Les technologies mobiles, catalyseurs de l’autonomisation des femmes

Quand on sait qu’il y a plus de 7,4 milliards de connexions aux appareils mobiles sur Terre, soit plus que la population mondiale, comment expliquer que les femmes en soient toujours exclues ?

C'est dans cette perspective que la Semaine de l’apprentissage mobile a ouvert ses portes ce 23 février 2015 au Siège de l’UNESCO à Paris, avec une série d’ateliers portant sur le thème de l’innovation mobile et de son utilisation. Ils montrent que les technologies mobiles peuvent être la solution pour améliorer la condition des femmes.

Au-delà d’un simple moyen de communication, les appareils mobiles sont, pour les femmes, une source de sécurité permanente…

« Mon portable et moi » est un atelier entièrement dédié à l’échange autour de la sécurité de la communication mobile pour les femmes et de ce qui s’y rapporte en matière de compétences de partage de pair à pair. Des applications, conçues pour prévenir la violence contre les femmes ou accroître la sécurité mobile, ont été passées en revue sous l’œil critique d’un groupe constitué principalement de femmes et de filles issues de milieux différents. Le résultat de cette analyse a ensuite été directement communiqué aux développeurs. Le but de cette démarche a été d’accroître les connaissances et compétences en termes de sécurité mobile, de sensibiliser les participants sur la vulnérabilité des femmes et des filles devant ces avancées technologiques, et enfin de donner des solutions intelligemment pensées pour les protéger contre les dangers qui pourraient en découler, tels que la cyber-intimidation et la violence sexuelle via les portables. Des partenaires tels que la Bosnie Herzégovine, la République démocratique du Congo, le Kenya, le Pakistan, les Philippines, et l’Afrique du Sud ont exprimé leur intérêt envers cette méthode et disent vouloir l’expérimenter dans leurs pays respectifs.

… mais aussi de conseils santé

L’atelier « Oh My Body » présente l’application mobile du même nom créée par Butterfly Works. Elle fonctionne sur les téléphones numériques et appareils Android et offre aux jeunes filles des informations exactes et adaptées sur leurs droits en matière de santé procréative et sexuelle, sans le besoin d'intervention de pairs. C’est un accès simplifié et rapide à des informations importantes pour les femmes et les filles. « Oh My Body » contient de courtes histoires animées, des FAQ, des jeux et des « casseurs » de mythes ainsi que des conseils pratiques pour aider les jeunes femmes à gérer leur santé sexuelle. Pendant l’atelier, le processus de co-création avec les filles et les jeunes femmes afin de développer une information spécifique au contexte a été présenté aux participants. Ils ont été guidés à travers l'utilisation du logiciel de création et de diffusion de contenu utilisé pour cette application, et ont eu la possibilité de créer leur propre leçon mobile sur un sujet particulier de la santé et des droits sexuels et reproductifs.

Les appareils mobiles : ça sauve des vies

L’atelier dirigé par l’organisation Media Matters for Women (MMW) a présenté leur projet de création d’un système de communication innovant et à faible coût, permettant aux femmes et aux filles de partager des informations, apprendre les unes des autres, se divertir, entendre les messages cruciaux et devenir citoyennes du monde. La force de l’approche de MMW se trouve dans son potentiel à devancer les réseaux formels pour provoquer le changement social. L’utilisation du Bluetooth pour délivrer des informations lors de la crise Ebola en est un exemple. L’organisation a pu joindre, chaque semaine, des femmes et des filles dans les zones les plus reculées de la Sierra Leone en diffusant des informations sur la crise Ebola, dans leur langue maternelle et en format audio.

L'atelier a démontré que nous pouvons nous connecter et dialoguer même dans les régions les plus éloignées face aux dangers d’une crise actuelle, même au sein d’une population analphabète. Cette connectivité largement étendue est rendue possible par des chargeurs solaires, une bande passante sans fil et des femmes journalistes. L’organisation MMW permet aux femmes et aux filles d'accéder et de profiter pleinement de leurs droits en milieu rural.

Les inégalités entre les sexes demeurent toujours existantes à tous les niveaux

Fengyun Cheng et Chris Meehan, respectivement vice-rectrice et coordinateur d’apprentissage mobile à la Beijing Royal School, ont dirigé un atelier interactif sur les moyens à employer pour encourager les étudiantes à poursuivre des carrières dans les domaines des sciences, technologie, ingénierie et des maths (STEM). Pour ce faire, un large éventail de stratégies et d’initiatives a été mis en place pour mener à bien ce projet, comprenant des projets innovants sur l’apprentissage mobile, des expo-sciences, des possibilités d’encadrement des jeunes, des clubs étudiants, des visites sur le terrain et des concours de rédaction sur le thème des STEM. En mettant l’accent sur l’importance de l’apprentissage mobile pour permettre aux jeunes femmes d’opter pour des emplois traditionnellement destinés aux hommes, cet atelier a offert aux participants l’occasion de découvrir un ensemble de plans concrets. Ces derniers permettent de réaliser plus facilement des projets de classe centrés sur les STEM afin de garantir aux femmes un accès plus simple aux emplois relevant des domaines des sciences, technologie, ingénierie et des maths.

Touchant à plusieurs domaines, ces ateliers convergent tous vers un seul point : les technologies mobiles en faveur du « girl power ».