Les villes gabonaises s’engagent pour vaincre le Sida

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© UNESCO
08 Décembre 2016

Les villes de Libreville et Lambaréné ont abrité, les 1er et 2 décembre 2016, la célébration de la Journée mondiale de lutte contre le Sida au Gabon. La cérémonie d’ouverture a eu lieu à l’Hôtel de ville de Libreville, honorée par une multitude de personnalités. Ils étaient plus de 200 participants des agences du Système des Nations Unies au Gabon dont l’UNESCO, du Ministère de la santé, des associations et ONG œuvrant pour la lutte contre le VIH/Sida au Gabon.

Dans toutes les régions du monde, les villes portent une grande partie du fardeau mondial du VIH, la raison pour laquelle ONUSIDA a lancée il y deux ans « l’initiative sur les villes ». Depuis le lancement de l’initiative, plus de 40 maires au Gabon ont signé en mars 2016 à Lambaréné la Déclaration de Paris et se sont engagés à atteindre l'objectif 90-90-90 et à mettre fin au sida dans leurs villes. 

Ainsi, alors que la communauté international célèbre l’édition2016 de la Journée mondiale de lutte contre le Sida sous la thématique « Levons la main pour la prévention du VIH », les autorités gabonaises ont jugé utile de renforcer l’engagement de leurs villes dans cette lutte en choisissant comme thème national : « Les villes s’engagent pour vaincre le Sida ». En effet, la prévalence du VIH est élevée au Gabon (4,1% selon l’Enquête démographique et de santé 2012). De plus, selon l’ONUSIDA 10 villes sur 50 au Gabon (Libreville, Port-Gentil, Oyem, Ntoum, Moanda, Bitam, Franceville, Owendo, Lambaréné, Mouila) comptent plus de 80% des Personnes vivantes avec le VIH (PVVIH).

Cette thématique nationale, « incite (alors) les villes gabonaises à intégrer dans leurs programmes de développement une riposte adaptée aux besoins locaux, à se regrouper et à mutualiser les moyens et stratégies en vue de mener des actions conjointes pertinentes », comme l’a souligné Madame Rose Christiane Ossouka, Maire de la commune de Libreville.

Les PVVIH doivent participer activement à la mise en œuvre de ces programmes. « L’une de leurs premières actions doit être d’arrêter de transmettre volontairement ou involontairement le VIH. Ils doivent participer à la démystification du Sida et à l’élimination des préjugés tels que le Sida serait un sort que leur aurait lancé un proche ou une maladie qui pourrait être guérie par de pseudo-pasteurs. Seule la prise régulièrement de leurs antirétroviraux selon les prescriptions de leurs médecins favorisera l’atteinte rapide de l'objectif 90-90-90 », pour paraphraser Madame Bikeigne, Présidente du Réseau gabonais des personnes vivantes avec le VIH (REGAP +).


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Pour mettre fin à l’épidémie du VIH/Sida, la riposte doit être changée, transformée et accélérée. C’est dans cette optique que le groupe thématique Sida du Programme commun des Nations Unies sur cette épidémie existe. Celui-ci a pour mission d’échanger les informations, d’assurer la planification et le suivi d’une action coordonnée entre les organisations et d’autres partenaires du Gabon. Monsieur Jacques Boyer, Président dudit groupe, s’est réjoui, de ce que depuis la notification du premier cas en 1986, le gouvernement du Gabon a mis en œuvre une réponse au VIH avec l’appui des partenaires au développement, dont les agences du Système des Nations Unies au Gabon et des organisations de la société civile. En effet, les taux de transmissions mère-enfant et chez les adultes de plus de 24 ans ont régressé. Seul le taux chez les jeunes de 15 – 24 ans reste alarmant.

La riposte du VIH/Sida est désormais une priorité du gouvernement gabonais. Car elle est « contenue dans le Plan stratégique Gabon émergent (PSGE) et le Programme de l’égalité des chances. De plus, l’optimisation de la prise en charge du VIH/Sida, qui passe par le renforcement communautaire, a été retenu comme action prioritaire dans les 100 jours du (nouveau) gouvernement », a déclaré le Professeur Léon Nzouba, Ministre de la Santé, lors son discours d’ouverture.

Après la traditionnelle cérémonie protocolaire, les autorités ont procédé à une visite de stands des agences onusiennes dont celui de l’UNESCO, de la direction générale de lutte contre le VIH/Sida, des associations et ONG œuvrant pour la lutte contre le VIH/Sida au Gabon. Parallèlement, d’autres pouvaient se faire dépister gratuitement.

Les festivités se sont poursuivies le lendemain dans la ville de Lambaréné avec une campagne de sensibilisation de proximité et des dépistages gratuits.