Priorité à la science : Entreprises et Climat

Priorité à la science – comment et pourquoi les entreprises ajustent-elles leurs objectifs de réduction des gaz à effet de serre à la science, et accélèrent-elles leurs progrès vers une économie à faible émission de carbone ? Ces questions ont fait l’objet de discussion au Sommet Entreprises et Climat, qui s’est tenu au Siège de l’UNESCO le 20 mai dans le cadre d’une série d’événements organisés en amont de la COP21.

Organisé par des réseaux d’entreprises de première ligne et le Pacte mondial des Nations Unies, l’événement a réuni des représentants du monde des affaires et de la finance, ainsi que des chefs de gouvernements, dont :

  • François Hollande, Président de la France
  • Tony de Brum, Ministre des Affaires étrangères,  République des îles Marshall
  • Manuel Pulgar-Vidal, Ministre de l’Environnement, Pérou
  • Christina Figueres, Secrétaire exécutive, CCNUCC
  • Angel Gurria, Secrétaire général, OCDE.

Dans son discours, le Président Hollande a expliqué pourquoi le monde des entreprises avait son rôle à jouer dans le succès d’un accord mondial sur le climat. « Parvenir à un accord, c’est parvenir à une révolution – dans les modes de production, dans les modes de transport, dans les modes de consommation, dans les modes de développement. C’est pourquoi les entreprises sont essentielles. Ce sont elles qui vont traduire, à travers des engagements qui seront pris, les mutations qui seront nécessaires : efficacité énergétique, stockage d’énergie, organisation des villes, participation à la transition et à l’adaptation des pays en développement. Si nous allions nos intelligences avec nos devoirs, si nous faisons apparaître de nouvelles technologies, alors nous pouvons construire ensemble un nouveau monde. »

Le secteur privé jouera un rôle décisif dans la réussite d’un accord mondial pour le climat. Les entreprises, petites ou grandes, développent des solutions technologiques, organisationnelles et financières pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et limiter le réchauffement climatique à +2°C. Mais elles dépendent des politiques publiques pour les déployer à un rythme et une échelle suffisante. Dialogue et collaboration entre les gouvernements et les entreprises sont donc essentiels afin de définir de nouveaux cadres réglementaires propices à tous les acteurs économiques.

Vladimir Ryabinin, Secrétaire exécutif de la Commission océanographique intergouvernementale, a inauguré la conférence, exhortant la communauté internationale des entreprises à envoyer un « message fort et clair au grand public et aux décideurs pour faire comprendre qu’elle souhaite prendre part en apportant des solutions. » Il a également souligné les nombreuses manières dont l’UNESCO, à travers son mandat multidisciplinaire dans l’éducation, les sciences naturelles et sociales, la culture et la communication, se trouve dans une position unique pour répondre au changement climatique de manière holistique. Pour l’UNESCO, le changement climatique est une question complexe qui a des conséquences pour toutes les sphères de l’existence de notre planète. Il a un impact sur – ou est touché par – les problèmes mondiaux, notamment la pauvreté, le développement économique, la croissance de la population, le développement durable et la gestion des ressources. Les solutions viennent ainsi de tous les domaines et disciplines de la recherche et du développement.

« Notre Conférence mondiale sur l’éducation au développement durable montre clairement une reconnaissance internationale et unanime du rôle de l’éducation dans le développement durable », déclara Vladimir Ryabinine. « Promouvoir la gestion des ressources en eau, soutenir la biodiversité et les réserves de biosphère, faire avancer l’océanographie, renforcer les efforts de réduction des risques, généraliser les énergies renouvelables, promouvoir la politique scientifique et le savoir traditionnel – ce sont les principaux points d’entrée pour une action de l’UNESCO dans le domaine du changement climatique. L’UNESCO accueille la Commission océanographique intergouvernementale, dont le rôle majeur dans le développement de systèmes d’observation de l’océan apporte une valeur inestimable à la recherche sur la climatologie. 631 Réserves de biosphère de l’UNESCO dans 119 pays abritent de riches écosystèmes et fonctionnent en tant que plateformes propices à la vie, proposant une réponse à la question fondamentale – comment concilier la conservation de la biodiversité avec son utilisation durable. Tout ceci interagit dans le cadre du Programme sur l’Homme et la biosphère (MAB), créé il y a 45 ans à l’avant-garde de la réflexion et des mesures internationales en matière de développement durable. En 2013, l’UNESCO a publié le Rapport mondial sur les sciences sociales sur le thème des changements environnementaux globaux, contribuant de ce fait à l’élaboration d’un programme global pour le développement durable du point de vue de la gestion des transformations sociales. »

L’UNESCO et la COI-UNESCO participeront à la COP21 en qualité d’observateurs, en fournissant au besoin un soutien afin d’assurer les bons résultats de la conférence. Au cours de l’année 2015, l’UNESCO et la COI-UNESCO travailleront en étroite collaboration avec les autorités françaises, organisatrices de la COP21, afin de préparer une série d’événements pré-COP21 par lesquels les deux institutions visent à mettre leur expertise au service des États membres, à contribuer à identifier des recommandations prometteuses et à prendre des décisions éclairées. L’UNESCO travaille également en étroite synergie avec le système des Nations Unies dans son ensemble, dont le Secrétariat de la CCNUCC, en soutien à la CCNUCC et à la COP21.