La préservation du patrimoine et de la diversité culturels en Syrie et en Iraq est essentielle – Irina Bokova accueille à l’UNESCO le Vice-Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Jan Eliasson

Le 7 septembre 2015, Mme Irina Bokova, la Directrice générale de l’UNESCO, a rencontré le Vice-Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, M. Jan Eliasson, après quoi ils ont donné une conférence de presse. Cette réunion s’est tenue la veille de la Conférence internationale sur la protection des victimes de violences ethniques et religieuses au Moyen-Orient, organisée conjointement par les gouvernements français et jordanien à Paris, le 8 septembre 2015, et à laquelle participera également la Directrice générale de l’UNESCO.

Cette conférence a été l’occasion d’aborder la question du nettoyage culturel systématique qui touche les sociétés en Syrie et en Iraq, à travers la destruction du patrimoine et le trafic illicite, ainsi que les persécutions des communautés sur des fondements ethniques et religieux perpétrées par des extrémistes violents, dans le cadre d’une crise humanitaire croissante qui implique des millions de réfugiés et de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays (PDIP).

Le Vice-Secrétaire général et la Directrice générale ont examiné les mesures pour lutter contre la montée de l’extrémisme violent, notamment avec les jeunes, afin de renforcer les bases du « vivre ensemble » dans toutes les sociétés, grâce à l’éducation à la citoyenneté mondiale et au renforcement des connaissances sur les différentes cultures et histoires. Ils se sont également penchés sur les mesures prises pour mettre en œuvre la résolution 2199 du Conseil de sécurité de l'ONU avec l’appui de l’UNESCO et de ses partenaires. 

« Tout cela montre que la crise humanitaire ne peut être dissociée du nettoyage culturel », a déclaré Irina Bokova. « Ces mesures font partie du même impératif stratégique et doivent être au cœur de toutes les initiatives en faveur de la construction de la paix. Le patrimoine et la diversité culturels de cette région doivent être protégés pour la paix future, comme une partie de l’identité de l’humanité toute entière. »

La Directrice générale a souligné les efforts déployés par l’UNESCO et ses États membres pour renforcer la sensibilisation et l’action, notamment par le biais de la campagne #UnisPourLePatrimoine sur les réseaux sociaux, ainsi que l’importance de la mobilisation de l’Assemblée générale des Nations Unies reflétée dans la résolution approuvée en mai sur la « Sauvegarde du patrimoine culturel de l’Iraq », présentée par l’Allemagne et l’Iraq, avec le ferme soutien du Vice-Secrétaire général.

« Je suis venu aujourd’hui pour exprimer ma solidarité et mon soutien envers les actions de l’UNESCO, et dire que j’appuie pleinement tous les efforts déployés par l’Organisation », a déclaré le Vice-Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Jan Eliasson. « La destruction du patrimoine commun de l’humanité est un crime contre l’humanité toute entière, et un déni d’identité aux générations futures. Je lance aujourd’hui un appel pressant pour la préservation de ce patrimoine culturel au nom de notre identité commune. »

Dans ce contexte, Jan Eliasson a salué et s’est félicité de l’initiative des Ministres des affaires étrangères Laurent Fabius (France) et Nasser Judeh (Jordanie), pour l’organisation de la Conférence internationale sur la protection des victimes de violences ethniques et religieuses au Moyen-Orient, le 8 septembre.

Soulignant l’impact des crises en Syrie et en Iraq dans la région, mais aussi en Europe et dans le reste du monde, M. Eliasson a insisté sur la nécessité de mettre en œuvre une stratégie politique rassemblant l'ensemble des actions pertinentes. À cet égard, il a rappelé la grande responsabilité qui incombe au Conseil de sécurité des Nations Unies et les attentes croissantes de l’opinion publique mondiale pour prendre des mesures – notamment soutenir les PDIP en Syrie et en Iraq ainsi que les réfugiés présents dans la région et au-delà – et ouvrir la voie à une solution politique, en collaborant avec tous les États de la région.