L’UNESCO va envoyer une mission à Madagascar pour évaluer l’état d’une épave dans la baie de Sainte-Marie

Suite à une demande des autorités de Madagascar, l’UNESCO devrait envoyer une mission d’ici la fin du mois de juin afin d’évaluer l’état d’une épave gisant dans la baie de Sainte-Marie. Cette épave fait depuis plusieurs semaines l’objet de fouilles par une société de production de film britannique qui laissent craindre des dégâts irréversibles sur ce site archéologique.

La Conférence des Etats parties à la Convention sur la protection du patrimoine culturel subaquatique de l’UNESCO, réunie à Paris du 28 au 29 avril, a décidé de donner suite à la demande de Madagascar d’envoyer une mission d’experts pour évaluer l’état d’une épave de la baie de Sainte-Marie. Cette mission, dont le financement reste à déterminer, sera mise en œuvre par le Conseil consultatif scientifique et technique de la Convention et dirigée par Michel L’Hour, Directeur du Département français des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines.

La société britannique October film a entrepris il y a quelques semaines le tournage d’un film documentaire sur l’histoire des pirates à Madagascar au 17e et 18e siècle pour lequel une autorisation de tournage leur a été délivrée. Mais il semble que des fouilles soient actuellement menées sur une épave fragile gisant dans la baie Sainte-Marie et que l’exploration se fasse sans aucune garanties scientifiques, conformément aux règles internationalement reconnues contenues dans l’Annexe de la Convention.

Cette situation est jugée préoccupante par les autorités de Madagascar, un pays qui a ratifié la Convention. Le Sous-Directeur de la Culture de l'UNESCO, Alfredo Perez de Armiñán, a également exprimé son inquiétude et déclaré que « la préservation des sites du patrimoine culturel subaquatiques du pillage, de l'exploitation commerciale et des fouilles non scientifiques est d'une importance capitale. Ces sites sont fragiles et doivent être préservés. La situation à Madagascar est préoccupante et j’exprime mon plein appui au ministère de la Culture de Madagascar dans sa lutte pour protéger son patrimoine immergé ».

Le Conseil consultatif scientifique et technique de la Convention de 2001 de l’UNESCO sur la protection du patrimoine culturel subaquatique est composé de douze experts de réputation internationale. Il a pour vocation d’aider les États Parties à la Convention sur les questions à caractères scientifique et technique et spécifiquement en cas d’urgence.