La violence basée sur le genre en milieu scolaire est un obstacle majeur au droit à l’éducation

Chaque année dans le monde, environ 246 millions d’enfants sont victimes de violences en milieu scolaire. L’inégalité des normes sexospécifiques et des relations de pouvoir sont le principal moteur de cette violence, qui se manifeste par des brimades et des abus physiques, des châtiments corporels, un harcèlement sexuel et verbal, des attouchements non consentis et d’autres formes d’agressions sexuelles.

La violence basée sur le genre en milieu scolaire (VBGMS) en tant que « sérieux obstacle à la réalisation de l’éducation pour tous » a fait l’objet d’une table ronde à la 60e Conférence annuelle de l’Association d'éducation comparée et internationale (CIES) qui s’est tenue du 6 au 10 mars à Vancouver.

Jenelle Babb, de la Section de la santé et de l’éducation de l’UNESCO, a été rejointe par des représentants de l’ONUSIDA, de l’Institut d’éducation de l’University College de Londres, de Concern Worldwide, du Global Women’s Institute et de Promundo, afin d’examiner les lacunes en matière de VBGMS, ses impacts sur le bien-être des enfants et leurs résultats d’apprentissage, et d’envisager des solutions efficaces.

Sous le thème « Envisager des écoles à l’abri des violences basées sur le genre : Utiliser les données pour l’action », le panel a exploré les défis et les opportunités en matière de recherche, programmation, suivi et évaluation de la VBGMS, et les moyens par lesquels les responsables politiques et les professionnels peuvent répondre au problème.

Plus d’efforts nécessaires pour promouvoir des espaces sûrs

Mme Babb a expliqué aux participants que bien que le thème de la VBGMS ait pris de l’importance ces dernières années, les données montrent que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour promouvoir des cadres politiques et réglementaires qui favorisent des espaces d’apprentissage sûrs et inclusifs ainsi qu’une approche de tolérance zéro face à la violence. 

« Nous devons envisager de renforcer les liens entre les nombreux partenaires qui travaillent sur les questions de la violence scolaire et de la violence contre les enfants, en adoptant une « approche sexospécifique » de la violence et des relations et dynamiques interpersonnelles au sein de l’environnement scolaire », a-t-elle dit.

Natko Gereš de Promundo-États-Unis a indiqué que le secteur de l’éducation avait un rôle essentiel à jouer pour offrir à tous les élèves une éducation transformatrice qui tienne compte du genre et des normes sociales ainsi que de la dynamique du pouvoir. Il a observé que la violence était un trait caractéristique dans les vies de nombreux hommes et garçons dans les pays à revenu faible et moyen, qui façonne leur conception de la masculinité et leurs relations avec les femmes.

« Nous devons apprendre à créer des environnements d’apprentissage sûrs et à l’abri de la violence, où les garçons et les filles ont les mêmes opportunités », a dit Geres.

Les Objectifs de développement durable servent de cadre

Le Dr Manuel Contreras Urbina, du Global Women’s Institute, observe que : « Les ODD servent de cadre international au sein duquel les pays seront obligés de fournir des données afin d’établir un rapport sur les cibles et les indicateurs relatifs à la violence fondée sur le genre ».  

En plus d’explorer les nouvelles données sur les politiques et les programmes mis en œuvre pour lutter contre la VBGMS dans les pays à revenu faible et moyen, la séance a également mis en lumière les ressources à venir, notamment le cadre et l’instrument de l’ONUSIDA pour l’analyse conceptuelle de la VBGMS, et les Directives mondiales pour la prévention de la VBGMS qui seront bientôt publiées par l’UNESCO et ONU-Femmes.

La table ronde de la conférence annuelle de CIES est une initiative du Groupe de travail mondial sur la violence liée au genre en milieu scolaire, coprésidé par l’UNESCO et l’Initiative des Nations Unies pour l'éducation des filles (UNGEI).

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