Le président éthiopien Mulatu Teshome inaugure à Addis Abeba la onzième session du Comité du patrimoine culturel immatériel

28 Novembre 2016

Addis Abeba (Éthiopie) – Le Président de la République fédérale démocratique de l’Éthiopie, Mulatu Teshome, a inauguré dimanche à Addis Abeba la onzième session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, lors d’un gala artistique au cours duquel plus de 300 artistes éthiopiens ont donné à voir la richesse de leur patrimoine immatériel.

« L’Éthiopie est le plus ancien pays indépendant de l’Afrique et le deuxième en superficie », a rappelé le Président. « Plus de 80 nations dotées de traditions culturelles distinctes y vivent en harmonie et y parlent plus de 80 langues », a-t-il ajouté. « Nous sommes membres de l’UNESCO depuis 1955 et depuis le début nous collaborons avec l’Organisation […] Nous considérons le patrimoine comme un héritage de nos ancêtres que nous devons transmettre aux générations à venir. Le gouvernement éthiopien s’est engagé à le préserver et le sauvegarder et l’UNESCO a toujours soutenu cet effort ».

Le Directeur général adjoint de l’UNESCO, Getachew Engida, a pour sa part souligné les « énormes avancées » réalisées depuis l’entrée en vigueur de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, qui « continue de représenter une force pour la paix, la diversité et l’inclusion ». Getachew Engida a rappelé que l’UNESCO a formé des professionnels travaillant dans des institutions chargées de préserver le patrimoine immatériel dans plus de 70 pays. A l’avenir, a-t-il ajouté, l’accent sera mis sur l’appui aux politiques publiques, de façon à « faire en sorte que le patrimoine culturel immatériel bénéficie d’une attention suffisante dans les plans nationaux de développement ».

La ministre de la culture et du tourisme de l’Éthiopie, Hirut Weldemariam, a décrit son pays comme « une terre de biodiversité et une mosaïque de groupes ethnolinguistiques où plusieurs religions cohabitent en paix ». La ministre a remercié les membres du Comité d’avoir choisi l’Éthiopie pour tenir sa réunion, car « cela contribuera à améliorer la visibilité de la Convention au niveau national ».

De son côté, le président du Conseil exécutif de l’UNESCO, Michael Worbs, a rappelé que ce Comité se réunit en Afrique pour la quatrième fois depuis sa création, en 2006, ce qui prouve « l’importance centrale que le patrimoine culturel immatériel revêt pour l’Afrique dans son ensemble » ainsi que la place prioritaire qu’occupe l’Afrique dans les actions de l’UNESCO.

Le Comité, présidé par Yonas Desta Tsegaye, Directeur général de l’Autorité éthiopienne pour la recherche et la conservation du patrimoine culturel, formé par les représentantes de 24 États parties à la Convention, siègera jusqu’au 2 décembre. À l’ordre du jour figure l’examen de cinq demandes d’inscription sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente ainsi que 37 demandes d’inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Le Comité abordera également la question du patrimoine culturel immatériel dans les situations d’urgence, qu’elles soient liées à des conflits ou des catastrophes naturelles. Le Comité se penchera notamment sur les mesures à prendre pour sauvegarder le patrimoine immatériel dans de telles situations et sur le rôle que peut jouer ce patrimoine pour restaurer la cohésion sociale et encourager la réconciliation. Dix ans après l’entrée en vigueur de la Convention, le Comité étudiera aussi la création d’un mécanisme pour mesurer son impact et les progrès accomplis.

La Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente recense les éléments du patrimoine vivant particulièrement fragiles ou en péril dont la sauvegarde est considérée une question d’urgence. Elle compte à ce jour 43 éléments inscrits et permet aux États parties à la Convention de mobiliser la coopération et l’assistance internationales nécessaires pour assurer la transmission de ces pratiques culturelles en accord avec les communautés concernées. Les éléments proposés cette année sont :

  • Botswana : Le rituel du Moropa wa Bojale ba Bakgatla ba Kgafela et les pratiques qui lui sont associées
  • Cambodge : Le chapei Dang Veng
  • Ouganda : La danse et musique de lyre arquée ma’di
  • Portugal : Le processus de fabrication de la poterie noire de Bisalhães
  • Ukraine : Les chants cosaques de la région de Dnipropetrovsk

La Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité compte à ce jour 336 éléments inscrits. Elle vise à assurer une plus grande visibilité aux traditions et aux savoir-faire portés par les communautés sans pour autant leur reconnaître de critère d’excellence ou d’exclusivité.

