Réfugiés et migrants: atouts pour le développement social, culturel et économique

Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, Mariana V. Vardinoyannis, Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO et Benedetto Zacchiroli, Président de la Coalition européenne des villes contre le racisme (ECCAR) ont lancé l’initiative « Villes accueillantes pour les réfugiés : promouvoir l’inclusion et protéger les droits » et ont organisé une table ronde au Siège de l’Organisation à Paris le 9 mai 2016.

L’UNESCO, la Fondation Mariana V. Vardinoyannis et l’ECCAR travaillent de concert pour changer la perception négative portée sur des migrants et des réfugiés, vers les avantages et atouts générés par cette mobilité humaine. Ceci entre autres, est lié aux tendances démographiques actuelles dans plusieurs pays européens et à leur nécessité d’accueillir une force de travail supplémentaire pour soutenir le développement et la croissance.

Pour Marianna V. Vardinoyannis, « faire face à la crise actuelle des réfugiés et des migrants est avant tout une question de dignité humaine. » Pour sa Fondation, ce partenariat est une  prolongation de son programme « We Care » qui fournit,  en coopération avec les municipalités grecques, des services médicaux de base, des vaccins et un soutien psychologique aux enfants des réfugiés.

La situation actuelle des réfugiés en Europe « touche directement la base fondamentale de notre humanité, notre capacité à exprimer l’empathie et à faire preuve de solidarité, » a déclaré Irina Bokova dans son discours d’ouverture.

Une recherche menée par Patrick Taran, président du « Global Migration Policy Associates » et réalisée dans le cadre de ce partenariat, souligne que la situation actuelle des réfugiés en Europe est fondamentalement une crise de perception et de valeurs. Les données des villes membres de l’ECCAR  (Graz, Malmö, Uppsala, Erlangen, Karlsruhe, Metz, Rotterdam, Barcelone, Gand, Bologne, Esch-sur-Alzette), en démontrent l’aspect.

La table ronde a examiné le rôle de la culture dans la promotion de l’inclusion et dans les efforts pour modifier les stéréotypes négatifs sur les réfugiés. Une condition préalable à un tel changement est, non seulement de reconnaître les diversités des identités culturelles mais aussi reconnaître leur nature fluide et en constante évolution. Les espaces publiques comme les musées, les bibliothèques et les expositions sont les endroits idéals pour stimuler les échanges culturels et souligner les convergences entre les nouveaux arrivants et les habitants des communautés d’accueil. De même que l’interaction des individus peut conduire à des frictions, elle peut tout autant déclencher la compréhension et le rapprochement. Les médias ont clairement un rôle essentiel à jour à cet égard. La langue utilisée par les medias devrait contribuer à l’inclusion et l’éradication de ces stéréotypes, et mettre en évidence le côté humain des difficultés des migrants et des réfugiés.

Les panélistes présents dans cette table ronde étaient Sussane Asche, Chef du Département des affaires culturelles, Ville de Karlsruhe (Allemagne), Parvati Nair, Directrice de l’Institut UNU sur la Globalisation, culture et mobilité, et Ralf Gruenert, Représentant de l’UNHCR en France.

Pour conclure, M. Zacchiroli a insisté sur le rôle joué par les villes pour aider ceux qui fuient la guerre et aussi à « ... continuer de rêver, de construire leurs rêves dans une communauté ...», tandis que Marianna Vardinoyannis appelait à « une réponse sans frontières fermées et à ouvrir nos esprits et nos cœurs ».

Des experts et représentants de différentes villes se réuniront à Athènes (Grèce) en novembre 2016 pour travailler à l'élaboration des politiques et recommandations qui contribueront à l'élaboration d'outils de référence pour les autorités locales et les acteurs des villes.