Le Sommet humanitaire mondial lance un appel en faveur de la protection des journalistes et de la promotion du journalisme indépendant dans les situations de crises

infocus_whs_drupal_fr.jpg

© Mohamed Adel

Un appel en faveur de la protection des journalistes et du journalisme indépendant a été lancé aujourd’hui par des responsables gouvernementaux, des représentants d’agences des Nations Unies, de médias et d’ONG qui ont pris part à une session organisée par l’UNESCO et le Secrétariat du Sommet humanitaire mondial.

La session portait sur les défis qui se posent aux médias dans les situations de crise, notamment sur les risques croissants auxquels sont confrontés les journalistes et sur la manière dont ces situations affectent leur capacité à remplir leur mission.

« Aujourd’hui, nous devons accélérer le mouvement de reconnaissance par les Etats de l’importance que revêt la sécurité des journalistes partout dans le monde, notamment dans les situations humanitaires d’urgence où les journalistes jouent un rôle vital pour informer, prévenir et limiter les impacts des crises », a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO.

Cette session, présidée par la directrice du journal turc Hürriyet, Vuslat Doğan Sabancı, a déclaré pour sa part que « l’humanité est confrontée à l’un de ses défis les plus importants avec les millions de personnes qui fuient leur foyer à la recherche de plus de sécurité. Les médias jouent un rôle crucial en attirant l’attention du monde sur la crise des réfugiés et en se faisant l’écho de la souffrance de ces réfugiés forcés de fuir leur foyer. Ils gravent dans nos consciences des images marquantes de cette réalité ».   

Les participants à cette session ont appelé les Etats, les agences des Nations Unies et les organisations de médias à mettre en œuvre le Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité.

Le Plan d’action, approuvé par le Conseil des chefs de secrétariat des organismes des Nations Unies pour la coordination (CCS), qui réunit les directeurs de toutes les agences des Nations Unies, est le premier mécanisme doté d’une approche multipartite à traiter de la question de la sécurité des journalistes et de l’impunité.

Les participants se sont intéressés aux actions spécifiques qui peuvent être menées par les acteurs concernés pour tenter de mettre fin aux attaques contre les journalistes et promouvoir le reportage indépendant dans les situations de crise.

L’Appel invite les Etats à mettre en place des mécanismes nationaux pour la sécurité des journalistes afin de prévenir et assurer un suivi des menaces visant les professionnels des médias. Il s’agit aussi de mettre fin à l’impunité en garantissant que de tels crimes donnent lieu à une enquête et d’améliorer la protection des journalistes en formant les forces de sécurité et les officiers de justice au droit humanitaire et aux des droits de l’homme dans le cadre des Objectifs de développement durable 2030, notamment l’objectif 16, qui appelle les Etats à garantir l’accès du public à l’information et protéger les libertés fondamentales ».

Cet Appel exhorte les agences des Nations Unies à partager l’information et les bonnes pratiques, en fonction de leur domaine d’expertise, afin de mettre en œuvre le plan des Nations Unies à l’échelle mondiale et d’assurer le suivi de l’état de la sécurité des journalistes à travers l’Examen périodique universel (le mécanisme onusien de suivi des droits de l’homme dans les Etats membres), les rapports de l’UNESCO et les rapports sur la mise en œuvre des Objectifs de développement durable.

Les organisations de médias sont également invitées à faire en sorte que le personnel local et international, professionnel et indépendant, soit formé afin de disposer des ressources nécessaires pour assurer sa propre sécurité.

L’UNESCO, l’agence des Nations Unies dotée d’un mandat pour défendre la liberté d’expression, recense plus de 825 journalistes tués dans l’exercice de leur profession au cours des dix dernières années. En moyenne, un travailleur des médias est tué tous les cinq jours et dans neuf cas sur dix, les auteurs de ces crimes ne sont jamais jugés, ce qui se traduit par une impunité pour les crimes commis contre les journalistes.

***

Pour plus d’information :

Le plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes

Les actions de l’UNESCO sur la sécurité des journalistes

Contact médias : Roni Amelan, r.amelan(at)unesco.org, +33 (0) 1 45 68 16 50.