UNESCO Dakar célèbre la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse avec West Africa Democracy Radio mettant en lumière les Femmes, la Paix et la Sécurité dans les Médias

« Une société sans médias est une société qui meurt » a affirmé le président de la fédération africaine des journalistes Mr. Abdulwaheed Odusile, à l’occasion de la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse.

Il y a 25 ans dans la Namibie récemment indépendante, la Déclaration historique de Windhoek sur la Liberté de la Presse a été adoptée, ouvrant la voie à la reconnaissance par les Nations Unies de la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse. A l’occasion de la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse, célébré le 3 mai 2016 sur le thème : Accès à l’information et aux libertés fondamentales – C’est votre droit ! – le Bureau Régional de l’UNESCO pour l’Afrique de l’Ouest (Sahel), en collaboration avec le Bureau Régional de l’Afrique de l’Ouest du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme, la prestigieuse école de journalisme de l’Afrique de l’Ouest CESTI à Dakar et Madame le professeur Eugénie Aw, ainsi que la West Africa Democracy Radio, ont organisé un débat live centré autour du Plan d’Action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité. En présentant la voix des femmes journalistes et des femmes professionnelles dans les médias sur le terrain, en Gambie, Libéria, Sierra Léone, République centrafricaine, Cote d’Ivoire et Guinée Conakry, le débat s’est focalisé sur les femmes journalistes en situation de conflits et de crises.

Les célébrations cette année ont mis en lumière l’importance d’un journalisme libre et indépendant pour l’avancement de l’Agenda 2030, et la Stratégie Intégrée des Nations Unies pour le Sahel qui met l’accent sur la gouvernance, la résilience et la sécurité. Ceci inclut la sécurité des journalistes, au moment où, tragiquement, un professionnel des médias est tué chaque cinq jours. Ceci ne peut durer, ainsi guidé par le Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité, l’UNESCO et OHCHR travaillent avec les Gouvernements dans la Région du Sahel afin de créer un environnement libre et sans danger pour les journalistes et les professionnels des médias.

Dans ce contexte, la célébration a mis en lumière les liens entre la liberté de presse, une culture d’ouverture et le droit de la liberté à l’information, et le développement durable à l’ère numérique, en soulignant que le dénominateur commun dans tout ceci est le rôle du journalisme, et l’importance de protéger ceux qui offrent ce service au public.

Malgré la sous-représentation dans les rédactions en termes de missions, de postes et de possibilités de développement de carrière, les femmes journalistes continuent à jouer un rôle clé pour assurer le droit fondamental à l’accès à l’information, particulièrement dans les situations de conflits et d’insécurité, en jouant des rôles tout aussi importants pour la promotion de la paix et de la sécurité.

De plus, les femmes journalistes font souvent face à des défis spécifiques pendant l’exercice de leur profession sur le terrain en situations de crises et de conflits. Le Plan d’Action pour la sécurité des journalistes fait valoir la nécessité d’une approche basée sur les droits humains et sensible au genre. Il appelle aussi à la participation du Rapporteur Spécial pour la Violence contre les Femmes.

L’Article 1.17 du Plan affirme que « Les femmes journalistes sont aussi confrontées à des dangers de plus en plus grands, ce qui fait souligner la nécessité d’une approche de genre. Dans l’exercice de leur profession, elles risquent souvent des agressions sexuelles, qu’il s’agisse de violences sexuelles ciblées, souvent destinées à les punir pour leur travail, ou de violences sexuelles de masse contre les journalistes qui couvrent des événements publics, ou encore de sévices sexuels exercés sur des journalistes détenues ou séquestrées. De plus, nombre de ces crimes ne sont pas signalés en raison d’une forte stigmatisation culturelle et professionnelle ».

Dans le cadre de la célébration régionale de la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse, la WADR, avec OHCHR, l’UNESCO, l’AFJ et la spécialiste des médias renommée et professeur Eugénie Aw Ndiaye :

  1. Ont souligné, à travers des témoignages de femmes professionnelles des médias de l’Afrique de l’Ouest et Centrale dans des zones de crises et de conflits, le rôle important que ces femmes jouent pour la promotion de la paix et de la sécurité dans ces pays ;
  2. Ont discuté sur la question de la sécurité des journalistes, et les défis auxquels les femmes professionnelles des médias particulièrement font face ;
  3. Ont partagé des meilleures pratiques dans le continent.

