Semaine mondiale d’action pour l’éducation – Le financement insuffisant de l'éducation met en danger la totalité du programme mondial de développement

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© UNESCO A. Soomro/A young girl at school in Karachi, Pakistan

L'UNESCO marque la Semaine mondiale d’action (les 24-30 avril 2016) par une table ronde spéciale sur les opportunités et les défis du financement du nouvel agenda Éducation 2030.

La Semaine mondiale d’action pour l’éducation (GAWE) est un événement annuel mondial organisé par la Campagne mondiale pour l'éducation (GCE) visant à faire prendre conscience de l'importance de l’éducation pour tous. Le thème choisi pour l’édition de cette année est le financement de l'éducation, sous la bannière Investir pour l’avenir.

Intitulée FinancerODD4-Education 2030. Ne laisser personne de côté : comment réduire les inégalités ?, la table ronde est organisée avec le GCE le 25 avril au siège de l’UNESCO et elle explorera les opportunités et les défis du financement du nouvel agenda, plus particulièrement en ce qui concerne les populations marginalisées.

Dans un message vidéo marquant le lancement de la GAWE, la Directrice générale de l’UNESCO Irina Bokova a déclaré : “Faute de financements adéquats dans l'éducation, la réalisation de la totalité du programme mondial est en danger.”

Dans le cadre du programme Éducation 2030, les gouvernements se sont engagés à assurer une éducation primaire et secondaire complète, gratuite, équitable et de qualité. Mais sans un investissement annuel supplémentaire de 39 milliards de dollars E-U. dans l'éducation, les pays pauvres seront confrontés à de graves difficultés pour parvenir à cet objectif.

Compte tenu de ce déficit de financement, les gouvernements sont encouragés à consacrer entre 15 et 20 pour cent de leur budget à l'éducation, (soit 4 à 6 pour cent du PIB) et les donateurs sont invités à accroître leur soutien qui a pris du retard depuis 2010.

Cibler les financements là où ils sont le plus nécessaires

De nombreux pays pauvres qui affectent déjà les pourcentages recommandés à l’éducation continuent d’avoir des difficultés pour satisfaire les besoins éducatifs fondamentaux. Selon les données de l’Institut de Statistique de l’UNESCO (ISU), l'Éthiopie alloue 27 pour cent de son budget total à l'éducation, dont 6 pour cent à l’enseignement primaire, mais cela ne représente annuellement que 76 dollars E-U. par élève. Dans le même temps, 2 millions d'enfants du pays, ayant entre 6 et 11 ans, ne sont pas scolarisés, soit 13,5 pour cent de la population en âge d’être scolarisée dans le primaire.

Les données de l’ISU laissent entendre que les familles déboursent entre un quart et la moitié du coût total de l’éducation des enfants, pour les frais de scolarité, l’achat des uniformes et d'autres frais. Au Bénin, par exemple, chaque fois que le gouvernement dépense 100 dollars E-U. pour l'éducation primaire, les familles déboursent environ 70 dollars E-U.

Le coût de l’éducation est l’une des nombreuses raisons qui font que 124 millions d'enfants et de jeunes adolescents (ayant entre 6 et 15 ans) ne sont pas scolarisés. 

Améliorer les données pour aider des pays à élaborer leurs politiques et leurs plans

Pour montrer comment l’aide à l'éducation est répartie, l’ISU a élaboré un ensemble de cartes interactives comparant les données sur l'aide à l'éducation de base émanant du Système de notification des pays créanciers de l’OCDE-CAD avec les données de l’ISU sur les enfants non scolarisés. Ces cartes montrent que le flux de l’aide ne parvient pas nécessairement aux pays dont les taux d’enfants non scolarisés sont les plus élevés.

Par exemple le Mali, où 36 pour cent des enfants en âge d’être scolarisés dans le primaire ne vont pas à l’école, a reçu environ 40 millions de dollars E-U. au profit de l'éducation de base entre 2012 et 2013. Dans le même temps, son voisin le Niger, où le taux d’enfants non scolarisés est de 37 pour cent, a reçu au total 26 millions de dollars. Et le Soudan, déchiré par des conflits, où 46 pour cent des enfants ne fréquentent pas l’école, a reçu environ 7 millions de dollars.

La rareté des données relatives au financement de l’éducation et la multiplicité des sources de financement font qu’il est difficile de voir l’intégralité du tableau. C’est pour cette raison que l’ISU élabore avec l’IIEP un ensemble d'outils méthodologiques dans le cadre de l’initiative des comptes nationaux de l’éducation pour aider les pays à améliorer la qualité de leurs données et leurs politiques et plans cibles. 

Accédez à la diffusion en temps réel en français de la table ronde de la Semaine mondiale d’action de l’UNESCO, le 25 avril 2016 de 10h00 à 12h00