Renforcement de l’éducation des jeunes à la sexualité au Soudan du Sud

Les organisations confessionnelles fournissent non seulement des conseils spirituels à leurs adeptes, mais elles jouent aussi le rôle de guides essentiels au sein de leurs communautés, en contribuant à façonner les attitudes et les comportements. Au Soudan du Sud, l’Église a déployé des efforts constants afin d’offrir l’accès à un large éventail de services sociaux, notamment en matière de santé et d’éducation. Elle fournit également des traitements anti-VIH ainsi qu’un soutien aux personnes vivant avec le VIH dans le pays.

Des représentants de l’UNESCO et du clergé du Soudan du Sud ainsi que des missionnaires venus des dix états du pays se sont réunis lors d’un atelier à Juba en début d’année, afin de mettre l’accent sur la santé et la sexualité des jeunes de leur nation.

Organisé par les missionnaires Comboni du Soudan du Sud, l’atelier s’est penché sur l’initiative “Young People Today”, à travers laquelle les ministres de l’éducation et de la santé d’Afrique orientale et australe se sont engagés à mettre les droits, l’information et les services en matière de santé sexuelle et reproductive des jeunes au premier plan de leurs agendas nationaux.

Devant une trentaine de participants, l’administratrice nationale de l’UNESCO, Castarina Lado, a évoqué le rôle important que jouent les chefs religieux dans le cadre de cette initiative.

« L’engagement des ministres des pays d’Afrique orientale et australe sera essentiel pour réduire la prévalence du VIH et des MST, les violences fondées sur le genre et les grossesses non désirées chez les jeunes durant les cinq prochaines années ; les membres du clergé ont un rôle important à jouer en tant que protecteurs », a indiqué Castarina Lado. « Il existe de nombreux moyens de se rapprocher des communautés, des parents et des jeunes, là où les autres institutions sont impuissantes ».

Au Soudan du Sud, les connaissances globales des jeunes concernant la prévention du VIH sont toujours extrêmement faibles. On estime à près de 150 000 le nombre de personnes vivant avec le VIH (ONUSIDA) dans le pays, parmi lesquelles 18 000 environ sont âgées de moins de 14 ans. Le taux net de scolarisation à l’école primaire représente moins de la moitié des jeunes, et s’élève à environ 40 %, tandis que les taux d’abandon vont de 16 à 30 %. Moins de 2 % des jeunes sont inscrits dans le secondaire. Cela témoigne de la nécessité d’employer des méthodes alternatives, par le biais de l’Église par exemple, afin de s’assurer que les informations sur la santé sexuelle et la sexualité sont disponibles et accessibles. Les concepts tels que la famille, les parents, les relations et la sexualité sont les thèmes qui ont été abordés.

Certains participants directeurs d’école ont fait part de leur volonté de former leurs enseignants à l’éducation complète à la sexualité, afin d’améliorer la sensibilisation et de fournir aux jeunes des informations appropriées.

« C’est un sujet très important », a déclaré un participant, Fr. Phillip. « Nous devons faire plus pour informer les jeunes sur ces questions. »

À l’échelle mondiale, l’UNESCO est chargée d’aider le secteur de l’éducation à répondre au VIH et au SIDA. Au Soudan du Sud, l’Organisation renforce la réponse du secteur de l’éducation en intégrant l’éducation complète à la sexualité (ECS) dans les programmes scolaires. Afin de concrétiser

l’engagement des ministres d’Afrique orientale et australe, l’UNESCO formera les partenaires, tels que les diocèses, afin de déployer l’ECS en ciblant les élèves, les enseignants, ainsi que les parents et les tuteurs.

Pour en savoir plus sur cette initiative appuyée par l’UNESCO en Afrique orientale et australe, consultez le site www.youngpeopletoday.net.