Promouvoir le pluralisme des médias et la diversité des expressions culturelles : l’UNESCO forme des journalistes sénégalais sur la Convention de 2005

La Convention de 2005 sur la Protection et la Promotion de la diversité des Expressions Culturelles attribue une place importante au rôle des médias. Que ce soit en soulignant leur importance en tant que défenseurs de la Convention, ou en donnant un rôle central à la liberté d’expression, la diversité des médias et leur développement dans l’élaboration des Rapports quadriennaux de la Convention, les professionnels des médias demeurent des parties prenantes essentiels pour assurer un suivi participatif et rapporter la mise en œuvre de cet instrument international.

Dans le cadre des activités de renforcement de capacité en cours, financées par le Gouvernement Suédois pour l’élaboration du rapport périodique de la Convention de 2005, le Bureau Régional de l’UNESCO à Dakar a organisé une session de formation qui s’est tenue le 4 Mars avec la participation de 20 journalistes culturels des médias en ligne, de la presse écrite, de la radio et de l’audiovisuel de différentes régions du Sénégal afin de souligner davantage les synergies entre les initiatives de renforcement des capacités sur la Convention, le processus actuel du Sénégal pour élaborer son rapport quadriennal , et les professionnels des médias.

Ecrire sur la Convention

Tout en mettant en exergue le paysage médiatique profitable du Sénégal, le plaidoyer durant la formation a été entrepris de manière à pouvoir discuter pourquoi la couverture médiatique de la Convention est pertinente pour les médias, et les acteurs culturels au sens large, avec un accent mis sur les ressources disponibles dont les statistiques récentes de l’UNESCO qui montrent l’importance du rôle de la Culture dans le développement de la Région du Sahel. Les journalistes ont échangé sur les différents avantages d’assurer une couverture médiatique de la Convention, notamment en encourageant le Gouvernement à respecter ses engagements dans le cadre de cette dernière, en sensibilisant le public sur les avantages de la Convention, en assurant l’accès à l’information et aux marchés internationaux pour les artistes sénégalais, et en appuyant davantage les élaborations en cours pour l’établissement du « statut » de l’artiste au Sénégal et la législation existante concernant l’exonération de taxe pour le biens culturels.

Afin d’assurer une meilleure compréhension de la Convention, une introduction sur la Convention a été fournie aux participants à savoir les journalistes et les Représentants des Centre Culturels Régionaux du Sénégal. Tout en mettant l’accent sur le fait qu’un des obstacles majeur à l’exercice de rapport de la Convention reste l’incompréhension de ce que cet instrument comprend comme clauses, les journalistes ont été formés sur différents aspects de la création, la production, la dissémination et la consommation de la culture inclues dans la Convention, ainsi que les cadre légaux relatifs à la chaine de valeur culturelle. En partenariat avec le Ministère de la Culture et de la Communication du Sénégal, et basée sur des exemples de bonnes pratiques de Rapport sur la Convention de 2005, l’UNESCO a facilité la contextualisation de la chaine de valeur culturelle à l’environnement national en insistant sur les initiatives existantes qui peuvent être repérées dans le cadre de la Convention, incluant le secteur public et privé, le gouvernement ainsi que les initiatives à niveau local, interrégional et international.

Dans la seconde partie de la formation, l’UNESCO a introduit les Indicateurs de développement des médias qui donnent une image ambitieuse de l’écologie des médias à construire dans le but d’assurer la liberté de la presse, le pluralisme et l’indépendance. Les IDM sont un important instrument de diagnostic pour évaluer le paysage médiatique national, déterminer les domaines dans lesquels des interventions sont le plus souhaitées, et aider à définir des stratégies de communication pour le développement dans un contexte de développement national. En ce sens, ils assistent les Etat tout comme les acteurs non étatiques travaillant dans le domaine de développement des médias afin de cibler leurs interventions et guider la formulation de politiques liées aux médias. Les IMD sont parfaitement compréhensibles couvrant tous les aspects des médias incluant les cadres légaux et régulateurs qui fédèrent les médias, la diversité médiatique, le pluralisme et les capacités professionnelles et techniques.

Suite à cette introduction, l’UNESCO a souligné le rôle important que jouent le secteur des médias et ses professionnels dans le processus d’élaboration du rapport périodique de la Convention au Sénégal. Mettant l’accent sur les synergies dans l’analyse des données, la consolidation des indicateurs, le plaidoyer dans les domaines de la diversité des média, la liberté d’expression, et la diversité des expressions culturelles, l’UNESCO a réitéré son invitation auprès des professionnels des médias et experts à s’impliquer dans la formation ainsi que la restitution du rapport périodique en cours d’élaboration au Sénégal.

L’UNESCO a mis en avant le rôle central que jouent les Indicateurs de Développement des Médias dans l’élaboration du rapport, elle a aussi souligné la nécessité de partager davantage l’expertise entre les professionnels des médias et le comité national responsable du rapport, dans les questions liées à la diversité des média, la liberté d’expression et la diversité des expressions culturelles. En guise de clôture, l’UNESCO a insisté sur les importantes synergies à encourager au Sénégal, entre assurer que les cadres législatifs et politiques soient favorables à la liberté d’expression, assurer des systèmes de régulation pour la radiodiffusion, le pluralisme médiatique, la diversité et la transparence. L’UNESCO a également souligné le fait que les médias peuvent servir pleinement de plateforme pour un débat démocratique à travers le modèle de radiodiffusion public et la possibilité de former des professionnels des médias.

Pour encourager des synergies, et compte tenu du manque d'informations sur les récentes Conventions, dont la celle de 2005, les journalistes, en discussion avec l’UNESCO, ont souligné le besoin particulier de bénéficier de sessions de renforcement de capacité sur comment communiquer sur le travail de l’UNESCO dans le domaine de la Culture. Un accent particulier a été mis sur le besoin de traduire cet instrument en des termes journalistiques plus accessibles, à travers l’éventuelle conception d’un manuel et d’un programme renseignant sur la manière d’informer sur la diversité des expressions culturelles, tout en mettant le focus sur sa pertinence dans un contexte national.