L'UNESCO appelle davantage d'États à adopter la Déclaration sur la sécurité dans les écoles

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© USAID/Laura Lartigue
25 Mai 2016

L'Envoyé spécial de l’UNESCO pour la paix et la réconciliation, Forest Whitaker, et la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, ont renouvelé aujourd’hui leur appel aux États afin qu’ils redoublent d’efforts pour garantir un engagement politique en faveur de la protection des écoles et des universités.

Ils ont appelé les États à signer la Déclaration sur la sécurité dans les écoles, à l’occasion d’un événement parallèle du Sommet humanitaire mondial, organisé par le gouvernement norvégien et co-organisé par l’UNESCO et ses organisations partenaires. Publiée il y a deux ans par la Coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les attaques, la Déclaration a recueilli l’adhésion de 53 signataires. Cependant, la poursuite des attaques contre les écoles, les élèves et les enseignants met en péril la possibilité d’une « éducation de qualité pour tous », selon la définition du Cadre d’action Éducation 2030.

“Pour concrétiser la promesse de l'éducation, l'éducation et la construction de la paix doivent être étroitement liées au développement à long terme et y être intégrées dès le début. L'éducation ne peut pas attendre la fin du conflit, la reconstruction des bâtiments, la disponibilité des ressources - nous devons agir dès à présent” a déclaré Mme Bokova dans son allocution.

Un problème qui ne cesse de s’amplifier

Entre 2009 et 2013, des attaques ont été perpétrées contre des écoliers, des étudiants, des enseignants, des universitaires et des établissements éducatifs dans plus de 70 pays, selon le rapport Attaques contre l’éducation publié par la Coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les attaques (2014, données les plus récentes).

Ces attaques prennent la forme de bombardements, de tirs d’artillerie et d’incendies d'écoles et d'universités. Les installations éducatives sont aussi régulièrement utilisées à des fins militaires par les forces armées et de sécurité gouvernementales et par des groupes armés privés, ce qui en fait des cibles d’attaques potentielles et compromet l'accès à l'éducation.

Le rapport atteste aussi que des centaines d’élèves, enseignants et universitaires ont été tués et que de nombreux autres ont été blessés dans le cadre d’attaques contre l'éducation. Des centaines de milliers d’élèves se voient ainsi refuser le droit à une éducation et beaucoup d'enfants et de jeunes, d’enseignants et de membres du personnel éducatif, vivent dans la peur d’attaques.

Les attaques ciblées contre l'éducation et les incidents d’usage militaire des écoles et des universités se produisent dans un nombre accru de pays et avec une ampleur bien supérieure à ce qui avait déjà été documenté dans les rapports de 2007 et de 2010 de l’UNESCO.

À l’inverse, l'éducation peut contribuer à protéger les enfants et les jeunes de la mort, des blessures et de l'exploitation ; elle peut atténuer l'impact psychologique des conflits armés en leur offrant vie régulière et stabilité et en jetant des ponts avec d'autres services essentiels. Une éducation « sensible aux conflits » évite de contribuer à ces conflits et s’efforce de contribuer à la paix.

La Déclaration sur la sécurité dans les écoles : une dynamique qui prend de l’ampleur

La Norvège et l’Argentine sont les pays champions de la Déclaration sur la sécurité dans les écoles. L'UNESCO a été parmi les premiers à mettre ce problème en évidence avec la publication des deux premiers rapports Attaques contre l’éducation en 2007 et 2010.

Depuis 2011, le moteur de la mobilisation internationale est la Coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les attaques – l'UNESCO est représenté à son Comité directeur – qui publie maintenant Attaques contre l’éducation et qui a préparé des directives pour réduire l’impact négatif qu’ont ces attaques sur l'éducation.

Comme l’ont écrit récemment Forest Whitaker et Irina Bokova dans Time Magazine, “L'éducation est en première ligne des conflits — alors qu’elle devrait être au premier rang de la construction de la paix.”

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