L’UNESCO s’inquiète de la dégradation du site archéologique de l’épave du San José au Panama

Paris, 11 décembre – L’exploitation commerciale de l’épave du San José, galion espagnol naufragé dans les eaux panaméennes au 17e siècle, ne répond pas aux critères d’une démarche scientifique et a causé d’importants dommages à ce site archéologique. Telle est la conclusion d’un rapport de l’UNESCO suite à la mission d’experts effectuée dans l’archipel de Las Perlas.

A la demande du gouvernement du Panama, qui avait exprimé ses inquiétudes sur la préservation du site, le Conseil consultatif scientifique et technique de la Convention de l’UNESCO sur la protection du patrimoine culturel subaquatique (2001) a envoyé à deux reprises, en juillet et octobre 2015, une mission d’experts afin d’évaluer les actions menées depuis 2003 dans le cadre de l’exploitation commerciale du galion espagnol.

« La méthode de relevé archéologique […] n'est pas conforme aux protocoles actuels en matière de pratique archéologique professionnelle », notent les experts dans leurs conclusions, tout en précisant que l’exploitation de l’épave a été particulièrement dommageable pour le site archéologique. Ainsi, l’utilisation de déflecteurs à hélices, qui génèrent de puissants jets d'eau ayant pour effet de déplacer les sédiments et creuser le sol, a été préjudiciable à une documentation précise du site.

Ces méthodes sont contraires aux règles internationalement reconnues contenues dans l’Annexe de la Convention de l’UNESCO, ratifiée par le Panama. Les experts relèvent également que certaines pièces présentées par la société en charge de l’exploitation du site  comme des biens issus du San José semblent postérieures au naufrage du galion. En juillet 2015, la Direction nationale du patrimoine historique du Panama a par ailleurs saisi des objets issus des fouilles sur le point d’être exportées illégalement.

Les experts condamnent l’approche purement mercantile du projet, qui s’est focalisé sur la seule recherche de biens présentant une valeur commerciale. Ils recommandent que toute activité en lien avec le patrimoine subaquatique soit faite en conformité avec les principes de la Convention de l’UNESCO, en favorisant la protection des sites subaquatiques. Ils encouragent également les autorités du Panama à promouvoir l’archéologie subaquatique scientifique et à organiser une exposition sur les vestiges du San José.

La Convention sur la protection du patrimoine culturel subaquatique de l’UNESCO vise à assurer la préservation du patrimoine immergé et lutter contre l’exploitation commerciale et le pillage des épaves, en permettant notamment la saisie d’objets pillés.

Le Conseil consultatif scientifique et technique de la Convention de l’UNESCO sur la protection du patrimoine culturel subaquatique est composé de douze experts de réputation internationale. Il apporte son concours aux pays désireux de protéger leur patrimoine immergé.

Le San José, un vaisseau espagnol construit en 1611, avait quitté le port de Callao, au Pérou, pour se rendre au Panama. Il a coulé 17 juin 1631 après avoir heurté le fond, emportant avec lui une importante cargaison d’or et d’argent.

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