A Tombouctou, l’hommage de la Directrice générale aux habitants qui ont permis la reconstruction des mausolées

18 Juillet 2015

Tombouctou (Mali), 18 juillet - Trois ans après leur saccage, les mausolées de Tombouctou sont de nouveau debout. La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, s’est rendue aujourd’hui à Tombouctou où la plupart des  mausolées détruits en 2012 par des groupes armés sont désormais reconstruits. Elle y a notamment rendu hommage aux communautés locales sans lesquelles cette reconstruction n’aurait pas été possible.

Accueillie par le maire de la ville et l’Imam de la grande mosquée de Djingareyber au Cimetière des trois saints, la Directrice générale était accompagnée par la ministre de la culture, de l'artisanat et du tourisme au Mali, Ramatoulaye N'Diaye Diallo, le ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Mountaga Tall, le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général pour la MINUSMA, Arnauld Akodjenou,le Délégué permanent et Ambassadeur du Mali auprès de l'UNESCO, Oumar Keita, les ambassadeurs Richard Zink et Beatrice Meyer, de l’Union européenne et la Suisse, ainsi que M. Jacques Batut de l'Ambassade de France au Mali.

Irina Bokova à salué le travail des maçons de Tombouctou dont la mobilisation et le savoir-faire ont été déterminants dans la reconstruction des édifices saccagés. « Votre courage est leçon de tolérance, de dialogue et de paix, et une réponse à tous les extrémismes – il résonne bien au-delà des frontières du Mali, » a-t-elle déclaré.  « Votre action pour sauvegarder les éléments essentiels de votre histoire, est la preuve que le Mali se relève, se rassemble et reprend confiance. »

Lieux de pèlerinage au Mali et dans les pays limitrophes d'Afrique occidentale, les mausolées de Tombouctou étaient des composantes essentielles du système religieux dans la mesure où, selon la croyance populaire, ils étaient le rempart qui protégeait la ville de tous les dangers. Parmi ces mausolées, 16 sont inscrits sur la Liste du patrimoine mondial. Parmi ces 16 monuments, 14 ont été saccagés.

Leur destruction a constitué une tragédie pour les communautés locales. L'importance de ces monuments a conduit le gouvernement malien à solliciter dès mai 2013 l'appui de partenaires extérieurs, notamment de l'UNESCO, en vue de leur reconstruction.

« Par ma voix les communautés de la ville des 333 saints expriment leur gratitude envers l'UNESCO" à déclaré le Maire de la ville. "Le plus important n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever, et c'est précisément ce que représente cette reconstruction" à renchérit la Ministre de la culture.

Devant l'ensemble des représentants des communautés de Tombouctou, réunies à l'Institut Ahmed Bhabha, plusieurs responsables de la préservation des manuscrits ont souligné le rôle de culture comme vecteur de paix : "Les manuscrits de Tombouctou sont l'or, l'argent et le pétrole de cette ville - quiconque aide à les protéger contribue à rehausser leur honneur, leur légitimité et leur dignité".

"Ceux qui voulaient effacer toute trace du passé ont échoué. La reconstruction témoigne de la vitalité culturelle du Mali." à déclaré le représentant de la MINUSMA.

Les travaux de reconstruction des mausolées ont été mis en œuvre par l’UNESCO, avec le soutien de nombreux partenaires financiers et techniques, au nombre desquels l’Union Européenne, la Suisse, la Norvège, la France, et les équipes de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA).

« Voilà notre réponse à l’extrémisme, » a déclaré la Directrice générale. « C’est l’exemple d’une intégration réussie de la culture dans les efforts de construction de la paix, c'est notre contribution aux récents Accords de paix, et nous allons continuer dans cette voie. »

La reconstruction des mausolées de Tombouctou, dont les plus anciens remontent au 13e siècle, a constitué un défi architectural et technique. La première phase des travaux, lancée en mars 2014, a servi de chantier pilote. La deuxième phase, entreprise en février 2015, est sur le point d’être achevée.

Au cours de sa visite à Tombouctou, la Directrice générale a également visité la bibliothèque Al-Imam Essayouti ainsi que l’Institut des Hautes Etudes et de Recherches Islamiques Ahmed Baba (IHERI-AB), où elle a rencontré les communautés locales.

Cette visite s’inscrit dans le cadre de la campagne #UnisPourLePatrimoine [#Unite4Heritage] lancée à Bagdad (Iraq) le 28 mars 2015 pour contribuer à soutenir le patrimoine là où il est menacé par le sectarisme et la violence.

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Contact médias : Agnès Bardon, Service de presse de l’UNESCO, a.bardon@unesco.org

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