Le PIDC veut renforcer son mécanisme de suivi sur la sécurité des journalistes

La Directrice générale de l’UNESCO a condamné cette semaine le meurtre du journaliste brésilien João Valdecir de Borba, abattu le 10 mars alors qu’il présentait un programme de musique en direct à la radio. De Borba est le 24e journaliste à avoir été tué cette année, selon les statistiques de l’UNESCO, qui avait enregistré 114 assassinats en 2015.

A l’issue de la 60e réunion de son Bureau la semaine dernière, le PIDC a décidé de renforcer son mécanisme de suivi et de présentation de rapports sur la sécurité des journalistes. Ce système, unique en son genre, permet à l’UNESCO d’être informé des suites judiciaires données dans les cas d’assassinats comme celui du journaliste brésilien, avec pour objectif de mettre fin à l’impunité des meurtriers et de toutes les personnes impliquées dans les meurtres de journalistes.

Depuis 2008, le Directeur général de l’UNESCO doit informer le Conseil du PIDC sur le statut de la sécurité et de l’impunité. Pour ce faire, chaque Etat membre concerné par le meurtre d’un journaliste est prié d’informer l’UNESCO, sur la base du volontariat, du progrès des enquêtes diligentées, pour que l’UNESCO puisse suivre ces cas jusqu’à leur résolution. Afin de renforcer cette procédure, le Bureau du PIDC a décidé quatre allocations spéciales de fonds : 

  • Un montant de 20 000 USD pour la publication et la diffusion d’une brochure présentant le mécanisme de suivi de de présentation de rapports du PIDC sur la sécurité des journalistes, destinée aux Etats membres, aux agences des Nations Unies, à la société civile, aux ONG, aux organisations de défense des droits de l’homme et aux professionnels des médias.
  • Un montant de 30 000 USD pour recueillir et partager les bonnes pratiques en matière de suivi, présentation de rapports et promotion de la sécurité des journalistes, dans le cadre de l’action de suivi de la conférence internationale soutenue par le PIDC « Les médias se mobilisent pour la sécurité des journalistes » (Paris, 5 février 2016).
  • Un montant de 30 000 USD pour l’application des Indicateurs sur la sécurité des journalistes de l’UNESCO, qui permettent d’évaluer la sécurité des journalistes au niveau national et le suivi donné aux crimes commis contre les professionnels des médias.
  • Un montant de 20 000 USD pour un projet pilote dans un pays choisi, afin de renforcer les capacités des Etats membres pour améliorer les systèmes de suivi à l’échelle nationale.

Le Bureau a également demandé au Secrétariat du PIDC de préparer un plan d’action pour renforcer le rôle du PIDC dans la lutte contre l’impunité et de le présenter à la prochaine session du Conseil du PIDC qui se tiendra en novembre.

Pour prendre ces décisions, le Bureau a été assisté par un rapport d’une experte des médias indépendante, Silvia Chocarro Marcesse, qui a présenté un document d’analyse sur le rôle du PIDC dans la promotion de la sécurité des journalistes.

« Jamais les Nations Unies n’avaient fait autant de progrès sur la question de la sécurité des journalistes en si peu de temps que ces dernières années », écrit Chocarro Marcesse. « C’est un moment historique. On attend énormément des Nations Unies […] et de l’UNESCO en tant qu’organisation de premier plan dans la promotion de la sécurité des journalistes ». Le document d’analyse donne des recommandations concrètes sur la contribution que peut apporter le PIDC pour répondre à ces attentes.

On assiste déjà à une augmentation significative du taux de réponse des Etats membres aux demandes d’information de la Directrice générale : 16 pays sur 57 (28 %) en 2014 contre 27 pays sur 57 (47 %) en 2015. Ce qui témoigne d’un intérêt croissant de la part des Etats membres pour le mécanisme de suivi du PIDC.