Les professionnels du patrimoine culturel gabonais à l’école de la lutte contre le trafic illicite des biens culturels et de la gestion des musées

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Le Spécialiste Culture de l’UNESCO Libreville animant une session
© UNESCO
22 Novembre 2016

Le musée national des arts et tradition du Gabon a accueilli les 17 et 18 novembre 2016, un atelier de formation sur le trafic illicite des biens culturels, la gestion des musées et la protection des biens culturels en cas de conflits armés. Cette formation, co - organisée par le Ministère en charge de la culture et le Bureau UNESCO au Gabon, a bénéficié à une vingtaine de participants issus des services dudit ministère, des forces de police et des associations et ONG œuvrant dans le domaine du patrimoine culturel.

L’Afrique et particulièrement le Gabon demeure vulnérable face au trafic illicite des biens culturels. L’impact de ce commerce illicite non seulement sur la préservation du patrimoine culturel mais aussi sur la qualité des collections des musées demeure une préoccupation majeure et les administrations concernées ne sont pas toujours bien outillées pour y faire face. Cet atelier de formation est une contribution de l’UNESCO pour renforcer les capacités des administrations et acteurs de la société civile dans la lutte contre le trafic illicite des biens culturels.

En effet, malgré la ratification, par le Gabon, des conventions culturelles de l’UNESCO de 1954 (« protection des biens culturels en cas de conflit armé ») et 1970 (« les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels »), le patrimoine culturel gabonais continue d’être menacé notamment par le trafic d’objets sacrés et rituels, réduisant de ce fait, la qualité des collections publiques ou privées. 

L’atelier de formation a été, pendant 2 jours, l’occasion pour les participants de s’outiller non seulement sur les Conventions de 1954, 1970 et UNIDROIT mais aussi sur les outils nécessaires à une meilleure gestion des musées. La sensibilisation des participants aux notions de trafic illicite de biens culturels et sur les liens entre trafic des biens et musées étaient aussi au cœur des discussions.

Dans son discours circonstanciel, Monsieur Vincenzo Fazzino, Représentant de l’UNESCO au Gabon, a dit au nom de l’organisation, être très attentif aux suites qui seront données à cet atelier pour accompagner le Gabon dans la protection de son patrimoine culturel et l’amélioration de sa gestion de musée. Il a offert 92 ouvrages dont les thématiques portent notamment sur les politiques culturelles, la lutte contre le trafic illicite de biens culturels, la gestion des musées, la sécurité dans les musées ou encore la documentation des collections et la manipulation des collections dans les réserves.

Pour Monsieur Olivier Koumba Mboumba, Ministre Délégué auprès du Ministre d’Etat, Ministre de l’Economie numérique, de la Communication chargé de la Culture et des Arts, la tenue de cet atelier témoigne de la volonté de l’Etat gabonais à vouloir lutter contre le trafic illicite des biens culturels, protéger son patrimoine culturel et améliorer la gestion de son musée national. « C’est parce qu’elles (les autorités gabonaises) sont convaincues, aujourd’hui plus que hier, que notre patrimoine culturel est le reflet de notre histoire et de notre identité » a t – il dit.


Les officiels lors de la visite guidée
© UNESCO

Après la traditionnelle cérémonie protocolaire, les officiels ont eu droit à une visite guidée du Musée national des arts et traditions du Gabon. Puis, les professionnels de la culture se sont plongés dans une série de 10 sessions de travail théorique et pratique, réparties entre les 2 jours de formation. Formations animées par le spécialiste Culture du Bureau UNESCO Libreville et d’autres experts locaux.

Cet atelier bénéficie du soutien de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et de l’Association gabonaise « Les amis du patrimoine ».