Remise des prix d’alphabétisation par la Directrice générale de l’UNESCO et la Première Ministre du Bangladesh

Le 8 septembre, à Dacca, la Première Ministre du Bangladesh, Mme Sheikh Hasina, et la Directrice générale de l’UNESCO, Mme Irina Bokova, ont remis les prix internationaux d’alphabétisation de l’UNESCO 2014 et donné le coup d’envoi de la Conférence internationale sur l’alphabétisation et l’éducation des filles et des femmes.

Les prix de cette année, remis pour la première fois au Bangladesh, un champion de l’Initiative mondiale pour l’éducation avant tout, mettent l’accent sur les liens étroits qui existent entre l’alphabétisation et le développement durable.

Félicitant la Première Ministre pour les politiques favorables à l’autonomisation des filles et des femmes grâce à l’éducation, la Directrice générale a indiqué qu’il s’agissait d’une « stratégie novatrice pour le développement durable ». Elle a rendu hommage aux cinq lauréats des prix d’alphabétisation Confucius et Roi Sejong 2014, qui ont montré comment faire changer les choses.

« Aujourd’hui, près de 781 millions de personnes sont encore incapables de lire une seule phrase, et les deux tiers sont des femmes. Cette situation ne peut plus durer, car le prix à payer est trop élevé pour les sociétés », a affirmé Mme Bokova. « C’est pourquoi nous devons élaborer un ambitieux agenda pour l’éducation post-2015… L’UNESCO diffuse ce message dans le monde entier, et mène des actions pour veiller à ce que l’alphabétisation soit intégrée aux stratégies nationales de développement et pour promouvoir le développement des compétences, l’objectif étant d’assurer des modes de vie durables et d’œuvrer à l’élimination de la pauvreté. »

Mme Bokova a souligné l’importance de cette conférence, dont les résultats éclaireront les travaux de la Conférence mondiale sur l'éducation au développement durable, qui se tiendra à Nagoya en novembre, et ceux du Forum mondial sur l'éducation, prévu en République de Corée en 2015.

La Première Ministre, Mme Sheikh Hasina, a présenté les mesures prises par son gouvernement pour élaborer un système éducatif solide : gratuité des manuels et des déjeuners, gratuité de la scolarité des filles jusqu’à la dernière année d’enseignement secondaire, aides financières pour les étudiantes issues de familles pauvres, établissement d’un quota de 60 % d’enseignantes dans les écoles primaires, et mise en place d’un fonds d’affectation spéciale pour l’éducation jusqu’à la fin des études universitaires.

« L’éducation, la culture et la paix sont étroitement liées », a indiqué la Première Ministre. « Je suis convaincue qu’une bonne éducation constitue le seul moyen pour une fille d’être indépendante sur les plans économique, social et émotionnel. C’est cette même éducation qui lui donne la force de s’élever contre les actes répréhensibles et la discrimination. C’est pourquoi j’invite les Nations Unies et la communauté internationale à s’engager avec nous sur cette question. Nous souhaitons parvenir à un consensus international autour de l’éducation des filles et des femmes pour que celle-ci devienne l’un des piliers du développement durable ainsi qu’un objectif clé de l’agenda post-2015 ».

Selon le Ministre des affaires étrangères, M. Abul Hassan Mahmood Ali, le Bangladesh a pas mal de réalisations à son actif : « Nous avons largement relevé le défi de l’universalisation de l’enseignement primaire et mis en lumière l’importance de l’éducation des filles comme moyen de se libérer des préjugés. Nous devons maintenant relever notre deuxième défi, à savoir améliorer la qualité de l’éducation grâce à des politiques adéquates et à des financements et des partenariats durables ».

Pour le Ministre de l’éducation, M. Nurul Islam Nahid, offrir une éducation à une population croissante constitue un enjeu prioritaire pour le développement. Il a attiré l’attention sur la réussite du pays concernant la parité entre les sexes dans l’enseignement primaire et secondaire.

La Conférence adoptera l’Appel à l’action de Dacca, qui présente des mesures pour accélérer les progrès et pour « écrire le futur en plaçant l’apprentissage, l’alphabétisation et l’éducation au premier plan ». Les mesures recommandées portent sur le financement durable, l’emploi de technologies adaptées, le renforcement de la collaboration entre les secteurs ou encore l’utilisation de contenus qui répondent spécifiquement aux besoins des filles et des femmes, des minorités et des groupes marginalisés en matière d’apprentissage.

Les prix Confucius et Roi Sejong ont récompensé le projet d’éducation de base pour les jeunes et les adultes (Équateur), le projet d’école d’apprentissage tout au long de la vie pour le développement communautaire (Espagne), l’Association pour la promotion de l’éducation non formelle (Burkina Faso), l’Association algérienne pour l’alphabétisation, et l’initiative sud-africaine Bridges to the Future (ponts vers l’avenir), mise en œuvre avec l’Institut international de l'alphabétisation (États-Unis).

La Directrice générale a rendu spécialement hommage à l’engagement de Mme Sheikh Hasina en faveur de l’éducation des filles et des femmes et lui a offert la sculpture « Tree of Peace » (arbre de la paix), créée par Hedva Ser, artiste de l’UNESCO pour la paix.

« La Première Ministre a démontré qu’aucun obstacle n’était insurmontable pour l’autonomisation des femmes : aucune barrière politique, économique, culturelle ou religieuse ne peut empêcher les femmes de se faire davantage entendre et de revendiquer leurs droits », a affirmé la Directrice générale. « Les programmes ambitieux qu’elle a lancés prouvent que la volonté politique, la législation, les mesures ciblées et le dialogue avec les parents et les dirigeants locaux peuvent vaincre les préjugés et faire naître un cercle vertueux de confiance et de possibilités. »

La cérémonie d’ouverture de la Conférence a réuni le Ministre des affaires étrangères, M. Abul Hassan Mahmood Ali, le Ministre de l’éducation, M. Nurul Islam Nahid, et le Ministre de l’enseignement primaire et de l’éducation de masse, M. Mostafizur Rahman, ainsi que les Ministres de l’éducation du Bhoutan et de Sri Lanka, les vice-Ministres de l’éducation de l’Afghanistan et du Burkina Faso, des représentants d’organismes des Nations Unies et d’organisations de la société civile, des donateurs bilatéraux, et de jeunes étudiants enthousiastes qui ont occupé un balcon entier.