a enfin salué la bonne collaboration des partenaires qui font un travail extraordinaire pour que la culture malienne dans son essence regagne ses lettres de noblesse. 

M. Huot-Marchand a pour sa part, rappelé que conformément aux orientations de l’UNESCO sur la mise en œuvre de la Convention 1972 du patrimoine mondial, chacun des quatre sites du Mali était doté d’un Plan de conservation et de gestion ayant pour vocation à spécifier la manière dont leur valeur universelle exceptionnelle, ainsi que leurs attributs d’intégrité et d’authenticité devraient être préservés, dans une dynamique participative impliquant fortement les communautés locales.

« Malheureusement ces plans sont expirés depuis au moins cinq ans, suite à l’occupation des régions Nord du Mali, qui a occasionné des dommages importants sur ces sites, notamment à Tombouctou et conduit à l’inscription de l’ensemble de ces sites sur la Liste du patrimoine mondial en péril, excepté les Falaises de Bandiagara ».

Selon le Représentant de l’UNESCO au Mali, « Il apparait plus que jamais urgent et indispensable de réviser les Plans de gestion et de conservation de ces sites, afin d’y refléter les nouvelles réalités, de renforcer leur protection juridique, d’améliorer leur état de conservation et d’assurer une meilleure promotion à l’intention du grand public en vue de contribuer à la relance des activités socio-économiques » a-t-il déclaré.

Donnant des précisions sur des études à mener, M. Cissé a précisé que le rôle de chacune des parties prenantes à la gestion de ces sites (État, Collectivités Territoriales, communautés locales, associations et organisations professionnelles, PTF, etc.) doit clairement être défini dans une démarche de synergie d’action indispensable dans le contexte de crise sécuritaire. « L’implication de tous et de chacun, notamment celle des communautés locales, des collectivités et de l’État est le crédo essentiel pour la conservation harmonieuse et durable de ces quatre sites emblématiques du Mali » a-t-il insisté.

La cérémonie a été marquée par des échanges avec les experts qui ont permis d’éclairer davantage les journalistes sur les activités prévues dans le cadre de l’élaboration des nouveaux plans de gestion et de conservation des quatre sites du patrimoine mondial du Mali.

Le point de presse était suivi d’une réunion du comité de suivi qui a permis de faire le point sur l'état d'avancement des travaux de la deuxième phase du programme de réhabilitation du patrimoine culturel, en mettant en exergue les activités en cours et à venir. Des recommandations pertinentes ont également été formulées pour l’atteinte des objectifs de ce programme entre autres le renforcement du tissu social, l’instauration de la réconciliation et du vivre ensemble.

La deuxième phase du Programme de réhabilitation du patrimoine culturel et de sauvegarde des manuscrits anciens du Mali s’inscrit dans la continuité de la première phase (2013-2017) qui a été fortement soutenue par le gouvernement malien et la communauté internationale, sous l’égide de l’UNESCO. Cette première phase a connu des résultats concrets, notamment l’expérience inédite de la reconstruction des mausolées de Tombouctou à laquelle plusieurs partenaires ont contribué par des appuis techniques et financiers importants.

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