Les témoignages des femmes sur le terrain ont adressé les défis spécifiques au genre liés aux reportages pendant les crises politiques, liés à la violence pendant les périodes d’élections et de post-élections, de crise sanitaire comme Ebola au Liberia, les reportages sur la mutilation génitale féminine, et les défis d’emprisonnement pendant la grossesse et l’allaitement maternel.

Le but de l'émission de radio a été de sensibiliser sur la question de l'égalité des sexes dans les médias et sur la valeur des femmes dans le monde des médias, souvent harcelées ou stigmatisées pour le type du travail qu'elles effectuent et la stigmatisation socio-culturelle continue liée aux femmes occupant des postes dans la sphère publique.

L'UNESCO a présenté le Plan d'action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l'impunité , en mettant en valeur le rôle clé dans la promotion de son action rapide pour protéger et sauvegarder les professionnels des médias dans les zones de conflits et de non-conflits.

« Le Plan d'action sur la sécurité des journalistes et la question de l'impunité des Nations Unies se base sur trois piliers : la sensibilisation du public et le plaidoyer, la formation et les politiques » a souligné Mme Sasha Rubel Diamanka, Conseillère Régionale pour la communication et l'information à l'UNESCO Dakar.

La nécessité de la formation continue et des renforcements de capacités des journalistes et du Gouvernement sur les questions de sécurité, a été soulignée pendant l'émission radio par Mme Eugénie Aw, journaliste et ancienne directrice de l'Ecole de journalisme de Dakar, CESTI, et aussi par Mme Rubel Diamanka de l'UNESCO. «La formation et le développement des capacités des professionnels des médias et des journalistes, en mettant l'accent sur une approche sensible au genre – telle que décrite dans les indicateurs d’égalité de genre dans les médias, et comme l'UNESCO l’a souligné, sont essentiels pour assurer une bonne qualité du journalisme et de l'information, de la liberté d'expression et de la protection des droits de l’Homme " a déclaré Mme Aw.

En abordant les violations des droits de l’Homme et la question de l'impunité, Mme Caroline Ouaffo Wafang, conseillère en genre au Bureau Régional de l’Afrique de l’Ouest du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme, a souligné que « un système de vérification croisée des informations avec les membres de la famille de la victime et une coopération étroite avec les institutions, les militaires et la police, est important pour assurer que les violations ne se produisent pas et que des actions rapides peuvent être entreprises de façon efficace pour les prévenir ».

À cet égard, l'UNESCO a mis en lumière les meilleures pratiques existantes dans la formation et les activités de renforcements des capacités, dont bénéficient, non seulement les journalistes, mais aussi les militaires, les forces de sécurité et la police dans les pays, pour assurer la collaboration et la protection.

« Le Sénégal est fort pour protéger la liberté d’expression et la liberté de presse des journalistes » a ajouté Monsieur Macki Diallo, Chef de communication de la commission nationale de l’UNESCO pour le Sénégal, participant à l’émission radio.

En tant que ressource pour le renforcement des capacités, l'UNESCO a mis en évidence l'application mobile récemment lancée sur la liberté d'expression, développée par l'Université Naresuan avec UNESCO Bangkok. L'application mobile est maintenant disponible dans l'App Store pour iPhone et Google Play comme une ressource gratuite pour tous ceux qui veulent mieux comprendre la liberté d'expression et la raison de son importance, quelles sont les limites et ce que chacun de nous peut faire pour la protéger et la défendre.

En terminant avec une note positive et d'inspiration pour d'autres actions concrètes et une coopération dans un avenir proche et en vue de relever les défis actuels liés au cyber-harcèlement et à la cyber intimidation des femmes professionnelles des médias, l'UNESCO et le CESTI ont fortement insisté sur l'importance de la création de réseaux de femmes professionnelles des médias dans le Sahel. «La solidarité des femmes est particulièrement importante car elle offre une occasion à chacune de prendre la parole, faire entendre sa voix, et passer à l’action" souligne Mme Aw. "Pour créer un environnement sans peur, rappelez-vous que vous n'êtes pas seules, et nous sommes ensemble" a déclaré Mme Rubel Diamanka comme message puissant pour inspirer les femmes professionnelles des médias dans la région.

Pour écouter les deux émissions radios, consultez les liens WADR ici:

https://soundcloud.com/westafricademocracyradio/debat-journee-inter-de-la-presse-05-03-16

https://soundcloud.com/westafricademocracyradio/special-discussion-world-press-freedom-day-wadr-unesco

Pour plus d'informations sur la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse, consultez:

http://fr.unesco.org/journee-mondiale-liberte-presse-2016

http://www.westafrica.ohchr.org/

http://cesti.ucad.sn/

http://www.wadr.org/