L’UNESCO et l’Université Kadir Has unissent leurs forces pour la sauvegarde du patrimoine mondial

Le 7 janvier 2015, Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, et l’Université Kadir Has à Istanbul (Turquie) ont signé un accord portant création d’une chaire UNESCO sur la gestion et la promotion des sites du patrimoine mondial : participation des nouveaux médias et des communautés. L’événement s’est déroulé dans le cadre du 70e anniversaire de l’UNESCO.

Cette chaire a pour objet de promouvoir un système intégré de recherche, de formation, d’information et de documentation dans les domaines de la gestion et de la promotion du patrimoine mondial et de la participation des médias et des communautés. Elle facilitera la collaboration entre des chercheurs de haut niveau internationalement reconnus et le personnel enseignant de l'Université et d'autres institutions situées en Turquie, ainsi que dans d’autres régions du monde.

« Sans la culture, aucune société ne peut prospérer, aucun développement ne peut être durable », a déclaré la Directrice générale. « C’est en cela que cette nouvelle chaire UNESCO, qui vise à mettre en place des modes novateurs de participation des communautés à la gestion durable des sites et à renforcer les capacités du personnel gestionnaire, est importante ».

« Nous complétons les initiatives prises par l’UNESCO afin d’atteindre les jeunes femmes et les jeunes hommes, de relever ensemble les défis les plus ardus auxquels l’humanité est aujourd’hui confrontée », a indiqué le recteur, M. Mustafa Aydin. « L’UNESCO est l’instance intellectuelle de l’Organisation des Nations Unies et un acteur de l’édification d’une paix durable, et c’est précisément l’esprit de cette nouvelle chaire, dont nous sommes très fiers ».

Lors de la cérémonie d’ouverture, M. Huseyin Avni Botsali, Ambassadeur, Délégué permanent de la Turquie auprès de l’UNESCO, a évoqué l’importance des liens entre le monde universitaire et celui de la diplomatie.

« Les temps changent », a déclaré l’Ambassadeur, « et nous devons approfondir les échanges et partager les contributions de toutes les composantes de la société ». Il a évoqué l’importance du patrimoine culturel et de la diplomatie dans le monde d’aujourd’hui, faisant observer que la Turquie était une « superpuissance culturelle ».

À cette occasion, la Directrice générale a donné une conférence à l’Université Kadir Has sur le thème « Sauvegarder le passé pour un avenir meilleur pour tous », en présence du recteur de l’Université, M. Mustafa Aydin, mais aussi d’étudiants et de professeurs de l’Université.

La Directrice générale a souligné combien il était important de sauvegarder le patrimoine et la diversité culturels au service de la réconciliation et de la consolidation de la paix, aujourd’hui et demain.

« Pour l’UNESCO, les cultures du monde sont différentes mais l’humanité ne fait qu’une, sous la bannière des droits de l’homme », a-t-elle affirmé. « Sur cette base, l’UNESCO s’efforce de promouvoir la culture en tant que force dynamique qui élargit le champ des possibilités et régénère les sociétés ».

« La culture est ce que nous sommes ; c’est notre façon d’appréhender le monde et le moyen de le façonner », a ajouté Mme Bokova.

Dans ce contexte, elle a évoqué l’urgente nécessité de sauvegarder le patrimoine et la diversité culturels pris pour cible en Iraq et en Syrie, domaine dans lequel la Turquie joue un rôle essentiel en redoublant de vigilance dans la lutte contre le trafic de biens culturels.

« Il nous faut faire plus », a déclaré la Directrice générale. « Je crois que nous devons créer des zones culturelles protégées aux abords des sites du patrimoine, en associant plus étroitement les acteurs locaux. J’ai invité le Conseil de sécurité de l’ONU à examiner la possibilité d’une interdiction internationale du commerce de biens culturels syriens et j’exhorte tous les acteurs à intégrer la protection du patrimoine et de la diversité culturelle dans les opérations humanitaires et les initiatives de consolidation de la paix ».

La Directrice générale a rappelé sa visite au Mali, il y a deux ans, avec le Président français, et l’ampleur des actions de l’UNESCO pour reconstruire les mausolées de Tombouctou.

À tous ces égards, Mme Bokova a évoqué l’importance de la nouvelle chaire UNESCO et son esprit novateur, qui s’appuie sur une approche pluridisciplinaire et un partenariat solide entre l’UNESCO, le monde universitaire, le secteur privé et les ONG.

Une présentation de cette nouvelle chaire par sa titulaire, Mme Yonca Kösebay Erkan, Professeure associée, a clôturé la cérémonie, avant que l’accord ne soit signé.

« Je considère que tout ceci s’inscrit dans le cadre du renouveau du partenariat entre la Turquie et l’UNESCO », a déclaré la Directrice générale.