L’UNESCO forme les forces armées et de sécurité maliennes à la protection du patrimoine culturel

30921795631_d31fd8b8cf_z.jpg

© UNESCO/Clarisse Njikam
25 Novembre 2016

Bamako 24 novembre 2016- Les 16 et 17 novembre 2016, plusieurs corps des forces armées et de sécurités maliennes ont été réunis à l’initiative de la Direction nationale du patrimoine culturel (DNPC) du Ministère de la culture malien et de l’UNESCO dans le cadre d’un atelier de deux jours portant sur la protection des biens culturels en cas de conflits armés. Cet atelier, qui s’est tenu au Musée national du Mali à Bamako, premier du genre depuis la crise de 2012, aura permis de discuter de leur rôle stratégique dans la protection du patrimoine culturel en les familiarisant avec la Convention de La Haye de 1954 et ses deux protocoles additionnels (1954 et 1999).

Depuis le début de la crise au Mali en 2012, le patrimoine culturel, a été mis en danger subissant à la fois destruction, pillage et trafic illicite. Sa protection devient alors une question majeure de paix et de sécurité, inséparable de la protection des vies humaines, ce que rappelle la récente reconnaissance par la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye de la destruction délibérée du patrimoine comme crime de guerre, par la condamnation d’Ahmad Al Faqi Al Mahdi en août 2016 pour destruction de neuf des mausolées de Tombouctou et de la porte de la mosquée Sidi Yahia en 2012 et 2013. Les forces armées et de sécurité, en première ligne des conflits, tiennent un rôle primordial consistant tant à protéger les personnes que les biens, et notamment les biens culturels. Divers instruments juridiques adoptés par la Communauté internationale encadrent cette importante tâche. C’est donc dans le cadre de sa mission de renforcement des capacités et d’appui à ses Etats membres que l’UNESCO organise, en collaboration avec le Gouvernement malien, plusieurs ateliers de sensibilisation et de formation des forces armées afin de les familiariser avec les outils mis à leur disposition pour assurer la protection des personnes et des biens. En effet, suite à cet atelier sur la protection des biens culturels, l’UNESCO organise également un atelier de formation des forces armées à la liberté d’expression et à la sécurité des journalistes, en collaboration avec le Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile, EUCAP Sahel-Mali et l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), du 21 au 26 novembre.

Présidé par Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo, Ministre de la culture du Mali, l’atelier de formation des forces armées et de sécurité sur la convention de 1954 aura réuni une trentaine de représentant-es des forces armées et de sécurité, y compris les services des douanes, la gendarmerie et la police. Il aura été l’occasion de mettre la Convention en perspective et de lui donner une dimension pratique notamment en présentant et échangeant avec les participants sur les concepts et réflexes de base dans le domaine de la protection des biens culturels en cas de conflit armé, tout en les familiarisant avec le système mis en place par la Convention de La Haye de 1954 et ses Protocoles.

L’atelier aura également permis de mener une réflexion avec les participants, qui, pour la plupart ont été impliqués dans les opérations militaires du Nord du Mali, sur la nécessité et la manière d’intégrer dans les protocoles d’intervention et les stratégies militaires, la protection des biens culturels à tous les échelons de la chaîne de commandement. En conclusion de cet atelier, les participants ont adopté des propositions d’engagements à l’attention du Gouvernement malien, à travers le Ministère de la culture, appelant à la mise en œuvre d’un certain nombre de mesures favorisant la protection du patrimoine culturel par les forces armées et services de sécurité dans le cadre de leur missions respectives. Entre autres, les participants ont appelé à l’élaboration d’un programme de renforcement des capacités des forces armées de défense et de sécurité et de douane nationales intégrant l’enseignement de modules portant sur la protection du patrimoine et sur les conventions culturelles UNESCO dans les écoles de formation.

Contacts :

M. Jan HLADÍK, Chef Section des traités pour la protection du patrimoine culturel, Division du Patrimoine

M. Khalid ERMILATE, Spécialiste adjoint du programme, Section des traités pour la protection du patrimoine culturel, Division du Patrimoine

M. Ali Daou, Chargé de programme culture, Bureau de l'UNESCO à Bamako 

Mme Guiomar Alonso Cano, Responsable du secteur Culture, UNESCO Dakar