L’UNESCO présente les résultats d’une étude sur les webradios au Maroc

A l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la radio, le Bureau de l’UNESCO pour le Maghreb a organisé le vendredi 19 février un séminaire pour présenter le rapport « Etat des lieux des webradios existantes au Maroc », avec la participation des représentants d’une douzaine de webradios, de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA), du président de l’Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC) et en présence du Secrétaire général du ministère de la Communication du Royaume du Maroc.

Elaborée par Sébatien Nègre, consultant spécialiste de la question des radios communautaires, cette étude approfondie porte sur 19 webradios sur les 68 identifiées dans le pays. Cette activité s’inscrit dans le cadre du travail mené par le Bureau pour le Maghreb pour promouvoir la liberté d’expression sur internet comme hors ligne, le pluralisme et la diversité des médias.

L’événement a attiré une quarantaine de participants de différentes webradios marocaines comme Radio Campus Marrakech, Radio Ajial à Agadir, Darblanca à Casablanca, Mères en ligne à Tanger, Sawte Ouarzazate, e-Joussour à Rabat et Association Femmes du sud à Agadir.

Au Maroc, le cadre juridique actuel sur l’audiovisuel ne permet pas pour le moment aux webradios [Note TRAD : j’ai suivi la version anglaise, mais je me demande si ce n’est pas la version française qui est juste ; d’après le contexte, ce serait plus logique] d’émettre sur les ondes hertziennes. Selon Sébastien Nègre, « Internet est donc le seul média qui permet de donner auprès du grand public une visibilité aux actions associatives ainsi qu’aux principes défendus par ces dernières ». L’étude analyse également les caractéristiques économiques et éditoriales de ces médias en ligne de proximité, traitant souvent de questions qui concernent la jeunesse, la sexualité, l’emploi, le genre et la citoyenneté.

Au cours des allocutions d’ouverture, Jamal-Eddine Naji, directeur général de la HACA et fondateur de la Chaire Unesco/Orbicom en Communication publique et communautaire auprès de l’Institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC), a rappelé d’abord les étapes vers la reconnaissance juridique des radios communautaires au Maroc. Il a donc invité les différents acteurs à prendre des mesures concrètes pour donner « légalité et légitimité à ce secteur ». Michael Millward, représentant de l’UNESCO pour le Maghreb, a précisé que promouvoir les radios communautaires ou associatives, « c’est permettre à des groupes de citoyens, sur Internet mais également sur les ondes hertziennes, de prendre leur destin en main concrètement, par la parole, l’échange de bonnes pratiques, la discussion, la compréhension mutuelle ». Enfin, Emmanuel Boutterin, président de l’AMARC, a quant à lui affirmé que « l'AMARC est aux côtés du Maroc et de l'UNESCO. Elle met son expertise au service des Etats et de la société civile sur les cadres légaux et réglementaires pour le développement professionnel du secteur, pour soutenir les processus visant à améliorer le pluralisme, la liberté d'expression et d'information, la diversité culturelle, dans le respect des identités et des cultures, condition essentielle pour la promotion des valeurs démocratiques ».

Dans le cadre du séminaire, deux ateliers étaient organisés dans l’après-midi, afin d’accompagner les participants nationaux dans leurs travaux pour la reconnaissance juridique des radios communautaires et associatives. Le premier  atelier portait sur les principes de gestion des webradios ; le deuxième  présentait les arguments à mettre en avant pour la reconnaissance juridique des radios communautaires et associatives au Maroc.

Cette activité a été organisée grâce au soutien de la coopération finlandaise et suédoise dans le cadre d’un programme de promotion de la liberté d’expression dans la région MENA.