Les candidatures 2016 à la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité sont :

  • Afghanistan, Azerbaïdjan, Inde, Iran (République islamique d’), Iraq, Kazakhstan, Kirghizistan, Pakistan, Tadjikistan, Turquie, Turkménistan, Ouzbékistan : Nawrouz, Novruz, Nowrouz, Nowrouz, Nawrouz, Nauryz, Nooruz, Nowruz, Navruz, Nevruz, Nowruz, Navruz [Fêtes traditionnelles du Nouvel An et du début du printemps]
  • Allemagne : L’idée et la pratique d’intérêts communs organisés en coopératives  
  • Arabie saoudite : L’Almezmar, danse du bâton au son des tambours        
  • Azerbaïdjan, Iran (République islamique d’), Kazakhstan, Kirghizistan, Turquie : La culture de la fabrication et du partage de pain plat Lavash, Katyrma, Jupka, Yufka
  • Bangladesh : La Mangal Shobhajatra du Pahela Baishakh 
  • Bélarus : La célébration en l’honneur de l’icône de Notre-Dame de Budslau (Fête de Budslau)
  • Belgique : La culture de la bière en Belgique
  • République populaire démocratique de Corée : Le Ssirum, lutte dans la République populaire démocratique de Corée                    
  • Chine : Les vingt-quatre périodes solaires, la connaissance en Chine du temps et les pratiques développées à travers l’observation du mouvement annuel du soleil         
  • Cuba : La rumba à Cuba, mélange festif de musiques et de danses et toutes les pratiques associées       
  • Égypte : Le tahteeb, jeu du bâton    
  • Émirats arabes unis, Autriche, Belgique, Tchéquie, France, Allemagne, Hongrie, Italie, Kazakhstan, République de Corée, Mongolie, Maroc, Pakistan, Portugal, Qatar, Arabie saoudite, Espagne, République arabe syrienne : La fauconnerie, un patrimoine humain vivant
  • Espagne : La fête des Fallas valenciennes   
  • Éthiopie : Le Gada, système socio-politique démocratique autochtone des Oromo
  • France : Le carnaval de Granville     
  • Géorgie : La culture vivante des trois systèmes d’écriture de l’alphabet géorgien 
  • Grèce : La Momoeria, fêtes du Nouvel An dans huit villages de la région de Kozani, en Macédoine occidentale (Grèce)   
  • Inde : Le yoga           
  • Iraq : La fête de Khidr Elias et l’expression des vœux       
  • Japon : Yama, Hoko, Yatai, festivals de chars au Japon      
  • Kazakhstan : Le koures au Kazakhstan       
  • Maurice : Le geet gawai, chants populaires en bhojpuri à Maurice 
  • Mexique : La Charrería, tradition équestre au Mexique      
  • Nigéria : Le Festival international de la culture et de la pêche d’Argungu
  • Ouzbékistan : La tradition et la culture du palov    
  • République de Corée : La culture des haenyeo (plongeuses) de l’île de Jeju         
  • République dominicaine : La musique et la danse du merengue en République dominicaine
  • Roumanie : Le pèlerinage de la Pentecôte à Şumuleu Ciuc (Csíksomlyó)  
  • Roumanie, République de Moldova : L’artisanat traditionnel du tapis mural en Roumanie et en République de Moldova   
  • Slovaquie, Tchéquie : Le théâtre de marionnettes en Slovaquie et en Tchéquie    
  • Slovénie : La représentation de la Passion à Škofja Loka   
  • Sri Lanka : L’art traditionnel des marionnettes à fils au Sri Lanka 
  • Suisse : Fête des Vignerons de Vevey         
  • Tadjikistan : L’Oshi Palav, plat traditionnel et ses contextes sociaux et culturels au Tadjikistan 
  • Turquie : L’artisanat traditionnel du çini     
  • Venezuela (République bolivarienne du) : Le carnaval d’El Callao, représentation festive d’une mémoire et d’une identité culturelle
  • Viet Nam : Les pratiques liées à la croyance viêt en les déesses-mères des Trois mondes 

Par ailleurs, le Comité examinera sept programmes proposés pour intégrer le Registre des meilleurs pratiques de sauvegarde. À travers ce registre, dont font déjà partie 12 éléments, le Comité met en avant les programmes, projets et activités qui reflètent le mieux les principes et objectifs de la Convention. Les propositions présentées cette année sont :

  • Argentine : Les randas, modèle de sauvegarde d’un art textile à El Cercado
  • Autriche : Les centres régionaux de l’artisanat, stratégie pour sauvegarder le patrimoine culturel de l’artisanat traditionnel
  • Bulgarie : Le festival de folklore à Koprivshtitsa, ensemble de pratiques pour présenter et transmettre le patrimoine
  • Croatie : L’écomusée de la Batana, projet communautaire de sauvegarde de la culture vivante de Rovinj/Rovign
  • Fidji :  La cartographie culturelle, méthodologie pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel iTaukei
  • Hongrie : Le concept Kodály, sauvegarde du patrimoine musical traditionnel
  • Norvège : Le bateau Oselvar, adaptation du processus d’enseignement traditionnel de sa construction et de son utilisation dans un contexte moderne

La Convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, adoptée en 2003, compte à ce jour 171 Etats parties. Son Comité intergouvernemental se réunit une fois par an pour mettre en œuvre la Convention et examiner les demandes d’inscription sur les différentes listes.

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La réunion du Comité a lieu au Centre de conférences de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique à Addis-Abeba (Salle I).

Kit média avec des faits et chiffres, questions fréquentes, descriptifs des dossiers de candidature et des contacts pour des interviews.

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La réunion est retransmise par webcast

Plus d’informations.

Contact : Lucía Iglesias Kuntz l.iglesias@unesco.org. Tél : + 251 961259974 ; +33 (0) 6 80 24 07 29

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