La Première Dame des États-Unis d’Amérique et la Directrice générale de l’UNESCO aux côtés de dirigeants internationaux pour une éducation de qualité

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© UNESCO

Le 24 septembre dernier, la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, la Première Dame des États-Unis d’Amérique, Michelle Obama, et plusieurs dirigeants de la planète ont pris l’engagement de rehausser la qualité de l’éducation lors d’une manifestation organisée dans le cadre de la 69e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, à New York.

Cette manifestation de haut niveau, intitulée « Une éducation de qualité pour le monde que nous voulons », était organisée à l’appui de l’Initiative mondiale pour l'éducation avant tout (GEFI), campagne mondiale de plaidoyer lancée par le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et dont l’UNESCO assure le Secrétariat. L’Initiative a pour but d’accélérer les progrès en vue de l’accès universel à l'éducation de base, d’améliorer la qualité de l’apprentissage et d’encourager les nouvelles formes de citoyenneté mondiale.

Dans un élan de soutien sans précédent en faveur de l’éducation, 14 chefs d’État/de gouvernement et ministres de toutes les régions du monde, ainsi que de hauts responsables des Nations Unies et de grands défenseurs internationaux de la cause de l’éducation ont uni leurs efforts pour faire passer le même message, à savoir qu’un enseignement de qualité tout au long de la vie était indispensable à l’édification d’un monde plus équitable, plus pacifique et plus viable.

Parmi les participants à cette manifestation figuraient des dirigeants des pays champions de la GEFI, notamment S. E. Mme Park Geun-Hye, Présidente de la République de Corée, S. E. M. Ivo Josipovic, Président de la Croatie, S. E. M.  Donald Ramotar, Président du Guyana, S. E. M. Moncef Marzouki, Président de la Tunisie, S. E. M. Antoni Marti, Chef du Gouvernement de la Principauté d'Andorre, S. E. Mme Sheikh Hasina, Premier Ministre du Bangladesh, S. E. Mme Helle Thorning-Schmidt, Premier Ministre du Danemark, S. E. M. Hailemariam Desalegn, Premier Ministre de l’Éthiopie, S. E. Mme Erna Solberg, Premier Ministre de la Norvège, S. E. M. Nassirou Bako Arifari, Ministre des affaires étrangères du Bénin, ainsi que S. E. Mme Bathabile Dlamini, Ministre du développement social de l’Afrique du Sud, S. E. M. Hao Ping, Vice-Ministre de l’éducation de la Chine, S. E. M. Carlos Amarante Baret, Ministre de l’éducation de la République dominicaine, et S. E. M. Arlindo Chilundo, Ministre adjoint de l’éducation du Mozambique. Son Altesse Cheikha Mozah du Qatar a également joué un rôle important dans cette manifestation, qui était animée par la journaliste Zeinab Badawi.

Le Président de la Banque mondiale, M. Jim Kim, et l’Envoyé spécial des Nations Unies pour l'éducation mondiale, M. Gordon Brown, participaient au panel d’ouverture.

Cette manifestation intervenait à un moment crucial. En effet, à moins de 500 jours de l’échéance de 2015 pour la réalisation des objectifs de l’Éducation pour tous et des Objectifs du Millénaire pour le développement, 58 millions d’enfants dans le monde ne sont toujours pas scolarisés et 250 millions d’enfants ne savent ni lire, ni écrire, ni compter, même après quatre années de scolarité.

La Première Dame des États-Unis d’Amérique a lancé un vibrant appel en faveur de l’éducation des filles et des femmes comme moteur de changement pour le monde. À cet égard, elle a souligné combien il était important d’aider les filles à réussir à passer de l’enseignement primaire à l’enseignement secondaire. Mme Obama a ajouté que, faute d’y parvenir, les filles pourraient être condamnées à une « vie marquée par la dépendance, la crainte et les abus ». Il faut pour cela,
a-t-elle indiqué, de nouvelles lois et une évolution des normes culturelles au niveau des pays, ainsi qu’un programme d’action dynamique au niveau mondial.

« Nous devons lutter plus vigoureusement afin de faire en sorte qu’une éducation de qualité pour tous soit un objectif à part entière du programme de développement pour l’après-2015 », a-t-elle déclaré.

Pour aller de l’avant, Mme Obama a rappelé à tous les participants le courage dont font preuve des millions de filles dans des pays tels que le Pakistan et le Nigéria, ainsi que dans le monde entier : « si nous sommes capables de faire preuve ne serait-ce que d’une infime partie de leur courage, alors nous pouvons changer le monde ».

Le Secrétaire général adjoint, Jan Eliasson, s’est félicité de la volonté politique manifestée par les plus hauts responsables en faveur de la manifestation « Une éducation de qualité pour le monde que nous voulons », qui ont défini l’éducation de qualité comme étant, non seulement un passeport pour le monde du travail, mais aussi le fondement de l’épanouissement personnel, de l’égalité des genres, de la citoyenneté mondiale et des droits fondamentaux.

Irina Bokova a clairement posé les enjeux en rappelant l’importance de l’éducation.

« Cette crise mondiale de l’apprentissage, outre le fait qu’elle porte atteinte à la cohésion sociale et menace la stabilité, constitue une violation des droits fondamentaux », a déclaré la Directrice générale lors de son allocution d’ouverture devant des dirigeants du monde entier.

