Le pouvoir de persuasion de l’UNESCO et son ordre du jour entrent en résonance avec les priorités du nouveau Gouvernement indien

Par la priorité qu’il accorde à l’éducation, aux compétences pour les jeunes, les filles et les femmes, aux technologiques numériques et à la promotion du patrimoine culturel, le programme du gouvernement de M. Narendra Modi, Premier Ministre de l’Inde, en place depuis la fin mai 2014, entre en forte résonnance avec le mandat de l’UNESCO. C’est ce qu’a déclaré Mme Irina Bokova lors d’une série de réunions qui se sont tenues à New Delhi le 24 novembre, premier jour de la visite en Inde de la Directrice générale.

Après avoir ouvert la conférence sur le rôle des TIC pour les personnes handicapées, la Directrice générale a rencontré six ministres pour discuter de leurs projets, de leurs idées et des perspectives d’un renforcement de la collaboration avec l’UNESCO.

« L’Inde est un membre fondateur de l’UNESCO, dont elle comprend le pouvoir de persuasion et son ordre du jour pour la transformation des sociétés », a-t-elle affirmé lors d’une réunion avec la Ministre des affaires étrangères, Mme Sushma Swaraj.

« L’Inde a également soutenu avec force la culture comme moteur du développement durable », a-t-elle poursuivi en remerciant le pays pour son appui.

La Ministre a félicité l’UNESCO d’être parvenue à faire inscrire l’éducation et l’océan en tant qu’objectifs à part entière dans le projet de programme de développement pour l’après-2015 et a rappelé l’importance du patrimoine culturel immatériel et de la diversité culturelle pour la cohésion sociale et le développement.

La Directrice générale a également salué le Gouvernement indien pour son attachement à l'égalité des genres, dont témoignent le nombre de femmes ministres dans ses rangs ainsi que plusieurs programmes nationaux d'autonomisation des filles.

‎La Ministre du développement des ressources humaines, Mme Smriti Irani, l’a confirmé en informant la Directrice générale de la priorité accordée par le gouvernement à une approche cohésive de l’éducation des filles – de la petite enfance à l’enseignement supérieur – notamment par des programmes de contribution aux frais de scolarité et de bourses, approche qui s’accompagne d’une volonté d’améliorer les résultats de l’apprentissage, d’un projet de lancement d’un nouvelle mission nationale sur la formation des enseignants en décembre prochain et d’un autre projet visant à stimuler l’intérêt des élèves pour les mathématiques et la science. En 2015, le gouvernement s’attèlera à l’élaboration d’une nouvelle politique nationale de l’éducation par des « approches ascendantes et descendantes ». « Nous faisons porter nos efforts sur les conseils éducatifs dans les villages avec qui nous engageons le dialogue, et de là nous remontons de l’échelle du quartier à celle du district, du niveau des États au niveau national », a expliqué Mme Smriti Irani en demandant à l’UNESCO d’éclairer cette démarche par son expertise dans le domaine du développement des compétences.

Plusieurs initiatives visent à promouvoir l’égalité et combler la fracture entre les zones rurales et urbaines, notamment un programme inspiré par l’idée du Mahatma Gandhi selon laquelle « l’âme de l’Inde réside dans ses villages », qui prévoit que des établissements d’enseignement supérieur parrainent des villages et leur transfèrent des technologies, ainsi que de lancer une plate-forme indienne de cours en ligne multi-apprenants ouverts et gratuits.  

La Directrice générale a salué ces initiatives, en encourageant l’Inde à prendre la tête d’un élan en faveur de l’alphabétisme dans la région, et elle a déclaré que l’année 2015 serait décisive dans l’élaboration du programme de l’éducation pour les quinze prochaines années.

Lors de sa réunion avec le Ministre d’État de la culture, M. Mahesh Sharma, Mme Bokova a présenté les certificats établissant le Rani-ki-Vav et le Parc national du Grand Himalaya en tant que sites du patrimoine mondial, suite à leur inscription sur la liste en juin 2014.

Le Ministre, dont le mandat englobe la culture, le tourisme et l’aviation civile, a fait savoir que l’Inde allait s’engager dans une démarche spéciale d’amélioration des infrastructures, de la propreté, de la sécurité et la sûreté, afin que les touristes étrangers puissent pleinement apprécier la sagesse et le savoir du pays à l’occasion de leur voyage.

La Directrice générale a souligné que l’Inde illustrait parfaitement par son exemple que la culture peut être une source d’emplois et une force de cohésion sociale et elle a invité le pays à se montrer également actif dans d’autres programmes de l’UNESCO tels que le Réseau de villes créatives.

Mme Bokova a parlé de l’action de l’UNESCO dans le domaine du trafic des objets d’art, en précisant que l’Organisation se tenait prête à travailler en Inde sur ce front, une proposition favorablement accueillie par le Ministre.

Le patrimoine culturel immatériel est une autre priorité du Gouvernement indien, comme en témoigne le lancement d’une mission spéciale qui débouchera notamment sur la création d’un dépôt ouvert de toutes les traditions indiennes, y compris le yoga, auquel les Nations Unies devraient dédier une journée internationale en décembre prochain.

La sauvegarde du patrimoine et de la culture des villes est au cœur de l’action menée par le Ministre du développement urbain, M. Shri Venkaiah Naidu.

Celui-ci a fait savoir à la Directrice générale que le Gouvernement indien avait recensé dans le pays sept villes du patrimoine qui bénéficieront d’une attention particulière en ce qui concerne la protection et la promotion de la culture et il a demandé l’expertise de l’UNESCO pour le partage des bonnes pratiques et des normes internationales dans ce domaine.

« En associant la nature à la culture nous pouvons construire un avenir meilleur. C’est une question d’état d’esprit. Nous devons faire prendre conscience aux gens de la valeur du patrimoine », a affirmé le Ministre. « Pour préserver et moderniser, nous avons besoin de compétences et de bonnes pratiques. »

En offrant les conseils de l’UNESCO, la Directrice générale a souligné que beaucoup de villes étaient confrontées à la difficulté de concilier patrimoine et modernité et elle a évoqué la Recommandation de l’UNESCO concernant le paysage urbain historique qui complète la Convention du patrimoine mondial.

Mme Bokova a souligné le rôle déterminant joué par le patrimoine dans le renforcement et le respect des identités dans le monde globalisé d’aujourd’hui. Le Ministre et la Directrice générale sont convenus de collaborer à l’exécution du programme HRIDAY (Heritage City Development and Augmentation Yojana), inauguré par le Gouvernement indien en juillet 2014. Ce programme vise à préserver et revitaliser le caractère unique des villes du patrimoine, tout en y améliorant les infrastructures et la qualité de vie.  

M. Harsh Vardhan, Ministre de la science, de la technologie et des sciences de la terre a également exprimé son ambition de resserrer sa coopération avec l’UNESCO en vue de renforcer les capacités dans le domaine de la réduction des risques de catastrophes et de l’océanographie.

À cette fin, il a signé une lettre d’intention avec la Directrice générale, en affirmant que « la formation et le renforcement des capacités nous aideront à mieux prédire les catastrophes et à améliorer nos systèmes ».

La Directrice générale a jugé ce partenariat mutuellement avantageux et a rappelé le rôle joué par l’Inde dans le système d’alerte rapide aux tsunamis.

La lettre d’intention prévoit une collaboration dans le domaine de l’échange de données sur les risques naturels, des applications de la télédétection dans les régions côtières et océaniques et des cours de formation aux systèmes d’alerte rapide.