L’UNESCO présente sa publication pour combattre les discours de haine sur Internet

L'UNESCO a présenté sa nouvelle publication « Countering Online Hate Speech » (Combattre les discours de haine sur Internet) lors de la Conférence sur les jeunes et Internet : « Combattre la radicalisation et l'extrémisme sur Internet », qui s'est déroulée au quartier général de l'UNESCO les 16 et 17 juin 2015. Cette publication fait partie d'une série de l'UNESCO traitant de la liberté sur Internet.

L'étude a été développée en collaboration avec le Programme de droit et politique comparées des médias de l'Université d'Oxford. Elle offre un panorama mondial des dynamiques caractéristiques des discours de haine en ligne et des mesures adoptées pour les combattre et les contenir, en mettant en avant les bonnes pratiques qui ont émergé au niveau local comme au niveau national. Si l 'étude fournit une analyse complète des cadres normatifs internationaux, régionaux et nationaux qui ont été élaborés pour faire face aux discours de haine en ligne et des répercussions sur la liberté d'expression, elle met particulièrement l'accent sur les mécanismes sociaux et non réglementaires qui peuvent contribuer à lutter contre la production, la diffusion et l'impact des messages de haine en ligne.

L'étude traite de quatre points de tension essentiels entre les règles internationales concernant la liberté d'expression et l’obligation des États et des sociétés à combattre et limiter le discours de haine. Elle analyse tout d'abord la définition du discours de haine ; puis la compétence juridique des gouvernements nationaux et le rôle des entreprises transnationales, en troisième lieu, la nature du discours de haine sur Internet et sa relation avec le discours hors Internet et l'action ; enfin, elle identifie un éventail de méthodes qui ont été mises en œuvre pour traiter de problèmes particuliers dans certains contextes.

L'étude est centrée sur quatre types d'initiatives qui ont été lancées afin de contrer l'émergence et /ou la propagation de messages haineux : i) des efforts de recherche permettant de suivre l'émergence et la diffusion des discours de haine, en développant un système d'alerte précoce et des méthodes qui facilitent la distinction entre les différents types d'actes de parole. ii) des actions coordonnées, menées par des membres de la société civile qui cherchent à créer des coalitions nationales et internationales afin de répondre aux menaces émergentes qui lient la haine en ligne à la violence hors ligne. iii) des initiatives encourageant les réseaux sociaux et les fournisseurs de service Internet à jouer un rôle plus vigoureux et à réagir aux discours de haine en ligne ; et iv) des campagnes et des initiatives d'éducation aux médias afin de préparer les utilisateurs à interpréter le discours de haine et à  réagir aux messages de haine. En s'appuyant sur ces cas, l'étude propose une série de recommandations qui pourront être adoptées par différents acteurs pour élaborer des réponses pratiques et adaptées.

L'étude prend sa source dans la mise en œuvre de la résolution 52, votée par les 195 États membres  de l'Organisation, lors de la 37e Conférence de l'UNESCO qui a eu lieu en novembre 2013. Cette résolution appelait à une étude consultative complète et multilatérale, dans le cadre du mandat de l’UNESCO, sur les questions de l’information et du savoir, de la liberté d’expression, du droit à la vie privée, ainsi que la dimension éthique de la Société de l’information, en lien avec Internet.

La recherche sur les discours de haine a contribué à cette étude plus vaste.

L’intégralité de l'étude est disponible ici en anglais.