La réunion intergouvernementale approuve un nouvel instrument normatif élaboré par l’UNESCO pour sauvegarder le patrimoine documentaire mondial

Plus de 115 experts venus de quelque 46 États membres se sont retrouvés pour une réunion intergouvernementale de deux jours du Comité spécial les 1er et 2 juillet 2015 au siège de l’UNESCO à Paris, afin de discuter et de finaliser un projet de recommandation de l’UNESCO concernant la sauvegarde et l’accès au patrimoine documentaire, y compris sous une forme numérique. La réunion a marqué une étape décisive vers l’élaboration d’un nouvel instrument international permettant de fixer des normes concernant le patrimoine documentaire, en prenant en considération les divers défis posés par sa préservation et son accès dans les États membres.

Poussée par sa responsabilité de sensibiliser à la nécessité de préserver le patrimoine documentaire mondial, l’UNESCO a reconnu qu’une action urgente était requise afin de faire en sorte que la mémoire collective du monde soit protégée et préservée pour les futures générations. Lors de sa 191e session, le Conseil exécutif de l’UNESCO a recommandé à la 37e session de la Conférence générale de décider que la question de la préservation et de l’accès au patrimoine documentaire doive être réglementée au niveau international au moyen d’un instrument normatif.

Dans ses remarques introductives prononcées à l’ouverture de la réunion intergouvernementale du Comité spécial, le représentant de la directrice générale, M. Getachew Engida, directeur général adjoint de l’UNESCO, a affirmé : « La mémoire collective des peuples du monde est d’une importance vitale pour préserver la diversité culturelle et linguistique, tisser des liens entre le passé et le présent et façonner l’avenir. Mais l’ampleur considérable de l’effort nécessaire afin de sauvegarder ce qui constitue une Mémoire du monde irremplaçable exige un engagement de la part de tous les acteurs responsables de la protection et de la transmission du patrimoine documentaire mondial. » En outre, il a souligné qu’ : « Ensemble, nous avons aujourd’hui une occasion unique d’affronter ces questions difficiles et de rechercher des solutions durables ».

Cette recommandation, qui sera soumise à la Conférence générale pour adoption plus tard dans l’année deviendra ainsi la pierre angulaire des politiques publiques et internationales de sauvegarde du patrimoine documentaire pour les décennies à venir. Son objet principal est de promouvoir la mise en place de principes et de normes pour une réglementation au niveau national et international de la sélection, préservation, accessibilité et questions politiques spécifiques qui ne sont pas déjà couvertes par les instruments normatifs existant.

Le nouvel instrument permettant de fixer des normes devrait être un outil essentiel d’harmonisation des pratiques dans ce domaine particulier et servira également à renforcer la coopération internationale pour faciliter l’accès au patrimoine documentaire et à l’échange de techniques de préservation de pointe.  Enfin, il devrait contribuer aussi à sensibiliser le public à l’importance du patrimoine documentaire et répondre aux exigences des États membres en définissant des normes et des principes directeurs pour tous les responsables de la sauvegarde et de l’accès à cette précieuse mémoire de l’humanité.

L’UNESCO a lancé le Programme Mémoire du monde en 1992 afin de se prémunir contre l’amnésie collective, en appelant à la sauvegarde des fonds d’archives et des collections de bibliothèques à travers le monde pour en garantir une large diffusion. La vision du Programme est que le patrimoine documentaire mondial appartient à tous, devrait être pleinement préservé et protégé pour tous et, tout en reconnaissant dûment les spécificités culturelles ainsi que les aspects pratiques, devrait être accessible de façon permanente à tous sans obstacle. Le Programme vise ainsi à protéger le patrimoine documentaire et à aider les réseaux d’experts à échanger des informations et à lever des fonds pour la sauvegarde et l’accès aux collections de documents et d’archives de valeur.