Réunion inaugurale du Conseil consultatif scientifique du Secrétaire général

Résultats de la réunion inaugurale

Les 30 et 31 janvier 2014, le Conseil consultatif scientifique (SAB) du Secrétaire général de l’ONU a tenu sa réunion inaugurale à Berlin, à l’invitation du Gouvernement allemand.

M. Frank-Walter Steinmeier, Ministre allemand des affaires étrangères, Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU et Mme Irina Bokova, Directrice générale de l'UNESCO ont pris la parole lors de la cérémonie publique d’ouverture qui s’est tenue au Ministère fédéral des affaires étrangères. Plus de 500 personnes, éminents responsables politiques allemands et internationaux, scientifiques et représentants des médias, y compris des ambassadeurs, plus de 200 recteurs d’universités et directeurs d’instituts de recherche non universitaires, ainsi que des présidents et secrétaires généraux d’établissements scientifiques nationaux allemands ont assisté à la cérémonie. Le modérateur en était le célèbre journaliste scientifique de la télévision allemande Ranga Yogeshwar. Les interludes musicaux ont été joués par l’Orchestre mondial pour la paix.

Dans son allocution de bienvenue, le Ministre fédéral des affaires étrangères, M. Steinmeier, a souligné le vigoureux engagement de son gouvernement envers les Nations Unies et insisté sur la nécessité d’une coopération multilatérale plus efficace, rappelant à l’auditoire que « les Nations Unies avaient précisément été créées pour apporter des solutions à des questions pour lesquelles les nations s’étaient heurtées à leurs propres limites, où tout le reste avait échoué – ce qui est particulièrement pertinent pour le développement durable ».

Dans ses remarques liminaires, le Secrétaire général de l’ONU a souligné que « nous avons besoin d’un engagement clair pour placer le monde sur une voie durable […]. Nous devons mettre nos ressources et notre sagesse en commun : nous avons besoin de politiques plus intégrées pour relever les défis interdépendants que nous affrontons ». Le Secrétaire général a indiqué les trois grands faits marquants à court terme pour le SAB : le Sommet des Nations Unies sur le climat en septembre 2014, la « dernière ligne droite » pour atteindre les OMD d’ici à 2015 et l’agenda du développement post-2015.

La Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova, a appelé la communauté scientifique à fournir des réponses et scénarios concrets sur la manière de tirer parti de la diversité des connaissances pour promouvoir une action efficace : « le Conseil consultatif scientifique est avant tout une question d’action », a-t-elle déclaré.

Six jeunes scientifiques, égyptien, sri-lankais, indonésien, slovène, canadien et brésilien, ont présenté une déclaration élaborée conjointement qui a été bien accueillie par l’auditoire et les membres du SAB. Ils ont encouragé « le SAB à étudier tout particulièrement des mécanismes à l’appui de la science publique réflexive et inclusive… La science publique et la démocratisation du savoir reposent sur la conviction que le développement humain doit avoir la priorité sur une orientation vers le profit ». Ils ont également encouragé le SAB à « favoriser la sensibilisation, la transparence de ses activités ainsi que la participation à ces dernières » et à « tirer parti du développement des réseaux de jeunes scientifiques, y compris de jeunes académies ».

La cérémonie d’ouverture a donné à 24 des 26 membres du SAB présents à Berlin l’occasion de présenter leur vision du Conseil consultatif et de donner leur avis sur la nécessité de renforcer l’interface science-politique et de mieux intégrer toutes les sciences, condition préalable à la durabilité.

Le XXIe siècle a besoin de tout l’éventail des connaissances et les savoirs autochtones ont un rôle capital à y jouer a déclaré le professeur Joji Carino (Philippines). Soulignant l’importance des sciences sociales, Sir Hilary Beckles (Barbade) a affirmé : l’Histoire est comme la forêt pluviale, si nous sommes suffisamment attentifs, nous trouverons des solutions à de nombreux problèmes et questions auxquels nous avons déjà été confrontés.

Ada Yonath (Israël), lauréate du Prix Nobel, a souligné la dimension internationale de la science comme puissant moyen de rassembler individus et idées : la science est plus qu’un instrument, c’est aussi le moyen d’acquérir une nouvelle sagesse, d’accéder à de nouvelles idées et de concevoir de nouvelles politiques, au niveau mondial, car la science est internationale.

Pour être efficace, il ne suffit pas d’obtenir de bons résultats scientifiques, il faut aussi les faire connaître efficacement, a déclaré M. Rajendra Kumar Pachauri, Président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Les membres du SAB ont défini les éléments de leur futur programme lors de quatre séances privées de travail présidées par la Directrice générale de l'UNESCO. Le Conseil est convenu que, durant la phase initiale de six mois, son travail s’articulerait autour des quatre axes ci-après : (1) la science et les approches multidisciplinaires nécessaires au développement durable ; (2) les liens entre science et société et la mobilisation de toutes les parties prenantes au service du développement durable ; (3) les approches, modalités et processus nouveaux visant à intégrer les progrès de la science aux décisions des politiques ; (4) la pertinence de la science pour les objectifs de développement durable.

Des sujets transversaux comme le renforcement des capacités et le développement du capital humain, les lacunes existantes dans les domaines de la science et de la recherche seront également traités. De plus, le Conseil a reconnu la nécessité d’exprimer clairement un « méta-narratif » fondé sur la science afin de : (i)  mieux faire connaître les causes profondes des crises mondiales ; (ii) mettre l’accent sur les inégalités croissantes et l’exclusion sociale ; (iii) souligner l’importance de possibilités d’emploi pour tous ; (iv) mettre en évidence la nécessité de prendre des décisions compte tenu de l’incertitude.

Une note de synthèse sur chaque axe de travail sera élaborée afin d’être présentée au Secrétaire général de l’ONU avant le Sommet des Nations Unies sur le climat qui doit se tenir en septembre 2014.

M. Michel Jarraud, Secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), ainsi que le Vice-Directeur général et le Chef de la Section des organisations intergouvernementales et des partenariats de l’Organisation de la propriété intellectuelle (OMPI) ont également assisté à la réunion.

Le Conseil consultatif scientifique fait partie de la stratégie globale des Nations Unies pour mobiliser les sciences en vue de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement et assurer l’intégration des perspectives scientifiques dans l’agenda mondial pour le développement durable post-2015.