Triennale de l’éducation en Afrique : quelles meilleures pratiques en matière d’éducation à la paix et à la citoyenneté mondiale ?

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Les officiels de la cérémonie d’ouverture
© UNESCO
03 Juin 2016

A l’initiative de l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA), les ministres africains de l’éducations, les agences de développements et autres professionnels de l’éducation se réuniront en mars 2017 à Marrakech au Maroc pour la Triennale de l’éducation en Afrique. En vue de la préparer, une consultation d’experts de l’éducation de l’Afrique centrale s’est tenue les 30 et 31 mai à Libreville avec la participation de L’UNESCO et L’UNICEF. 

Fondée en 1988 et basée au sein du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD depuis 2008 l’ADEA est aujourd’hui un acteur reconnu de premier plan dans les processus de dialogue pour la transformation de l’éducation et de la formation visant à promouvoir l’agenda de développement durable de l’Afrique.

La Triennale de Marrakech aura pour thème : Revitaliser l’éducation dans la perspective du programme universel 2030 et de l’agenda 2063 pour l’Afrique. Pour ce faire, elles exigent une large consultation avec les principaux acteurs locaux, nationaux et régionaux de l’éducation.

Il est ainsi programmé dans chacune des cinq régions africaines une réunion de consultation portant sur quatre sous-thèmes : 1) la mise en œuvre de l’éducation et l’apprentissage tout au long de la vie pour le développement durable ; 2) la promotion de la science, des mathématiques et des technologies de l’information et de la communication ; 3) la mise en œuvre de l’éducation pour la reconnaissance culturelle africaine et les idéaux panafricains ; et 4) la promotion de la paix et de la citoyenneté mondiale à travers l’éducation. C’est cette quatrième sous thématique qui a été l’objet de la consultation de Libreville pour le compte de la région Afrique centrale.

Les travaux se sont ouverts par une série d’allocutions. M. Janvier Nguéma Mboumba, Ministre délégué à l’éducation nationale et à l’enseignement technique du Gabon, prenant la parole, a rappelé l’intérêt de cette consultation et émis le souhait d’obtenir au terme de ces assises des résultats qui serviront de base de discussion à la prochaine Triennale. Cette allocution s’est suivie de la lecture de l’hymne à la paix par Léonce Mboumba, élève en classe de terminale au Lycée Paul Emane Eyéghé. Le représentant de la Banque Mondiale a rappelé l’appui de son institution et a dit qu’elle serait ravie d’accompagner les Etats africains au terme de ces processus de consultation. Quant à Mme Almamy Mbaye Ramata, Responsable du partenariat stratégique de l’ADEA, représentant le Secrétaire exécutif empêché, elle a magnifié le rôle des Etats et organismes partenaires dont l’UNESCO et l’UNICEF. Enfin, Mme Paulette Mengue M’Owono, Ministre de la culture, des arts et de l’éducation civique du Gabon, représentant le Premier Ministre, a dressé un état de lieux de la situation de l’éducation en Afrique et présenté les enjeux du forum dont celui de bâtir la paix à partir de l’enseignement donné aux jeunes.

Au-delà de la cérémonie d’ouverture, la consultation s’est structurée autour de trois (3) moments : 1) séances plénières de présentation générale sur la Triennale et sur les problématiques du sous-thème de l’Afrique centrale ; 2) séances parallèles pour la discussion et l’approfondissement des problématiques spécifiques liés au sous-thème et ; 3) séances plénières de restitution des séances parallèles et de conclusions.

M. Nicolas Reuge, Conseiller régional éducation du Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du centre de l’UNICEF a fait une présentation en plénière sur l’approche systémique de l’éducation pour la cohésion sociale et la paix. Il a axé son exposé sur comment l’éducation peut contribuer à la construction de la paix. Son approche repose sur trois (3) étapes : comprendre le contexte et les facteurs de conflits (analyse des conflits) ; ne pas alimenter les divisions et exacerber les tensions (sensibilité aux conflits) ; et renforcer les capacités individuelles, communautaires et nationales pour atténuer l’impact des conflits violents et promouvoir la cohésion sociale (consolidation de la paix).

M. Vincenzo Fazzino, Représentant et Chef de Bureau de l’UNESCO à Libreville, a partagé les expériences et leçons apprises d’éducation à la culture de la paix et à la citoyenneté mondiale en Afrique. Après avoir défini le cadre de référence et le contexte, il a égrainé quelques outils réalisés avec l’appui de l’UNESCO pour soutenir les processus d’intégration de ces thématiques dans les systèmes éducatifs des pays d’Afrique de l’ouest et du centre.

Lors de la cérémonie de clôture, M. Mamadou Ndoye, coordonnateur général de la Triennale 2017, a tracé les conditions de réussite et les bonnes pratiques pour la prise en compte de l’éducation à la paix et à la citoyenneté autour des points suivants :

1. Considérer le contexte, faire un diagnostic des causes de violence et de conflits dans les systèmes éducatifs

2. Contextualiser les contenus et les messages à partir des ressources locales :  les éléments culturels (valeurs, pratiques endogènes…) et les acteurs locaux (les femmes, les chefs traditionnels…) 

3. Privilégier une approche systémique touchant tous les aspects de l’éducation et de la formation en milieu formel, non formel et informel

4. Développer une approche intégrative car il ne s’agit pas d’ajouter une nouvelle matière d’enseignement mais d’intégrer toutes les dimensions de l’éducation à la paix et la citoyenneté mondiale dans les matières d’enseignement.