Promouvoir la liberté d’expression dans le processus constitutionnel en Libye

Dans le cadre des efforts de l’UNESCO pour promouvoir et soutenir la liberté d’expression et d’opinion en Libye, un atelier destiné à explorer les questions des droits de l’homme dans le secteur des médias était organisé à Tunis du 4 au 6 juin 2015. Vingt-cinq journalistes libyens et quatre membres de l’assemblée chargée de rédiger la Constitution (CDA) ont pris part à cette formation, mise en place en collaboration avec l’ONG « Journalists for Human Rights » et soutenue par le gouvernement du Canada.

Au cours des discussions qui ont animé ces trois journées, les journalistes comme les membres de l’assemblée constituante sont tombés d’accord pour dire que la liberté d’expression et d’opinion, ainsi que l’accès à l’information sont des droits de l’homme fondamentaux qui doivent être inscrits dans la Constitution et protégés par les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire du pays.

Salma Alsha’ab, journaliste, a déclaré : « Nous sommes déterminés à travailler en étroite collaboration avec l’assemblée constituante pour faire en sorte que les droits de l’homme fondamentaux soient respectés et inscrits dans la Constitution. Nous ne devons pas nous contenter de nous reposer sur la communauté internationale, le changement doit venir de nous-même. » Reconnaissant le rôle déterminant que les médias jouent dans le processus démocratique, le docteur Albadri Shareef, président de la commission pour les droits et les libertés, a souligné que « des médias libres et indépendants jouent un rôle important en mettant en lumière et en défendant les droits de l’homme, parce que lorsque ces derniers sont protégés, les gouvernements doivent rendre des comptes, ce qui ouvre la voie à une vie meilleure pour les populations. »

Dans son discours de clôture, Michael Croft, représentant de l’UNESCO en Libye, a remarqué que « les participants ont désormais une intelligence pratique de la manière dont ils peuvent intégrer les concepts des droits de l’homme à leurs reportages, ce qui est extrêmement important étant donné les obstacles considérables auxquels ils font face dans leurs tentatives de mettre à jour la vérité. D’autre part, les professionnels des médias et les membres de l’assemblée constituante ont désormais une meilleure compréhension mutuelle, et un respect réciproque est essentiel pour faire avancer le travail sur la constitution. »

L’atelier s’est conclu sur une déclaration commune dans laquelle les journalistes présents ont annoncé leur intention de recueillir des signatures pour demander la création d’un Conseil suprême des médias inscrit dans la Constitution. Ils ont aussi présenté aux membres de l’assemblée constituante une liste de recommandations concernant les chapitres de la Constitution consacrés aux droits et aux libertés.

Cette action est organisée par le Bureau des projets de l’UNESCO à Tripoli en partenariat avec l’ambassade du Canada en Libye, et la contribution de l’Organisation a été rendue possible par le soutien généreux du gouvernement finlandais. Elle s’inscrit dans le cadre des efforts de l’Organisation pour renforcer les capacités des médias libyens à contribuer à la réconciliation et à promouvoir un journalisme sensible aux conflits.

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