L’UNESCO et les États-Unis soulignent le rôle de l’éducation dans la prévention de l’extrémisme violent

Paris, le 6 novembre – La Directrice générale Irina Bokova et le Secrétaire d’État adjoint des États-Unis, Anthony Blinken, ont lancé un vibrant appel en faveur du respect, de l’engagement civique et de la responsabilité lors d’une manifestation de haut niveau sur « La prévention de l’extrémisme violent par le biais de l’éducation », organisée par l’UNESCO et la Mission permanente des États-Unis durant la 38e session de la Conférence générale, au Siège de l’UNESCO, le 6 novembre

La manifestation a bénéficié du soutien des délégations permanentes auprès de l’UNESCO des pays suivants : Arabie saoudite, Australie, Autriche, Bulgarie, Canada, France, Émirats arabes unis, Kenya et Turquie. 

« Personne ne naît extrémiste violent », a déclaré la Directrice générale. « Les extrémistes violents sont créés, ils sont alimentés, ils sont encouragés. Les extrémistes violents n’offrent que destruction et haine. Nous devons leur répondre par la culture et le savoir. Les extrémistes violents encouragent la peur et la division. Nous devons leur répondre avec des capacités de réflexion critique, des opportunités d’engagement civique, des compétences pour le dialogue entre les cultures ».

M. Blinken a souligné que le rôle de l’UNESCO en tant que gardien d’une humanité commune était plus que jamais nécessaire. « En donnant aux jeunes esprits une perspective mondiale ancrée dans le respect, la justice sociale, la diversité et la réflexion critique, nous pouvons non seulement lutter contre la radicalisation dès qu’elle se produit, mais aussi prévenir son expansion en amont », a-t-il déclaré. « Au 21e siècle, ce qui définit la richesse réelle d’une nation, ce sont ses ressources humaines, et sa capacité à maximiser le potentiel de ces ressources pour être créatifs, innover, penser, argumenter et créer ».

Il a indiqué que le Programme d’éducation à la citoyenneté mondiale de l’UNESCO aidait à fournir aux ministres les politiques éducatives, les programmes scolaires et les guides internet les plus récents afin de favoriser un environnement d’apprentissage fondé sur l’échange d’idées.

« Nous avons récemment constaté l’ampleur du soutien qui existe pour ces types de partenariats lorsque la résolution sur le rôle de l’UNESCO dans la promotion de l’éducation pour prévenir l’extrémisme violent a reçu un appui exceptionnel de 80 coparrains », a-t-il dit, notant que « le mandat de l’UNESCO demeure un pilier de la sécurité internationale et une condition préalable au développement durable ».

Il a indiqué que les États-Unis allaient œuvrer avec l’UNESCO à l’élaboration d’une ressource pédagogique numérique dynamique afin d’aider à prévenir et limiter l’expansion de l’extrémisme violent, en collaboration avec le Musée du Mémorial de l’Holocauste des États-Unis et la Fondation de la Shoah de l’Université de Californie du Sud.

Lors d’une réunion bilatérale avec la Directrice générale, M. Blinken a souligné que la coopération avec l’UNESCO était particulièrement importante pour les États-Unis, compte tenu du rôle essentiel de l’Organisation dans la réponse aux enjeux tels que la lutte contre l’extrémisme violent et la radicalisation, la protection des journalistes, le renforcement de la coopération scientifique et la protection de l’océan. Il a affirmé que les États-Unis sont et restent un partenaire dynamique de l’UNESCO.

La manifestation s’est déroulée en présence de 200 participants, dont une trentaine de ministres de l’éducation et représentants des délégations permanentes auprès de l’UNESCO. Elle a donné lieu à une table ronde animée par la journaliste de Newsweek Mme Janine de Giovanni, durant laquelle sont intervenus M. Belio Kipsang, Secrétaire principal du Département d’État pour l’éducation de la République du Kenya, Mme Fariha Peracha, Directrice du Centre Sabaoon au Pakistan et M. Ivo Veenkamp, directeur adjoint du Centre Hedayah à Abou Dhabi. Parmi les thèmes abordés figuraient la promotion de la pensée critique, les terrains fertiles et les causes de la radicalisation chez les jeunes, et les moyens de renforcer la coopération internationale dans la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent.

La manifestation fait suite à l’adoption, par le Conseil exécutif à sa 197e session, d’une résolution sur l’éducation en tant qu’outil de prévention de l’extrémisme violent, qui confie à l’UNESCO un rôle de chef de file dans ce domaine. L’action de l’Organisation a été reconnue comme étant essentielle pour prévenir et lutter contre l’extrémisme violent, lors du Sommet des dirigeants sur la lutte contre l'EI et l'extrémisme violent organisé par le Président des États-Unis, Barack Obama, à l’Organisation des Nations Unies en septembre 2015. L’approche préventive dans la lutte contre l’extrémisme violent fait également partie de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies.