Transfert de technologie marine et renforcement des capacités : la Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO peut fournir des éléments fondamentaux d’un nouvel accord de l’ONU sur la haute mer

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Salle pleine à l'ONU pour l'événement parallèle organisé par la COI, la Belgique et les Fidgi.
© Antoine Misonne
07 Septembre 2016

29 août 2016. Plus de 100 délégués ont participé à l’évènement parallèle sur le renforcement des capacités et le transfert de technologie marine co-organisé par la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO et les missions permanentes de la Belgique et des Fidji auprès des Nations Unies. L’évènement s’est déroulé dans le cadre de la deuxième réunion du Comité préparatoire sur le développement d’un nouvel instrument international juridiquement contraignant sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine dans les zones au-delà des juridictions nationales (BBNJ PrepCom), sous la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS), du 26 août au 9 septembre 2016.

Les Représentants permanents auprès des Nations Unies S. Exc. M. Marc Pecsteen (Belgique) et S. Exc. M. Luke Daunivalu (Fidji) ont inauguré l’évènement en mettant en avant l’importance du renforcement des capacités et du transfert de technologie marine, en particulier pour les petits Etats insulaires en développement (PEID), en vue d’assurer une participation effective et universelle des Etats à un nouvel accord UNCLOS. Le renforcement des capacités et le transfert de technologie marine sont deux thèmes principaux pour la COI de l’UNESCO, comme en attestent les résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies ainsi que l’Objectif de développement durable 14 (a).

Les experts de nombreuses institutions académiques et scientifiques ont présenté la portée du renforcement des capacités et du transfert de technologie, en soulignant qu’il est fondamental de permettre à tous les pays de mettre en œuvre un nouvel accord sur des sujets variés et transversaux (par exemple la gestion par zone, l’évaluation de l’impact sur l’environnement, les ressources génétiques marines, la recherche scientifique marine, la surveillance de l’environnement, et l’amélioration des technologies), ainsi que d’appliquer les approches et les principes généraux pour le transfert de technologie et le renforcement des capacités prévus dans la Convention UNCLOS, afin de publier et diffuser les résultats des recherches scientifiques marines, fournir des programmes de formation et des échanges de scientifiques, et établir des centres régionaux de science et de technologie marine.

Mme Harriet Harden-Davies (Centre national australien pour les ressources océaniques et la sécurité, Université de Wollongong), a proposé d’inclure parmi les priorités en matière de transfert de technologie et de renforcement des capacités pour le nouvel accord : le soutien pour la coopération scientifique internationale et le développement de technologies ; les réseaux de centres de science et de technologie marine ; les données ouvertes ; le partage d’échantillons ; la formation, le parrainage et le développement des compétences. Elle a également évoqué le rôle éventuel d’un portail central des transferts de technologie et du renforcement des capacités.

L’évènement parallèle a également permis de souligner les différents moyens par lesquels la COI pourrait mettre à profit ses principaux points forts et apporter des éléments utiles en vue de cibler ces priorités : dans l’accès ouvert aux données et à l’information, nécessaire pour le développement des connaissances (grâce au Système d’information biogéographique sur l’océan, OBIS), le renforcement des capacités humaines à travers les centres de formation régionaux (Ocean Teacher Global Academy), l’élaboration de guides, manuels, codes de conduite et meilleures pratiques en recherche scientifique marine (par exemple, à travers le projet Argo), ainsi que dans les normes et la gestion de données (Echange international des données et de l’informations océanographiques, IODE).

Tandis que les délégations cherchent les moyens de demander un nouvel accord UNCLOS juridiquement contraignant pour fournir un mécanisme effectif et des dispositifs institutionnels, afin de mettre en œuvre le transfert de technologie marine et le renforcement des capacités, en lien avec la biodiversité dans les zones au-delà des juridictions nationales, le président de la COI, M. Peter Haugan (Norvège), a souligné le fait que la nouvelle stratégie de renforcement des capacités de la COI fournit un cadre important, qui, une fois soutenu par le financement dédié (le Fonds de renforcement des capacités de la COI), peut fournir une structure de portail central pour le transfert de technologie marine.

La question est maintenant de savoir comment un nouvel instrument juridiquement contraignant sous la Convention UNCLOS pourrait fournir un mécanisme efficace et des dispositifs institutionnels pour mettre en œuvre le renforcement des capacités et le transfert de technologie marine en lien avec la biodiversité dans les zones au-delà des juridictions nationales. Ce nouvel accord pourrait fournir un mécanisme nécessaire pour la mise en œuvre optimale de la Partie XIV de la Convention UNCLOS, conformément à l’accord donné par les Etats durant la Conférence des Nations Unies sur le développement durable Rio+20. Le nouvel accord compléterait également les efforts d’application de l’Agenda 2030 pour le développement durable récemment adopté, dont l’Objectif de développement durable 14 (ODD 14) appelle à « conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable », et les Orientations SAMOA pour les PEID.

Les présentations de l’évènement parallèle sont accessibles depuis :

Introduction aux besoins en matière de RC/TTM de la BADJN :

Kristina Gjerde, UICN; Harriet Harden-Davies, Université de Wollongong, Australie; Judith Gobin, Université des Antilles, Saint-Augustin, Trinité-et-Tobago

http://www.ioc-unesco.org/index.php?option=com_oe&task=viewD...

Role of IOC of UNESCO in CB/TMT

Rôle de la COI de l’UNESCO en matière de RC/TTM

M. Peter Haugan, président de la COI, Norvège

http://www.ioc-unesco.org/index.php?option=com_oe&task=viewD...

Le partage mondial de données et un portail central pour les données sur la biodiversité marine, à travers OBIS

M. Eduardo Klein, president d’OBIS, Vénézuela, et M. Sky Bristor, coprésident d’OBIS, Etats-Unis

http://www.ioc-unesco.org/index.php?option=com_oe&task=viewD...

Former la prochaine génération d’océanographes et de directeurs régionaux à travers OceanTeacher et son réseau mondial de centres de formation régionaux

M. Aidy M Muslim, coordinateur OTGA RTC Malaisie et directeur adjoint, INOS, Malaisie

http://www.ioc-unesco.org/index.php?option=com_oe&task=viewD...

Le rôle de la recherche pour informer la gestion par zone et les évaluations de l’impact sur l’environnement dans les ZADJN, notamment grâce au transfert de technologie et au renforcement des capacités

Daniel Dunn, Duke University, Etats-Unis

http://www.ioc-unesco.org/index.php?option=com_oe&task=viewD...