L'UNESCO se penche sur le déficit de financement de l'éducation mondiale

L'éducation est une des priorités du nouvel agenda pour le développement, mais les modalités de financement des nouvelles cibles ambitieuses de l’Objectif de développement durable 4 (ODD4) demeurent un défi. Pendant la Semaine mondiale d’action pour l’éducation 2016 (GAWE), l'UNESCO a organisé une table ronde pour débattre de ce défi et explorer les opportunités.

Cette table ronde intitulée « Financer l'ODD4 - Éducation 2030. Ne laisser personne de côté : comment réduire les inégalités ? » a été organisée le 25 avril par l'UNESCO et la Campagne mondiale pour l'éducation (CME) afin de sensibiliser à l'importance du financement de l'éducation.

Faute de trouver chaque année 39 milliards de dollars E-U. supplémentaires pour financer l'éducation, les pays les plus pauvres ne seront déjà pas en mesure d’atteindre la première cible de l'éducation définie par l’agenda pour le développement durable, qui est de garantir à tous, filles et garçons, un cycle complet d’enseignement primaire et secondaire gratuit, équitable et de qualité, débouchant sur des acquis d’apprentissage pertinents et efficaces.

Dans un message vidéo marquant le lancement de la GAWE, la Directrice générale de l’UNESCO Irina Bokova a déclaré : “Faute de financements adéquats dans l'éducation, la réalisation de la totalité du programme mondial est en danger.”

Alice Albright, Directrice générale du Partenariat mondial pour l’éducation (PME), a souligné par ailleurs que la réalisation de cet objectif exigeait “de prêter davantage attention aux plus marginalisés”.

Éducation et réduction de la pauvreté

L'éducation est essentielle à l’éradication de la pauvreté, qui est l’ambition au cœur du nouvel agenda pour le développement. Selon les données présentées par l’une des panélistes, Romilly Greenhill de l’Overseas Development Institute, d'ici à 2030 les populations les plus pauvres du monde – celles qui vivent en majorité en Afrique subsaharienne et dans les états fragiles – auront probablement pris encore plus de retard, sauf si les nouvelles ambitions s’accompagnent d’un nouveau financement du développement. Etant donné le puissant impact de l’éducation sur la réduction de la pauvreté en termes de développement personnel et social et l’ampleur des investissements requis, il est essentiel d’accroître la capacité fiscale des pays les plus pauvres et garantir une hausse de l'aide au développement pour l'éducation.

Manos Antoninis, du Rapport mondial de suivi de l’éducation (RMSE), a indiqué que les pays à faible revenu ne recevaient que 22 % de l'aide pour l'éducation. Cependant, du fait que la cible de l’Objectif de développement durable 4.5 porte sur l'équité, il y a un nouvel indicateur sur la part de l’aide bénéficiant aux pays les plus pauvres.

Aide à court terme et besoins de financement à long terme

Pour créer des modèles de financement innovants, M. l’Ambassadeur Tarald Brautaset, point focal du ministère des Affaires étrangères norvégien pour la Commission internationale sur le financement des opportunités éducatives mondiales, a indiqué qu’il était nécessaire de mettre fin à l’exigence des bailleurs de constater des résultats à court terme.

M. David Archer, au nom de la CME, a convenu que l'éducation, plus que toute autre question, nécessitait un financement à long terme et il a pointé la nécessité d’accroître la base fiscale.

Par ailleurs, pour M. Andreas Schleicher de l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques, la manière dont les fonds sont investis a plus d’impact sur les résultats qu’un simple accroissement du financement.

M. Fuad Omar, Délégué permanent adjoint de l'Éthiopie et Mme Teopista Birungi, fondatrice de l’Uganda National Teachers’ Union, ont tous deux souligné l'importance capitale d’investir dans le développement des ressources humaines pour atteindre un haut niveau de qualité de l’éducation.

En conclusion, M. Jordan Naidoo, Directeur de la Division pour l'appui et la coordination de l'agenda Éducation 2030 de l’UNESCO, a déclaré que « les financements tant nationaux qu’externes ont besoin d'être accrus. Mais ils doivent se focaliser sur l'équité », ajoutant que la solution ne résidait pas seulement dans l’investissement  de fonds supplémentaires, mais dans une meilleure utilisation de ceux-ci.

 Liens