Utilisons les leçons tirées du VIH pour faire face à la crise d’Ébola

Le 15 septembre, le Prix international UNESCO-Guinée équatoriale pour la recherche en sciences de la vie sera remis à Malabo. Les lauréats de cette année sont un biologiste, un scientifique des sols ainsi qu’un institut de recherche sur les maladies tropicales. La sélection de ces lauréats reflète une priorité de l’UNESCO : la promotion de la santé et du développement humain à travers la science. Une table-ronde scientifique accompagnera la cérémonie de remise de prix pour permettre aux scientifiques de dialoguer avec des décideurs sur d’importants sujets sanitaires en Afrique et dans le reste du monde. À titre d’exemple, l’UNESCO travaille avec ses États membres pour appliquer les leçons tirées de l’éducation sanitaire sur le VIH à l’épidémie d’Ébola en Afrique de l’Ouest.

L’UNESCO base son soutien aux États membres sur les meilleures données scientifiques disponibles afin de promouvoir la santé et le bien-être à travers l’éducation. Dans le cadre du VIH, ce travail est axé sur l’éducation sexuelle et l’éducation à la puberté pour les jeunes. À partir de cette expérience, l’Organisation a appris l’importance de la collaboration intersectorielle et la relation symbiotique entre la santé et l’éducation. En Asie du Sud, Asie de l’Ouest et en Afrique subsaharienne, les femmes alphabétisées ont 30% de chances supplémentaires d’être conscientes de leur droit de refuser toute relation sexuelle et de demander des préservatifs que les femmes analphabètes.

Une bonne santé et le droit à une éducation de qualité permet aux élèves de rester à l’école et de renforcer leur participation dans des sociétés de paix, démocratiques, durables et multiculturelles. De ce fait, l’UNESCO promeut non seulement des modes de vie sains et l’égalité des sexes en milieu scolaire, mais aide également les pays à préparer leurs jeunes à développer les connaissances, les compétences, les valeurs ainsi que les comportements dont ils ont besoin pour mener des vies plus saines et plus productives.

Le travail pionnier de l’UNESCO dans le domaine de l’éducation au VIH et à la santé a abouti à des résultats concrets. Un exemple récent est celui de l’Initiative en faveur de l’engagement des ministres des pays d’Afrique orientale et australe qui marque le début d’une nouvelle ère pour la région. Le 7 décembre dernier, les ministres et représentants de la santé et de l’éducation de 20 pays d’Afrique de l’Est et d’Afrique australe ont affirmé leur engagement historique en faveur de l’éducation sexuelle et des services de santé sexuelle et reproductive pour les jeunes. Cet engagement est le fruit de consultations intensives autant au niveau régional que national et ouvre la voie à une plus grande prévention du VIH grâce à une éducation sexuelle et des services essentiels de santé complets.

Cette campagne a mené à un nouveau programme national en Zambie, soutenu par l’UNESCO. Selon Harriet Tembo, élève de 15 ans à l’école élémentaire Kablonga à Lusaka, capitale du pays, le nouveau programme d’éducation sexuelle est important pour les jeunes : « Je pense que ce que je vais apprendre m’aidera à rester à l’école plus longtemps, mais aussi à me concentrer sur mon avenir et à réaliser mes rêves. »

L’UNESCO s’appuie sur de telles expériences pour faire face à la récente épidémie d’Ébola. L’Organisation prévoit actuellement de mettre à profit ses stratégies efficaces de communication de masse et ses programmes dispensés dans les écoles, telles que des messages radiophoniques ou par SMS, pour fournir des informations précises et à jour au sujet des moyens de prévention et de soins du virus de l’Ébola dans la région. Ceci sera fait à travers les langues locales et des moyens culturellement appropriés.

L’UNESCO travaille avec une grande variété  de partenaires à travers le monde, y compris des États membres, des agences de l’ONU, la société civile et les universitaires, afin d’améliorer la qualité de la vie. À l’heure où le monde cherche des voies nouvelles pour construire la paix et le développement durable, nous devons compter sur le pouvoir de la connaissance pour innover, élargir nos horizons et faire vivre l’espoir d’un nouvel humanisme.