Professeur Niveen M. Khashab : un diagnostic ciblé et des traitements améliorés

focus_fwis2017_niveen_khashab.jpg

Niveen M. Khashab, laureate of 2017 L'Oréal UNESCO For Women in Science awards
© L'Oréal Foundation
07 Avril 2017

Chaque jour, des millions de médicaments sont prescrits pour guérir des maladies. Quand ils sont ingérés, les médicaments se déplacent dans l’organisme entier sans cibler les cellules spécifiques à traiter, générant ainsi beaucoup d’effets secondaires et perdant en efficacité. Les nanoparticules conçues par le professeur Niveen M. Khashab permettent un diagnostic ciblé et des traitements améliorés avec moins d’effets secondaires, car délivrent directement le médicament aux cellules à traiter. Elle a reçu le Prix L’Oréal UNESCO pour les Femmes et la Science 2017 pour l’Afrique et les États arabes en reconnaissance de ses recherches.

Le stress oxydant est responsable de nombreuses pathologies comme par exemple des maladies du cerveau ou certains cancers. La détection précoce de ce phénomène biologique permettrait une meilleure prise en charge des malades. En 2014, le professeur Khashab a publié un article sur une technique novatrice pour détecter le stress oxydant dans les cellules vivantes. Testée in vivo, cette méthode pourrait être à l’origine de nouvelles applications pour une médecine sur mesure.

Une autre découverte importante du professeur Khashab montre la conception et la synthèse d’un nouveau type de particules appelées « colloidosomes ». Ces particules, dont la perméabilité et l’élasticité peuvent être contrôlées avec précision, peuvent livrer des médicaments à la demande lors de l’irradiation par la lumière et fournir un système révolutionnaire pour livrer des composants importants tels que des protéines et du matériel génétique, difficiles à délivrer de manière précise aujourd’hui.

Le professeur Khashab est consciente de l’importance de ses recherches pour l’avenir de la société, mais elle s’inquiète également de l’impact négatif qu’elles pourraient avoir sur l’environnement. « Bien que les nanotechnologies soient très utiles, nous devons considérer les effets potentiellement nocifs des nanoparticules employées dans les thérapies médicales », dit elle. Pour répondre à cette préoccupation, elle a récemment développé une nouvelle génération de nanoparticules qui se dégradent naturellement lorsqu’elles sont exposées à la lumière.

Pour le professeur Khashab, qui est mère de trois enfants, l’autre enjeu essentiel de son travail réside dans l’impact qu’elle peut avoir sur les jeunes générations : « Les découvertes scientifiques ne sont pas qu’une affaire de connaissance personnelle, elles résultent aussi d’une passation de savoir. Dans ce domaine, les femmes jouent un rôle prépondérant», estime la scientifique dont le parcours, déjà long, préfigure une future égérie des sciences au Moyen-Orient. A seulement 35 ans, elle compte plus de 90 publications et a déjà encadré treize étudiants, dont huit actuellement (cinq femmes et trois hommes). En 2010, elle a quitté les Etats-Unis où elle était promise à une brillante carrière, pour participer à l’émergence d’une nouvelle communauté scientifique au Moyen-Orient au sein de l’Université des Sciences et Technologies du Roi Abdullah (KAUST), en Arabie Saoudite. Aujourd’hui, la qualité et la profusion de ses recherches en font une source d’inspiration considérable pour les nouvelles générations au Moyen-Orient.

Les Prix L’Oréal-UNESCO pour les Femmes et la Science 2017

Pour cette édition 2017, le Prix L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science a célébré 5 femmes scientifiques éminentes pour leur excellence, leur créativité et leur intelligence. Les prix récompensent chaque année cinq femmes issues des cinq régions du monde (Afrique et États Arabes, Asie-Pacifique, Europe, Amérique Latine, Amérique du Nord) pour leur contribution aux progrès de la science. Depuis 19 ans, ont été soutenues plus de 2 700 jeunes femmes scientifiques issues de 115 pays et 97 Lauréates, chercheuses confirmées, incluant les professeurs Elizabeth H. Blackburn et Ada Yonath, qui ont par la suite reçu le Prix Nobel.