L’UNESCO s’associe à l’Alliance des civilisations de l’ONU pour prévenir l’extrémisme violent à travers l’éducation aux médias et à l’information

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17 Février 2017

Avoir un journalisme indépendant et donner aux publics et aux utilisateurs de l’Internet des moyens d’action constituent deux éléments essentiels de la prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent.

Tels étaient les messages relayés la semaine dernière lors d’une table ronde en présence de Guy Berger, Directeur de la Division pour la liberté d’expression et le développement des médias de l’UNESCO, au Siège de l’ONU à New York.

Ouvert par Nassir Abdulaziz Al-Nasser, Haut Représentant pour l’Alliance des Civilisations de l’ONU (UNAOC), et Cristina Gallach, Secrétaire générale adjointe de l’ONU à la communication et à l’information, l’événement a également réuni des membres de gouvernements, d’ONG et de la société civile pour débattre de la question.

Parmi les participants figuraient l’Ambassadeur Hahn Choong-hee, Représentant permanent adjoint de la République de Corée auprès de l’ONU ; Regina de Assis, ancienne Secrétaire d’Etat à l’éducation, Etat de Rio, Brésil ; Renee Hobbs, professeur de communication, Université de Rhode Island, Etats-Unis ; Magda Abou-Fadil, Directrice de Media Unlimited, Liban ; et Liam Hackett, fondateur de Ditch the Label, Royaume-Uni.

L’événement avait pour objectif de montrer le rôle de l’éducation aux médias dans la prévention de l’extrémisme violent.

Nassir Abdulaziz Al-Nasser de l’UNAOC a donné le ton en affirmant que « le développement de la pensée critique chez les individus, en particulier chez les jeunes, et le besoin d’initiatives en matière d’éducation aux médias à tous les niveaux de la société sont des éléments clés pour traiter et neutraliser les effets dévastateurs que la propagande de l’extrémisme violent a sur l’esprit d’un trop grand nombre de nos jeunes. »

Guy Berger de l’UNESCO a expliqué que « l'éducation aux médias et à l’information, associée à un journalisme de qualité, peut nous aider à prévenir la radicalisation et à éviter les pièges dans notre façon d’y répondre. »

Il a soutenu que c’est précisément un journalisme libre, pluraliste et indépendant qui peut fournir à toutes et à tous des informations fiables et crédibles. Celles-ci serviraient ensuite de norme pour évaluer la propagande, l’appel aux émotions et les fausses actualités diffusés par les groupes violents extrémistes dans le but de recruter de nouveaux candidats.

« Le récit journalistique se démarque distinctement à la fois des pratiques pro- et contre-narratives sur l’extrémisme violent, » a-t-il dit. « Pour jouer son rôle, le journalisme a besoin des conditions préalables à la liberté, à l’indépendance et au professionnalisme – c’est une condition sine qua non pour garantir son authenticité, sa crédibilité et son impact. »

« Lorsqu’une société jouit de ce type de journalisme, alors, avec le temps, les faits et la raison auront des chances de l’emporter sur les émotions, la désinformation et la manipulation. Nous devons donc respecter, défendre et soutenir le journalisme en raison de son rôle à la fois d’antidote partiel à l’extrémisme violent, mais aussi de contrôle factuel quant à l’efficacité des efforts fournis par une société dans la lutte contre l’extrémisme violent, sans oublier de respect des droits humains, » a-t-il soutenu.

« Un journalisme digne de confiance peut démontrer les contradictions posées par les appels au radicalisme, la barbarie et l’hypocrisie des icônes extrémistes, et les fausses promesses, » a déclaré Guy Berger. « Avoir un journalisme de qualité qui puisse servir de point de référence ne représente que la moitié de la solution, l’autre moitié doit être de donner aux utilisateurs de l’Internet des moyens d’action, » a-t-il poursuivi.

L’éducation aux médias et à l’information (MIL), a-t-il déclaré, consiste à donner aux utilisateurs les moyens de savoir où ils sont (parmi les différentes caractéristiques de l’Internet), qui ils sont (en termes de développement de leur propre identité face aux influences manipulatrices), mais aussi la meilleure façon d’agir face aux défis en ligne.

Parallèlement, Guy Berger a souligné : « Les utilisateurs ont besoin des compétences nécessaires pour reconnaître, demander et faire usage d’un journalisme crédible et factuel. Ils devraient savoir qu’ils ont le droit de critiquer tout mauvais journalisme et d’exiger le respect des normes de professionnalisme. »

« Cela sous-entend également d’améliorer la compréhension de la multitude de récits non-journalistiques disponibles en ligne. Cela correspond tout simplement au travail actuel de renforcement des capacités en matière de médias et d’information, pour tous mais en particulier des enfants et des jeunes. »

Cet événement a également servi de plateforme pour la présentation des dernières publications de l’UNAOC-UNESCO-NORDICOM : « Opportunités pour l’éducation aux médias et à l’information au Moyen-Orient et en Afrique du Nord » et « Education aux médias et à l’information : renforcer les droits humains, lutter contre la radicalisation et l’extrémisme » (uniquement disponibles en anglais : http://milunesco.unaoc.org/publications/).

Il a été organisé conjointement par l’UNAOC et l’Impact universitaire des Nations Unies (UNAI) – une initiative qui vise à « lier les institutions d’enseignement supérieur aux Nations Unies dans leur soutien aux principes universellement approuvés dans les domaines des droits de l’Homme, de l’alphabétisation, de la durabilité et de la résolution des conflits. »

L’UNESCO et l’UNAOC ont mis en place un centre d’échange d’information sur l’éducation aux médias et à l’information visant à appuyer la diffusion d’informations et de ressources en plusieurs langues à l’échelle mondiale, et de les mettre à disposition des éducateurs afin que ces derniers les incluent aux sujets relatifs à la MIL dans le cadre de l’éducation formelle et informelle.