« L’éducation doit passer avant tout ; pas n’importe quelle l’éducation, mais une éducation de qualité, une éducation qui permette de construire un monde meilleur. »

« L’Initiative mondiale pour l'éducation avant tout est un appel à la mobilisation pour mettre à profit le pouvoir transformateur de l’éducation, éliminer la pauvreté et la faim, améliorer la santé et protéger notre planète. Tel est le message que nous avons délivré à la Réunion mondiale sur l'EPT à Oman en mai dernier, à la Conférence internationale sur l’alphabétisation au Bangladesh ce mois-ci, ainsi qu’au Sommet des BRICS au Brésil. »

Il y a un vaste consensus international autour de l’idée que l’éducation doit occuper une place centrale dans le programme de développement pour l’après-2015, en tant qu’élément indispensable à son succès. Ce futur programme de développement fera l’objet de discussions à l’Assemblée générale des Nations Unies cette année, tandis que l’objectif global relatif à l’éducation et les cibles correspondantes seront examinés plus en détail lors du Forum mondial sur l'éducation 2015, qui aura lieu en République de Corée en mai 2015.

Les dirigeants internationaux qui se sont exprimés à la tribune de l’ONU mercredi dernier ont délivré un message fort en affirmant que pour mettre à profit l’impact transformateur de l’éducation sur le développement, les gouvernements devaient redoubler d’efforts pour recruter, former et soutenir les enseignants, sans qui les enfants ne peuvent bénéficier d’une éducation de qualité. On ne peut y parvenir qu’en augmentant les ressources allouées à l’éducation de base, qui souffre actuellement d’un déficit de financement de l’ordre de 26 milliards de dollars par an.

« Nous devons tout mettre en œuvre pour que chacun, fille ou garçon, puisse aller à l’école, bénéficie d’un apprentissage approprié et participe pleinement à la société », a déclaré la Directrice générale.

La manifestation a débuté avec des déclarations des pays champions de la GEFI sur le rôle transformateur de l’éducation de qualité, en particulier pour les personnes marginalisées du fait de la pauvreté, de l’endroit où elles vivent, de leur genre, de leur handicap ou de leur origine ethnique.

Ces déclarations ont été suivies par des observations des membres du Comité directeur de l’Initiative qui ont souligné combien il était important de relever les défis de la crise mondiale de l’apprentissage, qui fait que 250 millions d’enfants ne savent ni lire, ni écrire, ni compter, même après quatre années de scolarité.

S. E. Mme Park Geun-Hye, Présidente de la République de Corée, a évoqué l’importance de l’éducation pour le développement : « Le secret du développement de la Corée, c’est qu’elle investit dans l’individu, dans l’éducation ».

Rappelant à tous le rôle de l’UNESCO en tant qu’initiatrice de l’Éducation pour tous, elle a appelé l’attention sur le Forum mondial sur l'éducation, que la République de Corée organisera en 2015.

Son Altesse Cheikha Mozah du Qatar, chargée par le Secrétaire général de l’ONU de défendre la cause de l’OMD 2, a pointé les progrès insuffisants en vue de la réalisation des OMD, appelant à en tirer les enseignements pour l’avenir. À cet égard, elle a souligné la nécessité de protéger les écoles pour en faire des lieux sûrs dans les situations de conflit ou d’urgence.

Le Président de la Banque mondiale, M. Jim Kim, a fait valoir l’importance de l’éducation pour la croissance, donnant des exemples enregistrés dans le monde entier.

« L’éducation constitue le fondement de la prospérité et d’une économie florissante », a-t-il déclaré.

L’Envoyé spécial des Nations Unies pour l'éducation mondiale, M. Gordon Brown, a vigoureusement plaidé en faveur de l’éducation comme remède au mariage précoce et au travail forcé.

« Nous devons faire passer l’éducation en premier » a-t-il insisté, « l’éducation avant tout, l’éducation pour toujours ».

Différents intervenants ont présenté des enseignements tirés dans le monde entier et se sont une nouvelle fois engagés à agir. S. E. Mme Sheikh Hasina, Premier Ministre du Bangladesh, a évoqué l’engagement qu’a pris de longue date son pays de promouvoir l’éducation des filles et le pouvoir que recèlent des politiques bien définies et des ressources adéquates. S. E. Mme Helle Thorning-Schmidt, Premier Ministre du Danemark, a promis que le Danemark allouerait 70 millions de dollars par an au Partenariat mondial pour l'éducation, tandis que la Norvège s’est engagée à doubler son appui à l’aide au développement au cours des trois prochaines années.

Ces engagements ont été pris dans le contexte d’une analyse lucide et réaliste des défis qui restaient à relever, comme l’ont souligné l’Éthiopie et l’Afrique du Sud.

Ont également pris part à cette manifestation Mme Gina Casar, Secrétaire générale adjointe et Administratrice associée du PNUD, Mme Camilla Croso, Présidente de la Campagne mondiale pour l'éducation, Mme Alice Albright, Directrice générale du Partenariat mondial pour l’éducation, ainsi que Mme Sumaya Saluja, Représentante du Youth Advocacy Group.

En conclusion, la Directrice générale a remercié l’ensemble des participants de l’énergie et de la volonté dont ils faisaient preuve pour placer l’éducation avant tout.

« Nous devons conserver cette même vision, cette même volonté et cette même énergie pour achever ce qui a été entrepris et définir le programme mondial de développement pour l’après-2015, en plaçant l’éducation au cœur de ce programme », a-t-elle déclaré. « L’éducation est un droit fondamental, un facteur de développement et un impératif de sécurité ».