Recherche sur l’océan : état des lieux mondial lors de la conférence internationale de Barcelone (17-21 novembre)

Acidification, augmentation du niveau de la mer, réchauffement de l’eau, rôle des écosystèmes marins : la connaissance du monde marin a progressé à un rythme sans précédent au cours des quinze dernières années. La Conférence internationale sur la recherche océanique organisée du 17 au 21 novembre à Barcelone (Espagne) sera l’occasion pour la communauté scientifique de dresser un état des lieux de la recherche mondiale et d’établir une feuille de route pour les années à venir. L’objectif est aussi de favoriser la prise en compte du rôle de l’océan dans l’agenda politique international.

Près de 600 scientifiques issus de plus de 70 pays sont attendus à cette conférence organisée conjointement par la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO, la Fundació Navegació Oceànica Barcelona et The Oceanography Society. Parmi les intervenants figurent notamment Jane Lubchenco, de l’Université d’Etat de l’Oregon (Etats-Unis) ; Daniel Pauly, du Centre des pêches de l’Université Colombie Britannique de Vancouver (Canada); Shin-ichi Uye, de l’Université d’Hiroshima (Japon), Patricia Miloslavich de l’Université Simón Bolívar de Caracas (Venezuela) ou encore Coleen Moloney, Directrice de l’Institut de recherche marine du Cap (Afrique du Sud).

            Depuis la première Conférence internationale sur la recherche océanique, qui s’était tenue  au siège de l’UNESCO en juin 2005, la science marine a considérablement progressé, notamment grâce à des programmes scientifiques internationaux – à l’image du Système mondial d’observation des océans ou encore du Système d’information biogéographique sur les océans- qui ont permis de mettre en réseau des scientifiques et de rassembler les données. Ainsi, le Recensement de la vie marine, une étude réalisée par plus de 300 scientifiques et rendue publique en 2010, a-t-elle amélioré notre connaissance de la biodiversité des fonds marins. Les progrès des sciences marines doivent également beaucoup aux avancées de la robotique qui permettent de collecter un nombre croissant de données. 

            De fait, des phénomènes encore peu connus il y a quelques années comme l’hypoxie, qui caractérise des zones aquatiques déficitaires en oxygène au point de devenir des « zones mortes », sont désormais bien documentés. Ces sujets et bien d’autres problématiques cruciales (situation des récifs coralliens, effets de la surpêche, conséquences des changements du climat polaire, gouvernance des océans…) figurent au programme de la Conférence

            Premier fournisseur d’oxygène, l’océan joue un rôle aussi important que les forêts comme « poumon » de la planète. En absorbant près d’un quart des émissions de carbone rejetées dans l’atmosphère par l’activité humaine, il joue également un rôle régulateur déterminant dans le changement climatique. Mais l’augmentation des émissions de CO2 se traduit par une acidification de l’eau de mer qui constitue une menace pour les coraux et les crustacés. 

Pourtant, l’océan a occupé jusqu’ici une place marginale dans les négociations internationales relatives au climat, surtout concentrées sur les émissions terrestres de CO2. L’un des objectifs de cette conférence est aussi de favoriser la prise de conscience, notamment en vue de la Conférence des Parties de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21) qui se tiendra à Paris en 2015.

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Contacts médias :

  • Agnès Bardon, Service de presse de l’UNESCO, +33 (0) 1 45 68 17 64, a.bardon(at)unesco.org
  • Isabel Genis, Fundació Navegació Oceànica Barcelona, tel. portable: (+34) 692714000, igenis(at)fnob.org