La sécurité des journalistes et l’impunité tiennent une grande place dans la nouvelle résolution votée par le Conseil des droits de l’homme

Le Conseil des droits de l'homme a adopté une nouvelle résolution sur la sécurité des journalistes lors de sa 27e réunion le 25 septembre à Genève. Cette résolution, soumise par l’Autriche, le Brésil, la France, la Grèce, le Maroc, le Qatar et la Tunisie, a été coparrainée par 90 autres pays.

La délégation autrichienne, principal commanditaire du projet de résolution, a dénoncé le fait que la majorité des cas d’attaques et de violences contre les journalistes restaient impunis, dans la mesure où les auteurs de ces crimes jouissent d’une totale impunité. La vulnérabilité des journalistes, qui deviennent les cibles d’une surveillance illégale et arbitraire, d’une interception de leurs communications, violant ainsi leurs droits à la confidentialité et leur liberté d’expression a également soulignée.

Cette résolution appelle les États à développer et appliquer des stratégies pour combattre l’impunité des attaques et des violences contre les journalistes. Ces stratégies permettront la mise en place de services d’enquête ou des commissions indépendantes, l’affectation d’un procureur spécial, la formation des procureurs et du personnel judiciaire et l’élaboration de dispositifs de collecte de données et d’un mécanisme de réaction rapide. Elle reconnaît également l’importance de la question de la sécurité des journalistes à travers le processus d’examen périodique universel.

Cette résolution rappelle également le rôle de l’UNESCO pour assurer la sécurité des journalistes et appelle les États membres et toutes les parties prenantes concernées à coopérer pour mettre en place le Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité, soutenu par l’UNESCO.

Guy Berger, Directeur de la section de l’UNESCO pour la liberté d’expression et le développement des médias, s’est exprimé lors d’un événement parallèle à la 27e réunion du Conseil des droits de l’homme qui s’est déroulée quelques jours plus tôt. À l’occasion de cette manifestation organisée par l’ONG Article 19, il a affirmé que la lutte contre l’impunité concordait parfaitement avec la déclaration finale des Objectifs de développement durable (ODD) fixés lors de l’Assemblée générale des Nations Unies. Par ailleurs, en intégrant explicitement la protection des journalistes dans les ODD, un fort message a été envoyé au monde entier pour faire comprendre que la violence ne sera tolérée dans aucune autre instance sociale.

Cette résolution concorde avec la commémoration par la communauté internationale de la première Journée internationale pour mettre fin à l’impunité des crimes contre les journalistes le 2 novembre. Cette journée a été votée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2013. À l’occasion de cette journée, l’UNESCO et ses partenaires organisent une série d’événements destinés à attirer l’attention sur le problème de l’impunité et ses impacts dévastateurs sur la société.