L’UNESCO souligne le devoir d’éducation à l’histoire de l’Holocauste

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© UNESCO/P. Chiang-Joo

La Directrice-générale de l’UNESCO Irina Bokova a marqué la journée internationale de commémoration des victimes de l’holocauste par une série de manifestations culturelles et symboliques autour du thème « Des mots au génocide – la propagande antisémite et l’Holocauste », le 27 janvier 2016. « Cette journée touche au cœur de l’identité de l’UNESCO, au plus profond de notre action pour la paix.

L’UNESCO est née au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en réponse à la destruction et au génocide des juifs perpétrés par le régime nazi. » a-t-elle déclaré à cette occasion.

L’ensemble de l’UNESCO était mobilisé pour les manifestations de cette journée internationale. Irina Bokova a participé aux côtés du Premier ministre de la République française, M. Manuel Valls, avec le Ministre de l’Intérieur M. Bernard Cazeneuve et la Ministre de l’Education nationale Mme Najat Vallaud-Belkacem, au Mémorial de la Shoah, à la signature d’une Convention sur l’éducation contre l’antisémitisme et la citoyenneté mondiale. « Enseigner l’histoire de l’Holocauste est plus important que jamais, pour lutter contre la radicalisation des jeunes, et vaincre l’extrémisme violent. Ne laissons rien passer, partageons l’intelligence et la dignité contre la barbarie. C’est notre manière d’honorer la mémoire des morts, et d’alerter les vivants. » a-t-elle souligné.

Au siège de l’UNESCO étaient inaugurée deux expositions sur la propagande nazie.  L’exposition « A pour Adolf », organisée en partenariat avec la Wiener Library de Londres, analyse le rôle de la propagande nazie dans l’éducation des jeunes enfants. Elle est présentée sur les grilles du siège de l’UNESCO jusqu’au 28 février 2016. L’exposition « l’Etat manipulateur », en partenariat avec le Musée Mémorial de l’Holocauste des Etas Unis, présente une analyse illustrée des mécanismes de la propagande de l’Etat nazi. Cette exposition, inaugurée par la Directrice générale et Mme Sarah Bloomfield,  Directrice du Musée Mémorial de l’Holocauste des Etats-Unis, rejoint le mandat de l’UNESCO pour construire les défenses de la paix et donner à chacun les outils de répondre à la falsification de l’histoire et aux mensonges par l’éducation, la connaissance du passé et des moyens de manipulation des masses par des informations tronquées. Cette exposition est présentée au siège de l’UNESCO jusqu’au 11 février. L’UNESCO et le Musée Mémorial de l’Holocauste des Etats-Unis renforcent leur partenariat dans le cadre du programme mondial d’enseignement de l’Histoire de l’Holocauste, avec une série de Conférences et de formation des enseignants.

La cérémonie d’hommage a été marquée par les interventions de M Eric de Rothschild, Président du Mémorial de la Shoah, partenaire de l’UNESCO, et de son Excellence Monsieur Carmel Shama Hacohen, Ambassadeur, Délégué permanent d’Israël auprès de l’UNESCO. M. Roman Kent, rescapé du camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz Birkenau, était le grand témoin invité de la cérémonie. Racontant son expérience dans un témoignage émouvant sur la déshumanisation et l’enfer des camps, il a ainsi déclaré « L’indifférence et le silence  - voilà les raisons de l’Holocauste. La réponse à la tyrannie est l’engagement. Nous avons tous le devoir de mémoire, l’obligation d’instruire aux générations futures ce qui se passe quand on laisse fleurir les préjugés et la haine. Nous devons enseigner la tolérance et la compréhension à l’école et la maison. Personne ne doit être un observateur passif. Ceci devrait faire figure de 11ème commandement. » La cérémonie était organisée avec le soutien du Congrès Juif Mondial, du Mémorial de la Shoah, et de nombreux Etats-Membres, l’Allemagne, l’Autriche, la France, Israël, Lettonie, Monaco et les Etats-Unis d’Amérique.

A cette occasion, la Directrice générale a annoncé le lancement d’une nouvelle étude, menée en partenariat avec la Commission Européenne et l’Institut Georg Eckert, pour une analyse détaillée de l’ensemble des manuels scolaires et des perceptions des étudiants sur l’enseignement de l’Holocauste, à travers l’Europe.

Reprenant cet appel à la vigilance, Irina Bokova s’est exprimé : « La prévention, c’est apprendre à déjouer les pièges de la propagande, à démonter la logique criminelle derrière les discours négationnistes et la relativisation du génocide. C’est aider chacun à comparer, à mettre en perspective, à anticiper les signes avant-coureurs de la violence. C’est percevoir qu’il existe une haine spécifique, persistante, envers les juifs, et comprendre que l’histoire de l’holocauste peut nous aider à lutter contre toutes les formes de racisme aujourd’hui. » a-t-elle conclu.